Les Industries Graphiques à l’honneur au concours “Je filme ma formation” 2026

Pour la première fois depuis la création de ce concours, qui fêtait cette année ses dix ans, les Industries Graphiques remportent un Trophée qui met en valeur l’avenir de nos métiers et leur donne une visibilité auprès du grand public et particulièrement des Jeunes.

Grâce à la classe de première Bac Pro du Lycée Léonard de Vinci à Mayenne, emmenée par Sandra Carré leur enseignante qui a mené ce projet avec eux, et grâce à la coopération avec Sonny Varin, un ancien imprimeur passé sur les bancs du lycée Alfred Costes devenu vidéaste, un Trophée d’Argent est venu récompenser le film “Gutenberg 2.0, l’encre du temps” lors de la cérémonie du palmarès qui se déroulait mardi 31 mars au Grand Rex à Paris.

C’est à l’initiative de la CCFI, que Marion Meekel a encouragé des enseignants des Industries Graphiques à se lancer dans l’aventure. Un challenge difficile que Sandra Carré a décidé de relever.

Découvrez leur film

Une immense fierté pour ces élèves de première bac pro RPIP production graphique qui ont su s’engager, progresser et croire en leur projet jusqu’au bout.

“Gutenberg 2.0, l’encre du temps” a remporté le Trophée Argent, catégorie : « Créer la beauté qui fait avancer le monde », une nouvelle catégorie inaugurée cette année grâce au partenariat de L’Oreal avec le concours “Je filme ma formation”.

Parrainé par des noms prestigieux et soutenu par des partenaires économiques, ce concours gratuit bénéficie du haut patronage du ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, ainsi que du ministère du travail, de la santé, des solidarités et des familles.

La normalisation, on a tous à y gagner

C’est en France qu’auront lieu les prochaines réunions du comité technique ISO TC130 qui désigne un comité d’élaboration des normes pour les Industries Graphiques. Une soixantaine d’experts internationaux sera ainsi amenée à échanger du 20 au 24 avril prochains, avec un objectif clair : harmoniser les pratiques d’impression et de gestion de la couleur, tout en impulsant de possibles nouvelles orientations industrielles. Mais plus encore, l’ambition de l’organisation française – portée par l’UNIIC – est telle qu’il s’agira d’inclure au-delà de ce seul cercle d’experts pour ouvrir le débat et impliquer les imprimeurs. Une conférence dédiée se tiendra à cette fin le 22 avril prochain et pour de nombreuses raisons que nous nous apprêtons à développer ci-dessous, nous vous encourageons vivement à vous inscrire…

Contrairement à ce que d’aucuns pourraient considérer être un débat d’initiés, il faut voir les discussions qui précèdent l’élaboration des normes comme une façon de dessiner des objectifs collectifs et sectoriels, dans l’intérêt d’un maximum de parties prenantes.

Harmoniser des tirages de plus en plus fragmentés

Pour les donneurs d’ordre, l’intérêt sonne comme une évidence : il s’agit d’harmoniser le rendu des tirages chez tous les imprimeurs, quel que soit le procédé d’impression et partout dans le monde. Car à mesure que les usages de production migrent vers des volumes plus fragmentés (c’en est effectivement fini du temps où les marques pouvaient s’appuyer sur un site et un procédé d’impression unique), il s’agit d’assurer une harmonisation et une répétabilité colorimétrique satisfaisantes quel que soit le ou les procédés d’impression utilisés pour la production d’une publication, d’un emballage ou d’un produit industriel, qu’ils soient conventionnels (offset, flexo, hélio) ou numériques (jet d’encre, toner etc.). Quant aux entreprises, les bénéfices pour elles d’une normalisation sont nombreux : entrer dans le pool des imprimeurs à même d’assurer aux marques cette fidélité/répétabilité colorimétrique, gagner en efficacité productive par l’automatisation de process qualité et se prémunir juridiquement de tout litige en aval, le respect d’une norme faisant foi lorsqu’il est question d’évaluer la validité d’un travail d’impression, au regard de la demande exprimée.

« L’impression est un procédé industriel et non pas une démarche intuitive ou artistique. »

La standardisation, une question de taille ?

