La lenteur, meilleur remède contre les fake news ?

Ironie du sort, alors que La Croix diffusait les résultats d’une consultation citoyenne appelant les médias à “plus de lenteur et d’analyse”, y succédait un dérapage médiatique quasi-généralisé qui fera (tristement) date : l’annonce en grande pompe de l’arrestation de Xavier Dupont de Ligonnès, finalement démentie moins de 24 heures plus tard..

Un camouflet dont on pourrait attribuer la faute au seul journal “Le Parisien”, lequel s’est d’ailleurs fendu d’explications plus ou moins convaincantes, mais qui – par effet de mimétisme – n’a pas manqué de se propager à la sphère médiatique dans son entier, n’épargnant guère qu’une poignée de titres plus précautionneux, moins portés sur ce type de sujets et/ou protégés par des rythmes de publication effectivement “plus lents”.

Oups…

Car c’est là l’embarrassant enseignement d’un naufrage qui n’a pas touché que des médias dits “numériques” : il a également donné à s’imprimer sur papier. Il faudra certainement y voir les effets néfastes d’une folle course en avant consistant à se caler sur la vitesse des écrans, ce qui ne fera que mettre plus en relief encore les attentes des lecteurs, relayées par La Croix : “Plus d’expertise et de pédagogie”, “Une lutte plus efficace contre les fake news” et surtout “Privilégier un traitement moins rapide et plus approfondi de l’information”… Si l’on pourra objecter qu’il existe parfois (souvent ?) un décalage entre ce qui relève des souhaits exprimés et la réalité de comportements, il va d’évidence falloir prendre du recul. Ce recul dont l’imprimé reste encore le relais privilégié, à condition de ne pas bafouer un avantage comparatif qui a toujours fait partie de son ADN. Et comme chacun sait, c’est souvent en comparant nos ADN qu’on démêle le vrai du faux…

Relire à l’occasion notre article sur le traitement médiatique des attentats qui ont frappé Charlie Hebdo.