Fabrice Bak – “Les troubles cognitifs se sont accentués dans la société”

Cet article est paru dans Acteurs de la Filière Graphique n°150 (juin 2025)

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Fabrice Bak est psychologue cognitiviste, spécialiste reconnu des questions liées à la structuration des acquis chez l’enfant. Notamment intervenu au sein du documentaire « Une fibre vous parle » (cf. Acteurs de la Filière Graphique n°149), il a accepté de nous répondre pour entrer dans le détail sur les raisons d’un retard acté de maturation cognitive chez l’enfant, mais aussi d’une forme inquiétante de perte d’empathie. Et si l’hégémonie numérique concourait à déstructurer l’individu, jusqu’à semer un relatif vent de panique ?

“On voit maintenant arriver au collège des élèves qui savent à peine lire. Au point qu’aujourd’hui, il n’y a plus du tout de corrélation entre les déficiences observées et le niveau scolaire atteint.”

Vous avez fondé, en 1994, un cabinet de consultations en psychologie cognitive appliquée spécialisé dans les troubles des acquisitions scolaires chez l’enfant et l’adolescent. Est-ce que vous pouvez nous expliquer de quoi il s’agit et quels étaient les enjeux à l’époque ?

Il y a différentes étapes que l’enfant/adolescent va traverser pour construire son organisation logique, cognitive et affective. Il va mettre différents outils en place pour s’adapter à l’univers scolaire et avancer dans l’apprentissage, jusqu’à devenir un adulte capable de s’intégrer dans la société et construire le monde de demain. Les problématiques qui avaient été identifiées à l’époque ont procédé du fait qu’on ne savait pas pourquoi certains enfants, qui ne présentaient pourtant pas de signe apparent de dyslexie, de dysorthographie ou de trouble de l’attention, ne parvenaient pas à apprendre. Normalement, un enfant de six à sept ans doit être en capacité de mettre en place ce qui s’appelle la réversibilité mentale. C’est-à-dire que si on lui présente deux boules de pâte à modeler identiques, que l’on en émiette une pour la présenter sous une forme plus éparpillée, il doit être capable de dire qu’il y a la même quantité qu’au départ et il doit pouvoir argumenter en ayant l’idée de la reconstituer dans sa forme initiale. A l’école, c’est ce qui va connecter tous les systèmes inverses : addition/soustraction, multiplication/division etc. Or, à l’époque, on s’est rendu compte que certains enfants ne mettaient pas en place ces opérations, pour s’enfermer dans un mode de pensée figuratif, c’est-à-dire passant essentiellement par la perception. Un enfant de cet âge doit par ailleurs commencer à mettre en place des modes d’organisation, d’anticipation, de classification etc. Sans cela, on s’expose à des difficultés scolaires. Si cet état de figurativité est tout à fait normal entre 3 et 5 ans, nous cherchions à comprendre pourquoi cela perdurait chez certains enfants. Et ce n’est pas comme si la pensée elle-même était bloquée, simplement elle continuait de se développer sur des modalités figuratives inappropriées. Nous étions donc à ce moment-là dans les années 90 et nous avons proposé ce que nous appelons des processus de remédiation cognitive pour remettre en place les opérations mentales qui faisaient défaut. Mais trente ans plus tard, on s’aperçoit que les troubles cognitifs se sont accentués dans la société. On voit maintenant arriver au collège des élèves qui savent à peine lire. Au point qu’aujourd’hui, il n’y a plus du tout de corrélation entre le niveau d’efficience observé et le niveau scolaire atteint. C’est gravissime parce que cela touche absolument toutes les couches de la société.

On constate aujourd’hui une inquiétude grandissante quant aux conséquences d’une surexposition aux écrans chez les plus jeunes. Pourtant, les écrans ne sont pas nés il y a quinze ans et sont bien antérieurs aux alertes aujourd’hui portées par certains professionnels… De votre point de vue et au regard de votre expérience professionnelle, qu’est-ce qui a pu changer et comment l’expliquez-vous ?