La question de la normalisation, on le sait, nécessite également de lever des craintes légitimes : risque-t-on une uniformisation des techniques et des rendus ? Peut-on tendre vers la surqualité et générer de facto des coûts superflus ? Va-t-on céder l’essentiel de nos savoir-faire à une automatisation tous azimuts dopée à l’IA ? Autant de questions que ladite conférence veut permettre de traiter, tout en démystifiant une démarche qui génère des peurs : parce qu’il est difficile de changer et de bousculer ses habitudes. A fortiori lorsqu’on est une entreprise de taille modeste et que l’on tend – consciemment ou non – à se disqualifier sur ce type d’approches. Des approches que l’on peut – à tort – penser réservées à des acteurs de taille industrielle importante et dotés des moyens de repenser/restructurer leur mode de fonctionnement, tant sur le plan technique qu’organisationnel. Au-delà de l’événement que représente en soi la réception du TC130 en France, la conférence du 22 avril s‘attachera donc à démystifier la structuration des normes et déconstruire les peurs qu’elles peuvent susciter, souvent par complexe d’infériorité – ou de supériorité – ou parce que l’on croit qu’elles n’auraient d’utilité qu’à condition d’atteindre une certaine taille critique et/ou de traiter avec une typologie de clients particulière. « L’intérêt principal est le gain de productivité par une mise en couleur plus rapide, la réduction de la gâche (papier, temps machine, retirage etc.) grâce à la maîtrise du process, et in fine, le nerf de la guerre : l’augmentation des points de marge et du bas du bilan en moyenne de 5% (étude UNIC-KEE Consultants-IDEAlliance 2012). Il n’y a pas de taille d’entreprise pour ça, mais plutôt un état d’esprit et une prise de conscience que l’impression est un procédé industriel et non pas une démarche intuitive ou artistique. En tous les cas de figure, et quelle que soit la taille de l’entreprise, la mise en place d’une telle démarche doit être faite petit à petit, il ne faut pas vouloir tout révolutionner du jour au lendemain mais poser une réflexion puis définir un plan d’action qui permet d’avoir des gains rapides (fast wins) à court terme, à moyen terme et à long terme » précisent de concert Christophe Villar (GAC, représentant la France au sein de l’ISO TC 130) et Elie Khoury (Président d’Alwan Color Expertise et de la commission CNTCG de l’AFNOR).

« Les produits qui n’entrent pas dans le champ de la chaîne de production normalisée que ce soit de par leur substrat, leurs encres ou même le rendu spécifique attendu par le client, seront mieux gérés dans une chaine normalisée et maitrisée par les différents acteurs de la chaine de production. »

Standardiser n’est pas uniformiser

Quant à craindre une uniformisation de tout, en conséquence de procédés normalisés déployés chez une majorité d’acteurs, là encore, Christophe Villar tient à déconstruire ce qui selon lui tient du raccourci erroné. « La plupart des commandes aujourd’hui entre dans les standards de la couleur, ces produits peuvent être fabriqués en passant par des processus normalisés et cela permet également de garantir un niveau de qualité. Les produits qui n’entrent pas dans le champ de la chaîne de production normalisée que ce soit de par leur substrat, leurs encres ou même le rendu spécifique attendu par le client, seront mieux gérés dans une chaine normalisée et maitrisée par les différents acteurs de la chaine de production. Ce sont des produits qui peuvent être à forte valeur ajoutée à condition qu’ils soient produits sans surcoût dus à de multiples tentatives pour atteindre le rendu attendu. Les entreprises ont intérêt aujourd’hui à avoir une véritable maîtrise de leurs processus de fabrication pour justement répondre à toutes ces demandes. Normaliser la production permettrait de gagner du temps et de laisser plus de place aux commandes exotiques » explique-t-il, démontrant ainsi que les démarches de normalisation ne tendent pas à traiter de manière indifférenciée n’importe quel travail d’impression, bien au contraire. Autant de points (entre autres) qu’il conviendra d’éclairer au moyen de négociations internationales tenues dans le plus parfait respect des positions des uns et des autres, l’événement portant la responsabilité de réajustements normatifs à même de profiter au collectif, au sens le plus noble qui soit. Dans un contexte parfois confus, évoquant de manière lasse une « inflation des normes » qui aurait pour résultat de complexifier la bonne marche des entreprises, il convient en effet de ne pas confondre les contraintes règlementaires, mues par un intérêt supérieur, avec des normes destinées pour leur part à standardiser des approches productives dans une optique d’optimisation des performances. Et c’est bien en gagnant en efficience productive et qualitative, via des démarches normatives, que l’on se prépare au mieux à répondre aux attendus réglementaires qui ne cessent de toute façon de s’imposer aux entreprises. De sorte qu’en la matière, les contraintes ne s’additionnent pas, elles tendent au contraire à converger pour le mieux. Rendez-vous le 22 avril à Paris pour davantage d’éclairages !

> Programme & inscription < 

Bruno Barbier est le nouveau Président de l’UNIIC

Le Bureau Exécutif de l’UNIIC se réunissait ce jeudi 19 mars 2026 pour élire à l’unanimité le successeur de Benoit Duquesne à la présidence de l’UNIIC, ce dernier étant à créditer de huit années d’un engagement sans faille. Un engagement qu’il poursuit en tant que membre actif du Bureau Exécutif.

C’est Bruno Barbier, Président du Groupe Jénôme, qui lui succède. Avec son accord, nous reproduisons ci-dessous l’intégralité de son discours d’investiture, prononcé dans la foulée de son élection.

« Je vous remercie pour la confiance que vous me témoignez en me confiant la Présidence de l’UNIIC.

Je tiens à saluer Benoit et Jacques [Benoit Duquesne et Jacques Chirat, NDLR] pour l’engagement qui a été le leur durant ces années, et pour les avancées significatives que l’UNIIC a connues durant leur mandat.

