C’était mieux avant… Hommage au télégramme

PETIT BLEU MORT STOP CONDOLÉANCES STOP

Ce n’est pas ce qu’il générait en consommation de papier mais plutôt le symbole que nous regretterons… Saluons en tout cas une belle résistance face à internet et aux réseaux (dits…) sociaux : après la mort du Minitel en 2012 le service des télégrammes a cessé de fonctionner le 30 avril dernier. Lancé en 1879 en France c’est en 1844 que le célèbre Samuel Morse envoie le premier télégramme. Nous avons choisi deux citations de circonstance pour rendre hommage au télégramme :

  • Une affiche doit être un télégramme adressé à l’esprit. Un conseil du célèbre affichiste nancéien Paul Colin qui garde tout son sens aujourd’hui face à la profusion des messages publicitaires…
  • Le téléphone sera utilisé pour informer les gens qu’un télégramme a été envoyé. Nul mieux que son inventeur, Graham Bell, ne pouvait prédire la fulgurante ascension du téléphone (avec ou sans fil…).

Ci-dessous le premier télégramme transmanche « sans fil » entre Marconi et Branly, le 29 mars 1899 :

Enfin voici le dernier télégramme envoyé le 30 avril à 23h59 :

STOP!

Mai 68 : Sous les pavés… la sérigraphie

Une exposition à l’école des Beaux Arts de Paris fait renaître l’iconographie de mai 68. 50 ans après promenons-nous dans l’Atelier populaire qui a vu naître plus de 600 affiches en quelques semaines.

Le 8 mai à l’initiative des élèves architectes, un comité de grève se constitue à l’école des Beaux Arts. Certains artistes du salon de la jeune peinture rejoignent les étudiants. Et le 14 mai 1968, ils impriment une première affiches en lithographie. Gérard Fromanger, averti de la présence d’une presse litho à l’étage, tire 30 exemplaires de l’affiche UUU (Usine. Université. Union.)

Fromanger souhaite vendre les affiches au profit des étudiants. Mais les manifestants en décident autrement et se saisissent des affiches pour les placarder sur les murs. Il ne s’agit plus de tirage d’art, le nouvel objectif est de communiquer. Qu’à cela ne tienne, Rougemont revient des New-York et connaît la sérigraphie. Il croise Eric Seydoux, jeune sérigraphe de « Paris Art ». Et le soir même est tiré cet emblématique poing levé.

Les à-plats de couleurs de la sérigraphie font vibrer la créativité des artistes et des étudiants. « La technique a imposé son moyen d’expression » dit Eric Seydoux. « On est 200 devant lui et on trouve ça magique, miraculeux. » raconte Gérard Fromanger. L’effet est immédiat, l’efficacité est redoutable. L’atelier Populaire devient une vraie ruche. Le soir même, 4 ateliers de sérigraphie sont montés.

Un cadre, une racle, de l’encre, des fins de bobine de papier journal pour le support et des cordes à linge pour le séchage. « la simplicité et la rapidité de fonctionnement ont un rôle important. Ceux et celles qui sont là peuvent tous s’y mettre » précise Eric Seydoux. Bientôt des délégations venues des usines, des universités, des lycées viennent présenter leur lutte et réclamer des affiches. Et l’Atelier Populaire prodigue information et conseils pour l’ouverture d’autres ateliers. Après une activité intense, l’Atelier ferme ses portes le 27 juin à 5 heures. Mais prévenu par un policier, amateur d’art, des dispositions ont pu être prises et une dernière affiche sera réalisée au siège du PSU: La police s’affiche aux Beaux-Arts, les Beaux-Arts affichent dans la rue.

Les Beaux-Arts affichent… L’exposition Images en lutte a lieu jusqu’au 20 mai 2018 aux Beaux-Arts de Paris.

C’était mieux avant… La grève

À celles et ceux qui ont raté les premiers épisodes, nous rappelons que l’UNIIC est née en 1875… Ce qui nous permet en feuilletant nos archives de publier à votre intention de savoureux extraits de l’épopée de l’imprimerie depuis plus de 140 ans.

