Municipales 2020 : Réponses techniques à vos questions et mise en œuvre opérationnelle de la dérogation

Rappel du contexte : Nous avons informé l’ensemble de la profession des avancées en matière de grammage papier accepté pour les élections municipales des 15 et 22 mars prochains. La dérogation permettant d’accepter des grammages allant jusqu’à 80 grammes était attendue par tous les imprimeurs confrontés à une pénurie sur le 70 grammes.

Cette décision est le fruit d’un dialogue constructif entre l’UNIIC et le Ministère de l’intérieur dont nous tenons à saluer le la prise en compte des réalités du terrain. Plusieurs scenarii avaient été envisagés avant cette annonce, notamment un grammage moindre que celui fixé dans le décret (70 grammes), notamment pour ne pas obérer les coûts d’acheminement remboursés.

Tant les problèmes liés à la machinabilité, liés aux  grammages plus faibles que les éventuelles questions d’imprimabilité recto/verso, ont permis d’éclairer les pouvoirs publics sur les contraintes qui pesaient sur les imprimeurs.

Mise en œuvre opérationnelle

En conséquence, comme c’était le cas pour les bulletins de vote depuis le 27 décembre dernier, la tolérance admise permet d’accepter un grammage maximum de 80 grammes.

Traduction juridique

Un décret modificatif vient d’être transmis en urgence au Conseil d’Etat.

Un arrêté modificatif de l’article 3 de l’arrêté du 20 janvier 2020 fixant les tarifs maximas de remboursement vient d’être rédigé par les services du Ministère, les tarifs restant cependant identiques.

En tant qu’interlocuteur privilégié de l’Etat, nous souhaitons également vous informer des points suivants :

  • Nous avons enregistré depuis le lundi 2 mars, au-delà des félicitations pour le travail réalisé, 97 demandes de précisions provenant d’imprimeurs, de mandataires de candidats, de candidats eux-mêmes, de papetiers etc.
  • Ces demandes nous ont conduits, avec le ministère de l’intérieur, à intervenir dans plusieurs cas de non-validation des circulaires, alors que la note du bureau des élections étaient parvenue aux préfectures.
  • Le bureau des élections, par le biais de l’UNIIC, est à la disposition de celles et ceux qui se trouveraient confrontés à des problèmes d’interprétation conduisant à une non-validation éventuelle par les commissions de propagande.

Edition, impression, diffusion : topographie de l’IGN

L’institut national de l’information géographique et forestière basé aux portes de Paris, à Saint Mandé, nous a ouvert son atelier. Cette visite a eu lieu dans le cadre d’une formation pratique Imprim’vert, label dont l’IGN est titulaire. Cet établissement public est placé sous la double tutelle du Ministère de la transition écologique et solidaire et du Ministère de l’agriculture et de l’alimentation. Il a ” pour vocation de décrire la surface du territoire national et l’occupation de son sol, d’élaborer et de mettre à jour l’inventaire permanent des ressources forestières nationales “. Et cette mission se traduit par beaucoup, beaucoup de cartes… à destination des particuliers, des professionnels privés et des institutions ou collectivités publiques.

Les coulisses de l’atelier

L’atelier qui nous ouvre ses portes nous donne à voir un équipement “haut de gamme ” : des traceurs pour l’épreuvage et occasionnellement les campagnes de communication, un CTP chimie douce tout neuf, une ligne pour la plastification et une presse KBA 5 couleurs grand format toute neuve elle aussi et équipée d’un système de mesure et de régulation en ligne des encrages.

La gestion des couleurs est une donnée essentielle pour la précision des cartes topographiques et des cartes routières vendues sous la marque IGN (90% de la production). Si le PSO garantit la reproduction parfaite du vert de la forêt, nous indique notre guide, Amélie Crépin, ingénieur chaîne graphique à l’IGN, la couleur est déterminée lors de la conception du produit mais n’est pas chartée officiellement. Là où l’on pourrait penser que les codes visuels sont normés comme c’est le cas pour les drapeaux ou encore pour une marque, il n’en est rien. Rien n’empêche donc ” officiellement ” de représenter la forêt en bleu et l’océan en vert si ce n’est l’esprit du concepteur qui a le bon goût de ne pas vouloir “nous perdre”. Et même dans le cas d’une stricte reproduction des couleurs, certaines applications spécifiques peuvent faire resurgir des problématiques qui prêtent à conséquence, comme lorsque les couleurs des cartes aéronautiques s’affadissent sous la lumière UV des postes de pilotage. Pourquoi ? L’impression n’était pas en cause ; la réponse se trouvait dans le changement de papier.  Sur une carte, toute (ou presque toute) l’information est couleur et c’est pour garantir la précision de cette information que l’atelier d’impression a opté pour une cinq couleurs.

La cinquième couleur est un Pantone orange qui figure les dénivelés : une information qui doit être d’une précision redoutable, laquelle n’aurait pas pu être obtenue en quadri. Une fois imprimée, la production est envoyée à Villefranche-sur-Cher pour la finition ou plutôt les finiitons : la découpe, le pliage, le thermoformage et le brochage (l’IGN édite un magazine) qui est lui sous-traité . Si le papier est de loin le support star à l’IGN, l’atelier imprime également des feuilles en plastique qui sont thermoformées pour donner vie à des cartes en relief.

La marque IGN

L’atelier d’impression de l’IGN et l’atelier de finition emploient une trentaine de salariés. Or l’institut compte 1400 salariés. Ils travaillent à la collecte et l’archivage des données, au développement de nouveaux outils de diffusion numérique, à la conception et l’édition des cartes, etc.