Vous succéder est un honneur pour moi, et une grande responsabilité.

Je pense également à toutes celles et tous ceux qui accompagnent chaque jour nos entreprises et qui contribuent à la dynamisation de la filière. Lors des derniers mois, j’ai été véritablement impressionné par l’effervescence qui se dégage des actions menées par les équipes de l’UNIIC au sens large. C’est remarquable.

Permettez moi ici de remercier plus particulièrement Pascal, Hubert, Alexandre et René [Pascal Bovéro, Hubert Pédurand, Alexandre Burgot-Dervin et René Anélot, NDLR] pour leur soutien et leur accompagnement.

C’est avec humilité, enthousiasme, gravité aussi, et porté par cet optimisme d’action qui m’est cher que j’accepte le mandat de Président.

Je sais que le programme de notre mandature est ambitieux, mais il est à la hauteur des enjeux qui sont les nôtres. Aujourd’hui, je veux poursuivre à vos côtés, les actions de l’UNIIC et je me mets au service de l’ensemble de notre filière.

Je m’inscris dans la dynamique du travail collectif engagé depuis plusieurs années pour déployer notre feuille de route au service de nos entreprises.

Je suis confiant qu’avec vous et les personnes engagées à nos côtés, nous disposons des meilleurs atouts pour créer un environnement favorable à la dynamique de nos adhérents.

Je veux aussi vous dire clairement que je ne suis pas là pour faire table rase de ce qui a été construit. Au contraire : dans un secteur en pleine mutation, nous avons besoin de repères, de continuité et de savoir ce qui ne change pas.

À ce titre, mon expérience de l’imprimerie depuis plus de vingt-cinq ans, et les six années où j’ai exercé à la présidence d’ImpriFrance, sont des repères que je mets aujourd’hui au service de l’UNIIC, de nos adhérents, et plus largement du monde des arts graphiques. Je mesure pleinement la responsabilité que cela représente.

Je ne suis pas élu pour être un homme-orchestre, je suis ici pour être chef d’orchestre (sans baguette). Je suis là pour créer les conditions pour que les talents, les expertises et les énergies de chacune et chacun trouvent leur juste place. Je n’ai pas d’ambition personnelle à assouvir dans cette fonction. Ma seule ambition est d’être utile : pour notre filière, pour nos entreprises et pour les femmes et les hommes qui les font vivre chaque jour.

Je suis ravi de commencer cette mission avec vous ! »

La normalisation – gage de qualité pour les donneurs d’ordre et de rentabilité pour les imprimeurs

Elections  – Grammage, formats, mentions obligatoires, calendrier, barèmes… Les actions de l’UNIIC en réponse à vos questions

La mission régalienne de l’UNIIC est de vous représenter, vous accompagner et vous défendre.

Au-delà de toutes les actions que nous portons et dont vous avez pu avoir connaissance, la gestion des imprimés électoraux et ses contraintes pour les élections municipales des 15 et 22 mars prochains est l’occasion de rappeler à toutes et tous que l’UNIIC est le relai privilégié auprès de l’Etat central et déconcentré (préfectures), de toutes vos préoccupations tarifaires et logistiques.

C’est dans un contexte aléatoire (pas de budget promulgué au moment où l’UNIIC a été consultée), que nous avons été reçus par la Direction du Bureau des Elections du Ministère de l’intérieur, dont je tiens à souligner la capacité d’écoute, même si nombre de questions essentielles demandent encore des précisions visant à sécuriser les rapports imprimeurs/candidats/préfectures.

Aussi, le 13 février dernier étions-nous porteurs d’un message financier, juridique et logistique.

L’UNIIC, qui avait travaillé en amont sur des questions pratiques, a souhaité partagé avec le Ministère de l’intérieur les questions suivantes :

La non publication au moment de la réunion de l’arrêté de remboursement des dépenses exposées par les candidats déstructure les rapports des imprimeurs conseils de proximité avec les candidats qui leur font confiance, car tant les préfectures livrées à elles-mêmes que les candidats souvent nouvellement entrés en politique, considèrent que les imprimeurs sont la seule source d’information certes sur les tarifs, mais aussi sur le calendrier, sur les mentions obligatoires, sur les  volumétries prises en charge etc.

– Cette nouvelle « mission » des imprimeurs qui deviennent de fait une fonction support de la démocratie locale est reconnue par l’Etat, mais place les parties prenantes en mode panique avec les risques que ces défaillances pourraient générer sur l’image des imprimeurs.

– L’autre question essentielle porte sur les dates de remise des éléments, alors qu’il est quasiment impossible pour les imprimeurs, notamment pour le second tour, d’assurer une production « sereine » dans des délais incompatible avec leur planning.

Il faut en effet pour ce type de « mission », assurer la gestion de la fabrication, le lancement de la production et la partie sensible qu’est le conditionnement du matériel de propagande. Tout travail dans l’urgence peut conduire, malgré le professionnalisme de nos membres, à des erreurs (de compréhension, de visuels, de mentions etc.) avec les conséquences qui y sont associées devant les Commissions de propagande.