On s’est rendu compte que les enfants étaient de plus en plus sollicités dans les sphères perceptives et de moins en moins dans les sphères opératoires liées à la compréhension. Face à ces constats, Georges Charpak a par exemple initié la fondation ‘La main à la pâte’ pour expliquer des principes de physique appliquée à des enfants de primaire et dans les années 90 nous avons fait des bilans auprès d’enfants de CP et de CE1 : lorsqu’on leur demandait de représenter des poissons, certains d’entre eux dessinaient des carrés. Ça, ce sont les premières conséquences de ce que l’on pourrait appeler « la télé nounou ». Puis sont apparus les jeux vidéo qui ont la particularité de ne pas exiger d’explications en amont : on ne lit pas de règles ou de mode d’emploi, on apprend en faisant. Or, l’école ne fonctionne pas comme ça. Et là encore, on observe une décorrélation entre les sollicitations pédagogiques proposées aux enfants et ce qu’ils sont en mesure de produire. D’ailleurs, on a revu à la hausse les âges à partir desquels certaines aptitudes de pensée et de raisonnement devraient être acquises parce que de fait, on a observé un décalage de la maturation cognitive. Les enfants ne sont pourtant pas plus bêtes, pas du tout, mais ladite structuration s’opère différemment.

“On commence à distinguer à la fois les failles de structuration, mais aussi une forte instabilité émotionnelle. Nous avons aujourd’hui des gens qui ne sont plus en capacité de raisonner sur leurs émotions.”

Ce que vous évoquez ici relève-t-il du consensus scientifique ou y’a-t-il encore des thèses contradictoires ?

Sur la réalité d’un décalage de la maturation cognitive, c’est effectivement scientifiquement admis et établi. Pour ce qui concerne l’origine du phénomène, il y a en revanche débat : certains mettent en avant des facteurs socio-économiques, la famille, d’autres mettent en avant des facteurs purement pédagogiques ou insistent sur les écrans etc. En l’occurrence, je ne pense pas qu’il y ait un facteur explicatif spécifique, mais un cumul. Mais là où les choses deviennent inquiétantes, c’est que l’on a de plus en plus d’enfants qui peinent à se structurer pour s’intégrer en société. Quand des faits divers relatent des homicides perpétrés par des adolescents dans des collèges, il y a – au-delà de l’acte – une difficulté de plus en plus claire à avoir conscience de son geste, comme si ces jeunes ne comprenaient pas ce qu’ils ont fait. Pourtant, on parle souvent d’enfants adaptés scolairement, peut-être juste un peu en retrait. Et c’est là qu’on commence à distinguer à la fois les failles de structuration que l’on mentionnait, mais aussi une forte instabilité émotionnelle. Nous avons aujourd’hui des gens qui ne sont plus en capacité de raisonner sur leurs émotions.

Pour revenir aux écrans, certains soutiennent pourtant par exemple que les longs métrages d’animation Disney apprennent l’empathie aux enfants et sont vecteurs d’éveil aux émotions…

Oui mais votre remarque est justement très intéressante : si vous n’avez pas l’organisation cognitive adéquate, vous ne pouvez pas comprendre un film Disney. C’est-à-dire que même au bout d’un quart d’heure, vous avez oublié les informations qui ont précédé. De la même façon, un enfant en pleine figurativité ne lira jamais une bande dessinée : il ne fait pas les liens entre les cases. Pour lui, chaque case est une histoire indépendante. Mais attention à ne pas faire de raccourcis : ce ne sont évidemment pas les écrans qui génèrent de l’agressivité ou une perte d’empathie, il n’y a aucun lien entre les deux. Pas plus pour les jeux vidéo, qui sont souvent pointés du doigt alors que l’on croule sous les études qui ont toutes conclu à une absence de lien apparent. En revanche, je réaffirme que plus notre organisation cognitive est déstructurée, plus on risque d’avoir des affects binaires : j’aime ou je n’aime pas, et donc des réactions qui le seront tout autant.

Est-ce un problème que l’on peut circonscrire au domaine de l’enfance ? Peut-on développer ces troubles sur le tard, malgré des acquis structurants supposés ?

