Print’Story – Episode 5

Ça commençait à faire beaucoup et comme il avait conduit à l’aller, il s’arrêta pour passer le volant à Michel. Pendant tout le reste du trajet, il consulta ses mails sur son IPhone et répondit aux messages qui s’étaient accumulés. Ils arrivèrent à l’imprimerie un peu après 20h00, Michel rentra chez lui alors que Antoine se dirigea vers son bureau, pour lui la journée n’était pas terminée !

Sur son bureau l’attendait comme d’habitude une pile de courrier parmi laquelle un recommandé provenant d’un de ses clients. Il n’aimait pas ça car c’était un client historique avec lequel il n’y avait jamais eu l’ombre d’un problème. Antoine ouvrit l’enveloppe (les secrétaires n’ouvraient pas les plis recommandés, c’était la consigne) et à la lecture de la lettre regretta de ne pas être rentré chez lui directement… Tout en lui annonçant qu’il venait de céder son entreprise  à un groupe important, il lui précisait que le groupe se passerait dorénavant des services de l’imprimerie Boulanger ayant déjà plusieurs fournisseurs attitrés par ailleurs. Il lui précisait aussi qu’il le regrettait ayant commencé à travailler avec son père il y a plus de trente ans… Antoine alluma son ordinateur et vérifia le compte client, bien qu’il le connaisse parfaitement : il s’agissait d’une belle entreprise en menuiserie industrielle, de presque deux cents salariés et qui éditait de nombreux catalogues, y compris pour l’export, sans compter les imprimés divers et le matériel des salons. Le patron actuel était âgé et Antoine avait toujours été surpris qu’il n’ait pas fait comme son père à lui… Mais il avait dû toucher le jackpot car l’acheteur était un des plus gros « faiseurs » français… Les chiffres apparaissaient maintenant : 27 ans de collaboration, un CA qui n’avait cessé de progresser et qui avait représenté l’année dernière 458 500 €, presque 10% de celui de l’imprimerie. Et bien vendu avec des marges confortables, ce qui était aujourd’hui rarissime…

C’était la plus mauvaise nouvelle depuis longtemps… Certes il allait falloir songer à le remplacer rapidement mais il n’était pas concevable qu’un client de cette importance, en pleine santé, le quitte sous prétexte de cession. Il allait évidemment contacter l’acheteur du nouveau groupe propriétaire et essayer de trouver un deal. Mais aussi contacter l’UNIIC pour savoir si tout ça était bien légal et anticiper au cas où les négociations n’aboutiraient pas.

 

Mais au fait :

Quels délais doit respecter un client avant de rompre une relation commerciale ?

Quelles indemnités vous doit-il et comment sont-elles calculées ?

Quels sont les recours et par quelles voies ?

Peut-on vous reprocher d’avoir accepté trop de CA d’un même client ?

 

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Réponses élaborées par Pascal BOVERO, Délégué général de l’UNIIC – pascal.bovero@uniic.org