– Nous avons obtenu que le Ministère entre en contact avec les préfectures afin d’éviter toute difficulté logistique et nous vous rappelons ce qui a été fait à notre demande par l’Etat (le rappel des règles, mais aussi la prise en compte de certaines contraintes) :

  • Que les préfectures restent libres de déterminer une date de remise de la propagande électorale conforme au code électoral, et ce en fonction des enjeux et des contraintes propres au département en termes d’impression bien sûr, de mise sous plis et de distribution.
  • Rappelons toutefois que pour le premier tour, les déclarations de candidatures sont déposables jusqu’au 26 févier 2026 à 18 heures, car les Commissions de propagande qui sont en charge de contrôler la conformité statuent à l’issue de la prise de candidature.
  • Dans le suivi de la chaine de traitement, le préfet peut inclure dans l’arrêté le ou les lieux de livraison.
  • Les sites Web se font parfois l’écho du lieu de livraison.

En tout état de cause, l’UNIIC a lancé avec le Ministère une initiative nationale pour faire remonter les éventuelles incohérences logistiques.

Le Ministère, que l’on peut remercier sur ce point, a pris l’engagement de diffuser des consignes aux préfectures. Au cours de mes multiples échanges, nous avons été amenés avec le Bureau des Elections à lever des incertitudes :

Le format des bulletins de vote : il est certes fixé par la partie réglementaire du code électoral, mais il était important de comprendre pour certaines communes que le format était à adapter en fonction du nombre de candidats au conseil municipal, mais aussi au conseil communautaire (l’imprimeur doit-il ou peut-il en effet intégrer les candidats municipaux et communautaires ?)

Nous avons réabordé les questions sur les mentions obligatoires ou à proscrire sous peine de nullité sur les bulletins de vote, les professions de foi, et les affiches.

Nous sommes disposés à lancer une foire aux questions/réponses si nécessaire, pour faciliter la vie des imprimeurs et des candidats (pas de logo Triman par exemple, pas de signature des bulletins de vote etc.)

Suivant les situations locales, nous sommes confrontés à des retards dans la composition des listes de candidats, ce qui oblige à une modification des professions de foi et donc du délai d’impression et des conséquences sur les livrables pour les Commissions de propagande.

Longue serait la liste des points clefs que votre organisation professionnelle a abordé et que le Ministère a traité ou traite.

Mais il nous faut aborder la question des tarifs de remboursement.

Comme vous en avez connaissance :

– La loi de finances a fait l’objet de recours devant le conseil constitutionnel.

– Cette loi amputée de quelques articles a été validée et est donc en voie d’être promulguée.

– Cette loi faisant l’objet d’une promulgation entraine la validation des engagements de dépenses dont le chapitre qui vous concerne.

L’arrêté de remboursement est en cours de signature et va pourvoir être publié puisqu’il est opposable dès sa publication.

– Nous sommes enfin dans la dernière ligne droite et l’UNIIC va le publier immédiatement, dès réception, y compris si l’arrêté était publié ce week-end.

– L’ensemble de ces échanges, même si nombre de questions restent à régler, sont à portées au crédit du rapport de confiance entre l’Etat et l’UNIIC, encore une fois en premier ligne pour faire entendre votre voix.

Rappelons enfin que si nécessité il y a de vous transmettre certaines réponses officielles sur des points juridiques et ou techniques, nous sommes à votre entière disposition.

A votre service,

Pascal Bovero – Délégué général de l’UNIIC

 

EDIT : Conformément à ce qui nous avait été annoncé, l’Arrêté fixant les tarifs maxima de remboursement des frais d’impression et d’affichage des documents électoraux a été publié au JORF ce samedi 21 février. Pour en prendre connaissance, cliquez ici.

INONDATIONS – L’UNIIC mobilisée pour vous accompagner

Plusieurs régions, qui sont autant de bassins graphiques, sont frappées depuis plusieurs semaines par des intempéries (pluies, vents, montée des eaux) menaçant des habitations mais aussi des sites industriels, des TPE de territoires notamment en Gironde, en Maine-et-Loire, en Grand Ouest etc.

Tout chef d’entreprise et donc tous les imprimeurs de proximité confrontés à ces sinistres, doivent savoir que, fidèle à sa mission, l’UNIIC est à leur cotés pour recenser leurs besoins immédiats, servir d’intermédiaires lorsque les assureurs tardent à prendre en compte la spécificité des dommages, contestent parfois l’évaluation de l’assiette de la perte d’exploitation etc.

Au-delà des dispositions spécifiques qui viennent d’être prises par l’Urssaf, qui a acté de la possibilité de reporter les échéances de cotisations, notre caisse professionnelle (Lourmel) est aussi a même d’apporter aide et assistance, en coordination avec l’UNIIC.