Cela peut arriver quand il y a des troubles psychiatriques. Pour reprendre le cas des jeux vidéo, ils peuvent jouer un rôle dans un passage à l’acte chez des sujets déjà instables. On a tous déjà eu des accès de colère au volant par exemple après une queue de poisson sur l’autoroute, pour autant ce n’est pas pour ça qu’on va foncer sur sa cible pour l’écraser. Parce que nous disposons d’un jugement moral construit et fonctionnel. Chez certains jeunes qui, encore une fois, souffrent d’un déficit de structuration morale, le moteur de décision est de se dire « ce qui me fait du bien, ça va, ce qui ne me fait pas du bien, ça ne va pas ». Nous avons observé cette absence grandissante de conscientisation de la gravité des conséquences de leurs actes chez certains jeunes, nous en avons alerté les pouvoirs publics avec des outils sérieux qui ont mobilisé des laboratoires, des experts de la psychologie de l’enfance etc. Hélas, personne n’en a vraiment tenu compte.

Les réseaux sociaux sont souvent cités comme particulièrement problématiques et accélérateurs de désensibilisation…

Internet et les réseaux sociaux font partie du monde d’aujourd’hui. Le problème c’est moins leur existence que l’absence totale d’accompagnement vers ces médias, de sorte que quand les jeunes investissent ces espaces, ils n’y sont absolument pas prêts. Et il faut forcément être vigilant parce que sur Internet, tout est accessible. Or, face à un phénomène hors de contrôle, on est entré dans un univers de sanction, là où il faudrait structurer et éduquer. Et encore faudrait-il le faire correctement… On met en place à l’école des cours d’empathie. Mais ce n’est pas une connaissance ! C’est un non-sens complet, l’empathie ne s’apprend pas sur commande, ça se construit à partir d’éléments extrêmement précis. En l’occurrence : la capacité à décentrer sa pensée, prendre en compte le point de vue et le ressenti de l’autre, de sorte à avoir des réponses adaptées. Ça n’est pas une connaissance qu’on acquiert, mais une compétence qu’on développe. Malheureusement, nous savons déjà comment ces cours vont échouer : ils parleront aux jeunes qui disposent déjà de ces outils et isoleront encore davantage les autres. Le risque, c’est même de fédérer les premiers et d’exclure les autres, jusqu’à générer encore davantage de violence. Soit l’exact opposé du but recherché…

Pour revenir sur le décalage de maturation cognitive que vous évoquiez, on imagine qu’elle va de pair avec une forme de recul dans l’apprentissage de la lecture…

La dégradation que nous observons sur le plan cognitif entre effectivement en résonance avec l’acquisition de la lecture. Il y a des réalités très simples à souligner : l’on sait parfaitement que plus on passe de temps sur un écran, moins on passe de temps à lire. Les habitudes que l’on prend sur YouTube ou Instagram aujourd’hui, en zappant de vidéos en vidéos au bout de quelques secondes si elles ne nous plaisent pas, ou en scrollant toutes les quatre secondes en moyenne sur TikTok, ne facilitent pas le travail de concentration, c’est certain… Les jeunes vont par ailleurs de moins en moins au cinéma, mais il est difficile de s’en étonner : on leur demande d’être assis pendant deux heures en ne faisant rien d’autre que de regarder un film. Plus globalement, plus de 62 % des élèves de collège ne dépassent pas le niveau de lecture basique. C’est évidemment très inquiétant. Selon le classement PISA, nous sommes passés, en cinquante ans, de 35 % de gros lecteurs à 11 %. C’est un effondrement complet. Chez les lycéens, dans les années 60, on lisait 240 mots/minute contre 190 mots/minute aujourd’hui. La vitesse de lecture est un témoin d’efficience de la lecture elle-même : plus je comprends facilement, plus je lis vite. Et à plus haut niveau, on voit des étudiants qui éprouvent des difficultés avec de la lecture profonde de texte, avec une baisse de la capacité à cerner l’implicite, le sous-entendu.

Une hypothèse très souvent mise en avant ces dernières années évoque ce que certains appellent la « technoférence », soit le fait que les parents eux-mêmes, absorbés par leurs usages numériques, échangent de moins en moins avec leurs enfants. Or, les enfants apprennent énormément d’une forme de mimétisme, à condition que l’on prenne le temps d’interagir avec eux. Est-ce un constat que vous faîtes également ?