Dans celui-ci vous découvrirez comment la grève (appelée ici « la morte ») a permis de commencer à établir la parité au sein des ateliers de composition et de façonnage et aussi les éloges faits à la dextérité et au professionnalisme féminins. Décidément les imprimeurs ont toujours été de grands humanistes…

 

 

 

C’était mieux avant…

« L’imprimerie est l’artillerie de la pensée » : gageons que cette citation de Rivarol était dans les esprits de nos poilus-imprimeurs dont nous avons, 100 ans après, retrouvé la correspondance avec la rédaction de l’USMIF, publiée dans le bulletin de février 1918.
Nous avions dans une précédente édition évoqué la solidarité des imprimeurs envers nos valeureux soldats engagés dans la Grande Guerre.
Découvrez sur ces trois pages ces échanges épistolaires qui nous interrogent : aujourd’hui les poilus auraient-ils la possibilité d’utiliser les réseaux sociaux ? Se plaindraient-ils du mauvais acheminement du courrier et des colis ? Ceux-ci seraient-ils acheminés par drone ?
Et posons-nous légitimement la question : était-ce mieux avant ?

C’était mieux avant…

A cette époque l’USMIF (l’UNIIC) organisait déjà des voyages professionnels et apparemment les imprimeurs avaient un peu de temps à y consacrer : certes les moyens de transport étaient moins rapides mais qui prendrait aujourd’hui 7 jours pour visiter les constructeurs allemands… ?

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C’était mieux avant…

Il y a tout juste 100 ans, en janvier 1918, c’était pour une fois moins bien car la guerre n’était pas encore terminée, mais l’Union Syndicale des Maîtres Imprimeurs de France, ancêtre de l’UNIIC, était déjà à la manœuvre et avait fondé l’Œuvre de Guerre des Industries du Livre pour venir en aide à nos valeureux soldats prisonniers de l’ennemi.

Ci-dessous le fac-similé de la une du Bulletin de l’USMIF de janvier 1918 suivi d’un compte-rendu de l’action de l’Œuvre. Prenez quelques instants pour les lire…

C’était mieux avant…

L’histoire ne dit pas si les droits de licence des polices étaient respectés mais on peut en douter…

À l’époque c’était une machine destinée aux typographes professionnels…

Aujourd’hui on pourrait la trouver au pied du sapin de Noël à destination de nos chères petites têtes blondes…

C’était mieux avant…

En ce temps-là, dans les années 1949/1950, Caractère est imprimé en 2 couleurs et parait au format 12,5 x 17,5 cm : plus pratique, plus économique certes, mais après avoir appelé dans ses colonnes les lecteurs à donner leur avis, son format variera plusieurs fois.

Et c’est aussi pour cela que sera décidée la parution de la magnifique collection des Albums de Noël qui viendra remplacer la collection L’illustration du Livre Français publiée par « la Fédération ».

En ce temps-là il s’agit à la fois d’une revue technique telle que nous la connaissons aujourd’hui, mais aussi de l’organe de presse porte-parole de la profession, publié comme indiqué sur la une ci-dessous, « sous les auspices  de La Fédération Française des Syndicats Patronaux de l’Imprimerie et des Industries Graphiques ». C’était juste après l’USMIF mais bien avant l’UNIIC… Nos destins sont donc étroitement liés et depuis bien longtemps.

En ce temps-là, publicités, articles techniques et petites annonces côtoyaient textes de lois, jugements prud’homaux ou coups de gueule syndicaux…

En ce temps-là patrons et ouvriers roulaient en Mercedes…

 

C’était mieux avant…

Comme elles étaient fraîches et pleines de candeur ces petites annonces du début des années 1900… Qu’il s’agisse d’offres ou de recherches d’emplois ou encore de ventes de fonds de commerce, le Bulletin Officiel de l’Union Syndicale des Maîtres Imprimeurs de France en regorgeait mais proposait aussi de mettre en relation gracieusement les salaries et les employeurs. A l’époque déjà l’USMIF, ancêtre de l’UNIIC, avait le sens du service…

 

C’était mieux avant…

En ce lendemain de Toussaint, jour des Morts, nous vous invitons à lire la nécrologie d’Hippolyte Marinoni parue dans le Bulletin Officiel de l’Union Syndicale des Maitres Imprimeurs de France de janvier 1904.

Après avoir fusionné avec Voirin, puis reprise par Harris et enfin Goss, la marque Marinoni n’a pas eu le bonheur de perdurer jusqu’à nos jours comme Agfa ou KBA, qui viennent de fêter respectivement leur 150ème et 200ème anniversaire ; mais beaucoup d’imprimeurs auront une pensée émue pour ce grand homme en se remémorant leurs débuts sur ses célèbres machines.

Son autobiographie est un hymne à la réussite, à l’opiniâtreté, à la modestie et au travail comme on n’en fait plus !

Lire la nécrologie d’Hypolite Marinoni