Au sein des régions particulièrement touchées, nos relais territoriaux ont vocation à nous faire remonter toute information utile pour recenser et qualifier les préjudices subis. Nous pouvons aussi, lorsque c’est nécessaire, vous accompagner sur les rapporta avec les Dreets sur la mise en œuvre de l’activité partielle.

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Rebond(s) – Retrouvez l’ensemble des interventions du Congrès de la Filière Graphique 2025

Après une pause de trois ans, le Congrès de la Filière Graphique reprenait du service le 18 novembre dernier avec la volonté, non pas de rattraper le temps perdu, mais d’analyser les conditions complexes d’un rebond sectoriel protéiforme.

Copyright : David Marmier.

C’était à l’Hôtel de Massa, dans le XIVème arrondissement de Paris, siège notamment de la Société des Gens de Lettres (SGDL) : le Congrès de la Filière Graphique 2025 porté par l’UNIIC, soutenu par la branche via Ambition Graphique et de fidèles partenaires (Lourmel, Konica Minolta, Recmi, Imprim’Vert, l’IDCG ou encore Grenoble INP-Pagora) a fait salle comble en réunissant plus de 110 participants. Il y a notamment été question d’Intelligence Artificielle avec Gregorio Ameyugo (Chef du département robotique et IA du CEA), d’impacts numériques & de métaux/terres rares avec Guillaume Pitron (Journaliste, auteur et chercheur associé à l’Institut des relations internationales et stratégiques – IRIS), de climat économique avec Denis Ferrand (Directeur général de Rexecode) et Paul-Antoine Lacour (Délégué général de la Copacel), de trajectoires climatiques & d’objectifs bas carbone (avec notamment Hughes-Marie Aulanier de l’Institut Carbone 4), d’innovation et de témoignages de terrain ou encore de compétences & conduite du changement en entreprise. Avec une ligne directrice transcendante : construire le rebond collectif. Car il ne s’agit pas simplement de promettre des lendemains économiques qui chantent. Encore faut-il comprendre les soubresauts d’une demande en constante recomposition, distinguer les innovations porteuses des mirages technophiles, se repositionner dans la chaîne des besoins & usages ou encore s’armer pour gagner – encore – en résilience… Rebondir nécessitera davantage que de salvatrices (mais parfois fuyantes) inspirations, il s’agit avant tout d’avoir les idées claires.

Nous vous proposons ci-dessous d’accéder à l’ensemble des interventions qui ont rythmé cette journée, sous forme de podcasts illustrés.

INTRODUCTION DE LA JOURNÉE : Pascal Bovero, Délégué général de l’UNIIC.

UN CONGRÈS DANS UN LIEU CHARGÉ D’HISTOIRE : Patrice Locmant, Directeur général de la Société des Gens De Lettres (SGDL).

NUMÉRIQUE, AUDIO ET PAPIER, LE LIVRE DANS TOUS SES ÉTATS : Christophe Hardy, Président de la SGDL.

REBONDIR ET S’ADAPTER DANS UN MONDE D’INCERTITUDES : Denis Ferrand, Directeur général de l’institut Rexecode.

L’ÉCONOMIE DE LA FILIÈRE DE L’IMPRIMÉ : état des lieux et perspectives d’évolution de la filière papier-carton avec Paul-Antoine Lacour, Délégué général de la Copacel.

TRAJECTOIRES CLIMATIQUES ET OBJECTIFS BAS CARBONE : quelles stratégies d’adaptation pour rebondir ? Hughes-Marie Aulanier (Principal Carbone 4), Matthieu Prevost (Responsable QHSE -UNIIC), Aude Montserrat (Développement et Prescription France – Lenzing Papier GmbH) et Mathilde
Dumonet (Chargée de mission RSE – Paragon Western Europe).

TECHNIQUE & ÉTHIQUE : Exploration du champ des possibles pour humaniser L’IA et en reprendre le contrôle, avec Gregorio Ameyugo (Chef du département IA et robotique du CEA).

PATRICK MARTIN, PRÉSIDENT DU MEDEF : “face aux défis de l’attractivité des métiers, faire
de la jeunesse une grande cause nationale”, déclaration préenregistrée pour le Congrès 2025 de la Filière Graphique.

LE PARI DE LA LOGIQUE COMPÉTENCE POUR GAGNER EN EFFICIENCE ET DURABILITÉ : témoignages d’entreprises accompagnées par l’IDICG. Avec Soasig Larvor (IOV Groupe Imprigraph), Philippe Vanheste (Groupe Prenant), Lucie Barrier (Atelier Saint-Luc) et Baptiste Dupont Grillet (Imprimerie Laville).

ADRESSE DE JACQUES ATTALI SUR LE THÈME : l’imprimé au cœur de l’histoire et de la résilience.

GUILLAUME PITRON (JOURNALISTE, AUTEUR ET DOCUMENTARISTE, CHERCHEUR ASSOCIÉ À L’IRIS, SPÉCIALISTE DES MATIÈRES PREMIÈRES CRITIQUES) : Quelles matérialités derrière la dématérialisation ? Histoire d’un quiproquo. Terres rares et IA générative, retour sur quelques vérités scientifiques.