La construction se fait effectivement dans l’interaction. Et surtout chez le très jeune enfant, l’écran est très pauvre de ce point de vue. Je souscris de fait totalement à ce que vous dîtes : un écran est quelque chose de statique, quoi qu’il diffuse. L’enfant est naturellement programmé à aller vers le monde et c’est la qualité et la pluralité de l’interaction avec son environnement qui permettra d’organiser sa pensée, de se structurer mentalement.

On a longtemps supposé que les jeunes générations étaient à l’aise avec les outils numériques, au point d’en déjouer mieux les pièges que leurs aînés. Or, on s’est aperçu qu’ils ne mordaient en réalité pas moins – très loin de là – à la désinformation, ayant même parfois beaucoup de mal à distinguer une information sourcée d’une fake news un peu grotesque. Est-ce que vous partagez ce constat ?

Tout à fait. Ce que vous évoquez ici, c’est l’esprit critique. C’est ce qui fait que l’on adhère ou que l’on résiste à un contenu. L’Éducation nationale en a conscience puisqu’ils ont lancé un programme censé amener les enfants à une forme d’esprit critique. Encore une fois, ça ne fonctionnera que si ces enfants disposent de compétences qui les rendent capables de comparer des sources. Ça n’est hélas pas toujours le cas. Et plus tard chez de jeunes adultes, cela donne un glissement du « Je pense, donc je suis » vers quelque chose de l’ordre du « Je crois, donc j’ai raison ».

On sait quels bénéfices sont à tirer d’un retour aux lectures structurantes, sur papier, sans possibilité de zapper ou d’éparpiller son attention dans une foule de contenus courts. Mais comment rendre le livre séduisant auprès d’un jeune public qui a parfois complètement décroché ?

C’est un problème en ce sens que la lecture les ramène souvent à des difficultés éprouvées à l’école, donc ils n’y associent pas forcément d’affects spontanément positifs… Il s’agirait déjà de redécouvrir ce qu’est le livre. J’avais dans mes patients, il y a des années de ça, un enfant dont un parent était professeur. Ce qu’il me disait, c’est que le programme était à ses yeux inadapté, car les élèves n’en étaient pas là. Alors il commençait son cours en ramenant plusieurs livres très différents – des bouquins de philosophie, des romans, des bande-dessinées etc. – qu’il disposait sur une table, puis il demandait à ses élèves d’en choisir quelques-uns instinctivement. Ensuite il leur demandait les raisons de leurs choix. C’était à la fois une manière de les ramener à l’outil physique et d’engager des discussions, souvent sur un ton détendu : « Ah celui-là est trop gros » ; « Ah celui-là a l’air rigolo » ; « J’aime bien cette couverture, elle a de belles couleurs » etc. On veut probablement lancer les enfants dans la lecture trop tôt, alors qu’ils n’y sont pas prêts. On a certes ramené le professeur en question aux obligations du programme, mais je le redis : ça ne sert à rien de présumer que les enfants ont des compétences, s’ils ne les ont pas. Dans les pays scandinaves, on a acté d’un décalage dans les programmes de lecture d’un ou deux ans, pour s’assurer que les enfants soient prêts. Sans ça, on crée des blocages. Alors en attendant, autant renouer avec le sensoriel parce que c’est là que tout commence : de ce point de vue, un livre est extrêmement riche en termes de textures, de formats, d’odeurs etc. C’est ce qui génère de la curiosité pour ce que le livre raconte et si on fait les choses dans l’ordre, l’enfant aura envie de savoir. Et donc de lire. Le fait que les enfants aiment tant qu’on leur lise des histoires procède du même cheminement, il faudrait juste ne pas griller des étapes et accepter qu’il existe ce décalage de la maturation cognitive que j’évoquais.

“L’activité de lecture au travers du livre est extraordinaire parce qu’elle centralise l’activation de cinq structures mères.”

On sait le livre physique spontanément plus attractif et séduisant, mais ce n’est pas son seul avantage…

C’est un charme qui n’est pas sans atouts concrets en effet puisque la sensorialité du livre active des zones du cerveau qui facilitent la mémorisation. Les écrans vont être utiles sur des synthèses pratiques, dès que l’on cherche à aller au-delà, ils sont rarement pertinents. Le livre impose une contrainte temporelle, c’est-à-dire qu’il va falloir se poser dans le temps pour lire dans de bonnes conditions. D’où une meilleure concentration et par suite, une meilleure compréhension. Autre point majeur : dans la lecture papier, le lecteur rentre dans la psyché du personnage, dans ses pensées. Les écrans sont davantage figuratifs et imposent des représentations. Enfin, deux grandes études internationales ont montré que 80 à 90 % des étudiants préfèrent le papier et ils disent eux-mêmes qu’ils se concentrent mieux sur ce support.