1400 salariés car l’IGN maîtrise l’ensemble de la chaîne : l’édition, la production et la diffusion de ses contenus, des contenus assimilés au livre puisque chaque édition de cartes comporte un numéro ISBN.

L’IGN existe depuis 1940, il a succédé au Service Géographique de l’Armée. Sous la tutelle de différents ministères depuis, il a connu un vrai bouleversement ces dernières années. La publicité des données (open data) instituée en 2011 a été une petite révolution à l’IGN, qui a ouvert son information ou plutôt certaines de ses informations à la gratuité. Un autre modèle économique est à trouver. Et d’ailleurs, Amélie Crépin nous le confirme, le volume d’impression est en baisse. La hausse de productivité n’explique pas seule pourquoi les deux presses utilisées précédemment ont été remplacées par une seule et unique presse. Est-ce une conséquence directe de l’open data qui n’est envisagée que par le prisme de la dématérialisation ? Pour partager il faut numériser. Au-delà de la dématérialisation des archives avec l’ouverture des données, c’est l’édition de ces données qui est de plus en plus dématérialisée, un phénomène bien connu des imprimeurs et qui est loin – très loin – d’épargner les institutions publiques qui, face à des exigences de rentabilité qui se rapprochent de plus en plus du privé, doivent trouver de nouveaux modèles économiques en développant l’édition papier et numérique, faisant ainsi de leurs ressources des produits commercialisables.

Les Stars de l’Imprimerie

Pour cette année 2019, la rédaction du magazine Caractère a récompensé les Stars de l’Imprimerie. Des entreprises et des hommes qui se sont distingués par leurs résultats, leurs investissements, leur volontarisme et leurs valeurs.

Les lauréats des Stars de l'Imprimerie 2019

Les lauréats des Stars de l’Imprimerie 2019. Photo : Caractère

Commençons par le coup de cœur attribué à Vincent Levieux, PDG d’Handiprint. Il a créé en 2010 « une société conjuguant enjeux sociaux et économiques » en embauchant 6 salariés handicapés en CDI au départ. Handiprint compte maintenant 140 salariés dont 120 sont en situation de handicap. Mais plus que ça, l’objectif étant de réaliser leurs projets de vie, plusieurs d’entre eux ont depuis quitté la structure dédiée et adaptée Handiprint pour rejoindre l’Imprimerie Artistique Lecaux qui fait partie du même groupe. Voici donc récompensées des valeurs déployées sur 9 ans avec détermination.

Et de la détermination il en faut également au deuxième lauréat Hubert Pédurand. De la détermination et une bonne dose d’audace. À la tête de la SCOP Laballery depuis 2015, il a poussé l’entreprise à investir pour innover et accompagner les éditeurs dans leur chasse aux invendus. Une stratégie qui paye et donne un nouvel élan à la SCOP consolidée après l’acquisition de Floch et de la Source d’Or. Mais la plus grande audace d’Hubert Pédurand récompensée par les Stars de l’Imprimerie est certainement la conception de Gutenberg One : le livre à la demande breveté et imprimé en France. À découvrir sur l’espace la Frenchprint de la Drupa 2020 (stand 6B02) et en attendant en lisant notre article “Laballery, un pas décisif vers le futur du livre ?”

Une hyperactivité qui rappelle celle de Laurent Caviale, récompensé pour sa vision : « il faut toujours être en mouvement ». Déjà Link, spécialiste de la communication haut de gamme l’est assurément. Du studio de création qui propose de la réalité augmentée au service de façonnage intégré, Déjà Link maîtrise mais aussi mutualise ses investissements matériels avec Nortier Emballages au sein du même groupe Firopa. Une stratégie qui permet à l’entreprise de Stains d’afficher de très bons résultats.

De très bons résultats affichés également par Sébastien Lemaire qui a su avec ses deux associés Patrick Eveno et Gabriel Chéreau développer une activité en croissance dans une entreprise qui appartient à un secteur mis à mal : l’éditique. Faire évoluer l’activité le chèque imprimé en lui adjoignant des services de plus en plus personnalisés n’a pas été une mince affaire. Mais les trois associés y sont arrivés en douceur, en revenant aux sources de l’éditique et en décryptant les besoins de leurs clients. Nous avions également consacré une rubrique Imprimeur à l’honneur à Sébastien Lemaire et Cogeprint, un article à redécouvrir : “Cogeprint : imprimeur dans l’âme.”

La soirée a aussi honoré Philippe Desvéronnières de Covepa-Michels pour sa stratégie industrielle. Il a créé en quelques années le symbole de l’industrie 4.0. Une entreprise rationnelle spécialisée dans l’emballage agroalimentaire imprimé. Cet ingénieur des Arts et Métiers passé par l’automobile répète à qui veut l’entendre que ses actions n’obéissent qu’à une règle : le taux de rendement synthétique. Il s’est lancé en début d’année la mission de relancer le Groupe CEC, 89 emplois sur Valence et Le Mans et s’est fixé un objectif pour 2025 : atteindre un CA cumulé de 60 millions d’euros.

Vous l’aurez peut-être remarqué mais 4 des 5 lauréats sont des adhérents UNIIC et nous sommes très fiers d’avoir une nouvelle raison de mettre en avant ces capitaines d’industrie passionnés par leur métier. Toutes nos félicitations !