PARCOURS INNOVATION JAPON : QUELS ENSEIGNEMENTS ET MISES EN PERSPECTIVES ?
Avec les témoignages du pilote projet Hubert Pédurand (Floch & Laballery), Vianney Duhoo (Les Façonnables Hauts-De-France), Alban Pingeot (Imprim’Luxe) et Alain Touminet (Printmodel & Hemeria).

UNIICARE : maintenance machines & collectif.

Une politique salariale 2026 sous le signe de l’intelligence collective

La communication imprimée a connu ces dernières années une série de mutations affectant tous les modèles économiques des entreprises, toutes les tailles d’entreprises et tous les marchés.

Le retournement conjoncturel et l’attrition des marchés qui en résultent, notamment dus à un basculement progressif des dépenses des annonceurs vers les canaux digitaux, témoignent de cette recomposition qui affecte les volumétries adressées au secteur.

Toutes les études constatent que nous migrons vers une économie de courtes séries, phénomène accéléré par l’arrivée des systèmes d’impression numérique.

En outre, il nous faut prendre en compte que la pyramide des âges dans le secteur de la communication graphique fait apparaitre un âge moyen pour les hommes de 44 ans et de 43 ans et 8 mois pour les femmes.

Enfin près de 78 % du tissu est composé d’entreprises comptant moins de 10 salariés, ces données de cadrage devant être prises en compte dans toute nos négociations sociales.

Pour l’année 2026, les négociations de branche ont commencé le 16 décembre 2025 et se sont poursuivies jusqu’au Mercredi 21 janvier.

L’UNIIC qui préside et anime la commission paritaire, au vu du contexte économique récessif que doivent affronter les marchés graphiques, a présenté une proposition finalisée visant à revaloriser les minimas de branche de 0,9 % applicable au 1er avril contre 1,3 % en 2025 avec un taux d’inflation qui était sensiblement plus haut

La proposition portée par l’UNIIC avait donné lieu préalablement à une consultation de nos instances et de grands acteurs pour lesquels on sait que les Négociations Annuelles Obligatoires (NAO) d’entreprises et d’établissements sont essentielles.

Tous les négociateurs paritaires ont accepté la proposition de l’UNIIC qui pouvait apparaitre comme éloignée des revendications exprimées par les organisations syndicales qui ne niaient pas la réalité économique, mais avaient à cœur de valoriser les compétences, à l’heure où la question de l’attractivité du secteur se pose.

Apres de nombreux échanges francs et documentés, chacun a fait part de sa volonté de signer cet accord pour deux raisons essentielles :

  • L’accord en cours de signature a intégré la nécessité de commencer une remise en cohérence du bas de la grille du 6B au VC ;

Ce correctif amorce une politique qui s’étendra sur plusieurs années pour éviter d’être sous la contrainte du smic et reconnaitre aussi que les espaces entre les groupes et échelons relevant des premiers niveaux doivent être repensés, sans que cela ne déséquilibre la grille.

Là aussi, pour tenir compte des entreprises ayant une part de main d’œuvre conséquente relevant de ces niveaux, le correctif appliqué est modeste mais cette politique amorce une tendance qui sera sans doute relayée dans les entreprises en respectant les politiques salariales de chacun ;

  • L’autre raison tient à l’attachement de tous les négociateurs patronaux et syndicaux à ne pas laisser l’année 2026 sans politique salariale de branche, qui ne vise que les minimas, mais offre un socle de référence aux entreprises.

Au vu de tous ces éléments, les deux collèges, sous l’impulsion de l’UNIIC, ont fait le pari d’une approche responsable destinée à défendre les emplois, les compétences et les entreprises.

Toutefois, chacun compte sur la valeur ajoutée qui sera celle des négociations d’entreprises, qui doivent avoir à cœur de valoriser les compétences, pour donner un signal fort portant sur notre attractivité collective.

Nous vous adresserons dans les jours à venir (la semaine du 26 février) le tableau des nouveaux minimas, sachant que cet accord sera déposé à l’extension, pour une application au 1er avril 2026.

Pascal Bovero, Délégué général de l’UNIIC

Noémie Regardin – “Il faut amener les jeunes dans les ateliers”

Cet article, publié ici en avant-première, sera au sommaire du magazine Acteurs de la Filière Graphique n°152.


C’est un petit crève-cœur, mais pour la première fois depuis de nombreuses éditions, Acteurs de la Filière Graphique n’a pas pu couvrir les Finales nationales des Worldskills 2025, qui se sont tenues à Marseille en octobre dernier. Qu’à cela ne tienne, quelques semaines après sa victoire dans la catégorie Imprimerie, nous nous sommes entretenus avec Noémie Regardin, 23 ans aujourd’hui, qui s’était déjà distinguée en 2023 avec une remarquable médaille d’argent. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle a de la suite dans les idées…

Noémie Regardin (représentante des Pays de la Loire), entourée de Killian Fehringer (à gauche, Auvergne-Rhône-Alpes), lauréat 2023, et Tom Krzciuk-Paillot (à droite, Nouvelle-Aquitaine).

Félicitations Noémie pour cette victoire. On a l’impression qu’après ta très belle médaille d’argent en 2023, tu n’étais pas rassasiée. Est-ce que tu as su tout de suite que ce n’était pas suffisant et que tu allais retenter ta chance en 2025 ?

Après les finales 2023, je n’étais plus censée pouvoir concourir à nouveau puisque je dépassais l’âge requis. Mais quelques mois après ma médaille d’argent, j’ai appris qu’ils avaient repoussé la limite d’âge en question et on s’est justement dit avec Killian [Killian Fehringer, lauréat des Finales nationales 2023, NDLR] que c’était l’occasion de refaire la compétition. Il est en tout cas certain que dès que j’ai su que je pouvais tenter à nouveau d’aller chercher l’or, je ne me suis même pas posé la question : il était évident que j’allais réessayer. Une médaille d’argent ne me suffisait pas.

C’est une petite consolation après l’exclusion des métiers de l’imprimerie des compétitions internationales ?

Oui, même si j’ai l’impression que ce sont les métiers qui ont été exclus des compétitions mondiales et/ou européennes qui ont bénéficié de ce rehaussement de l’âge limite de participation. Parce qu’il ne faut pas se cacher que nos métiers peinent un peu plus à avoir des candidats. Il faut se rendre compte que d’autres métiers comme les paysagistes ou les coiffeurs par exemple, ont même des présélections avant les épreuves régionales, tant les candidats sont nombreux.

La France figurait parmi les nations favorites dans le secteur graphique et elle avait plutôt tendance à montrer l’exemple. L’imprimerie ne figure plus parmi les métiers à l’échelon international parce que le seuil de 14 pays participants peinait à être atteint…

Oui, on a le sentiment de faire le maximum pour porter nos métiers en France en motivant d’autres jeunes et c’est forcément rageant de se dire qu’on rate les compétitions internationales parce que d’autres pays ne fournissent plus ces efforts…

“L’impression numérique a pris encore plus d’importance.”

Revenons à ces Finales nationales. Tu avais l’expérience de l’édition 2023, est-ce que l’édition 2025 t’a semblé similaire ou est-ce qu’au contraire tu as senti une évolution dans l’approche des épreuves ?

C’était plutôt différent sur cette édition, pour plusieurs raisons. Déjà j’ai travaillé avec deux experts qui ont deux manières distinctes de penser les épreuves : Dorothée Bouchend’Homme, qui a pris la suite de Dominique Gendre, et Thierry Mack. Et puis surtout, l’impression numérique a pris encore plus d’importance. On m’a dit que c’était déjà le cas en 2023 en comparaison des éditions précédentes, mais cette année c’était encore plus flagrant : nous avons eu cinq épreuves relatives à l’impression numérique et une épreuve offset, qui a dû être annulée en raison d’une panne. C’était certainement la nouvelle la plus triste pour moi, parce que même si je suis tout à fait ouverte au numérique – qui demeure un complément nécessaire – le cœur de nos métiers, ça reste l’offset. Et pour le coup, j’avais eu le temps de faire cette épreuve, la panne est survenue juste après mon passage et ça a été une vraie déception.

Tu avais prévu cette mise en avant de l’impression numérique ? Est-ce que tu t’y étais préparée ?

Oui, au cours d’un stage préparatoire chez Konica Minolta, on avait effectivement anticipé l’importance grandissante de l’impression numérique dans les épreuves et je m’y étais préparée. Il faut dire qu’en revenant sur les intitulés des épreuves des dernières éditions, on voyait bien l’accent mis progressivement sur l’impression numérique. Je dois beaucoup à mon coach, Philippe Tanguy [formateur impression chez Grafipolis, NDLR], qui m’a énormément apporté à la fois sur le plan technique mais aussi sur le plan de la gestion du stress. Et la chance que j’avais, c’est que son oncle a une imprimerie en Bretagne, l’Imprimerie Tanguy située à Pont-l’Abbé. Il se trouve qu’elle est justement équipée d’une Presse Konica Minolta et même si ce n’est pas le même modèle qu’en compétition, j’ai pu me faire la main [RIRES].

Tu es conductrice offset chez Atlantique Impression. Comment ton parcours a été accueilli dans l’entreprise pour laquelle tu travailles ?

J’avais fait un premier stage chez eux dans le cadre d’un BAC Pro en communication visuelle et c’est mon patron qui est revenu vers moi et m’a démarchée suite à ça. C’est ce stage qui m’avait permis de me rendre compte que j’étais davantage attirée par la production et que j’avais envie d’être en atelier, pas devant des ordinateurs. C’est ensuite toujours lui qui m’a poussée à faire les Meilleurs Apprentis de France et quand je lui ai parlé du concours, il m’a soutenue de façon inconditionnelle. Nous sommes une toute petite entreprise – nous ne sommes que trois – et c’est sûr que mon parcours au Worldskills a été une chance pour tout le monde.

“Dans de toutes petites entreprises avec moins de moyens, on doit développer son savoir-faire autrement et j’en suis super fière.”

Ton profil est intéressant à double titre puisque tu es la première fille à remporter le concours, ce qui tend à démontrer que le métier est certainement en train de se féminiser. Par ailleurs, le fait que tu travailles dans une TPE doit également rappeler que l’essentiel du tissu industriel français est constitué de ces toutes petites structures, où l’on trouve donc de grands talents…

Oui, je suis d’accord avec ça et j’ai même un exemple tout bête à mettre en avant. Il se trouve que la dernière épreuve – celle de la recherche de teinte – était la seule où tous les candidats passaient en même temps, alors que nous alternions les épreuves sur les machines. Nous étions côte à côte à rechercher une teinte avec du cyan/magenta/jaune et la consigne était claire : nous n’avions pas le droit d’utiliser un spectrophotomètre. Il fallait travailler à l’œil et demander à mesurer le delta E [soit la mesure de la différence visuelle entre deux couleurs, dans un espace colorimétrique perceptuellement uniforme, NDLR] une fois que nous considérions que c’était OK. J’ai obtenu un delta E de 1,11 et tous les jurés étaient surpris que je tombe si proche, juste à l’œil. Certains m’ont demandé suite à ça quel était mon secret et la vérité, c’est juste que je travaille depuis cinq ans sans spectro’ [RIRES]. Parce que parfois, dans de toutes petites entreprises avec moins de moyens, on doit développer son savoir-faire autrement et j’en suis super fière.

Tu ne peux donc plus reconcourir, mais est-ce que tu as gardé contact avec d’autres compétiteurs, experts, coaches etc. ? Voire, est-ce que tu envisages d’intégrer un jour le staff de l’équipe de France, pour devenir coach toi-même, par exemple ?

Oui, totalement ! Quand on rentre dans la famille Worldskills, on n’a pas du tout envie d’en sortir. Il y a même un contrecoup quand la compétition s’arrête : on sait qu’on ne va pas pouvoir la refaire et personnellement, je me suis toujours dit que je voulais garder un pied dedans. Ça commence en effet par nouer des relations de long terme avec les gens que l’on rencontre, dont nos « adversaires ». Avec Killian on a gardé un très bon contact et ça concerne même plus globalement toute l’équipe régionale notamment. Quant aux Worldskills et la suite que j’imagine possible, j’aimerais d’abord commencer en tant qu’ambassadrice pour témoigner et mettre en avant le concours. Et petit à petit, je verrai comment je peux essayer d’intégrer les jurés régionaux.

“Je suis bien placée pour dire que c’est souvent en étant face aux machines que l’on se rend compte que ça nous plaît…”

Il y a de vifs débats qui secouent nos métiers sur la question de l’attractivité du secteur graphique. Comment est-ce que tu perçois la difficulté croissante des entreprises à attirer et recruter ?

J’admets que pour ma part, je ne me reconnais pas toujours dans ce qui attire les gens de mon âge. J’ai un compagnon qui est agriculteur et je pense que lui comme moi, on a une vraie sensibilité pour l’artisanat et les métiers de mains. C’est vrai que c’est un trait de caractère qu’on retrouve peu chez les jeunes que l’on peut côtoyer. Le fait que le numérique commence à s’imposer, y compris dans nos métiers, à la fois ce n’est pas forcément ce que je préfère – comme je l’ai déjà dit, je suis plus sensible aux techniques traditionnelles – mais c’est aussi sûrement l’opportunité de donner une image plus moderne et attractive de nos métiers. L’autre enjeu, je pense, c’est d’arriver à créer des rencontres. Je suis bien placée pour dire que c’est souvent en étant face aux machines que l’on se rend compte que ça nous plaît… Je sais que c’est plus facile à dire qu’à faire, mais il faut essayer de créer ces moments en amenant les jeunes dans les ateliers. C’est là que peuvent se produire de belles surprises, parce que c’est un métier de passion. Mais il faut le vivre pour le comprendre, en parler ne suffira jamais.

Et l’Intelligence Artificielle ? Comment est-ce que tu imagines l’avenir de ton métier au regard de ce qui se passe autour de l’IA aujourd’hui ? Est-ce que tu te sens directement concernée par les impacts que cela peut générer sur la façon de produire ?

Il est certain que le prépresse est déjà complètement impacté. On voit de plus en plus de clients utiliser l’IA pour des créations de fichiers, mais j’admets que même pour quelqu’un de jeune comme moi, on a du mal à réaliser exactement ce qui va se passer. Ce que je peux dire, c’est que je nous imagine mal y échapper : ce n’est pas une perspective qui me rend très enthousiaste, mais je me fais à l’idée que nos métiers composeront avec l’IA également, jusque dans les ateliers de production. Mais encore une fois, je fais le parallèle avec le développement des technologies numériques dans nos métiers : c’est une façon de faciliter le travail de production et on a peut-être besoin de se rendre plus accessibles.