Beaucoup de ces avantages semblent surtout concerner des lecteurs confirmés. Qu’en est-il pour des enfants ?

Il y a deux sphères qui s’activent lorsqu’on lit : la sphère cognitive & logique, et la sphère psycho-affective. Les deux sont au départ entremêlées, mais l’enfant passe de l’une à l’autre. Il va progressivement les structurer indépendamment l’une de l’autre, mais avec une zone de connexion. On a identifié ce qu’on appelle des structures mères, précisément dans ces zones de connexion. On les a appelées « mères » parce qu’elles participent de cette construction en parallèle. On en compte cinq : décentration, généralisation, inhibition, anticipation et au centre une sorte de thermostat, les systèmes de classification. C’est ce ‘thermostat’ qui régule les quatre autres structures, lesquelles s’activent systématiquement pendant l’activité de lecture. On inhibe certaines informations par rapport à d’autres, on classifie les personnages en fonction de ce qui leur est arrivé, par la décentration je peux rentrer dans la psyché des personnages et enfin j’essaie d’anticiper ce qui peut leur arriver. L’activité de lecture au travers du livre est extraordinaire parce qu’elle centralise l’activation de ces cinq structures mères. On pourrait me rétorquer « Oui mais regardez, maintenant on a de la lecture 2.0 sur écran » etc. sauf que la lecture numérique – blogs, réseaux sociaux, articles etc. – représente 2 à 3 % du temps total d’écran. 40 à 50 % du temps passé devant des écrans, c’est pour des films ou des vidéos. Sur des textes simples, les scores de compréhension et d’assimilation sont proches, qu’il s’agisse de lecture papier ou numérique. Mais plus les textes sont complexes, plus une différence s’opère en faveur du papier.

Pour des cas d’usages très circonstanciés, est-ce que les outils numériques ont pu vous aider ? Je pense notamment aux enfants souffrant de troubles ‘dys’ (dyspraxie, dyslexie, dysorthographie etc;) qui vous ont consulté au cours de votre carrière ?

Bien entendu oui. Dans ce contexte spécifique d’un enfant qui présente des troubles ou maladies neurodéveloppementales, le fait de pouvoir accéder à des alternatives numériques est quelque chose d’extraordinaire en effet. Prenez l’exemple d’un dyspraxique qui souffre de troubles gestuels l’empêchant de bien écrire, il est certain qu’un clavier l’aidera énormément. Mais nous sommes bien ici sur des logiques de soutien face à des difficultés qui relèvent du handicap.

Disparition de Michel Caza

Michel Caza est décédé samedi 23 mai. La sérigraphie perd un maître.

Forget Him Not*

Revenu de Suède, où jeune homme, il était parti étudier, Michel Caza revient avec une passion : la sérigraphie et des bases techniques qu’il ne cessera dès lors de questionner pour les élever au rang d’art. 

Toute sa vie, infatigablement, en ingénieur exigeant, il dissèquera sa pratique de la sérigraphie pour la faire grandir, industrialiser les modes de production et passer d’un très ancien procédé de l’ère de la soie mal tendue sur des cadres en bois, vers une technologie industrielle de pointe, extrêmement sophistiquée. Il développera des techniques et notamment les impressions ultra-fines dont il est le maître incontesté et qui font, aujourd’hui encore, sa renommée mondiale. 

Son héritage familial lui a transmis une sensibilité qu’il a su nourrir avec gourmandise toute sa vie des caves de saint-Germain des Près où, jazzman, il donnait des concerts avec quelques pointures du genre, à son atelier de sérigraphie où il recevait là aussi des pointures incontestées : Salvador Dali, Leonor Fini, Pierre Soulages ou Fabienne Verdier… Cette sensibilité alliée à son excellence technique feront de Michel Caza un incontournable pour de nombreux artistes, illustrateurs ou grands noms du luxe. 

Absolument convaincu du pouvoir de l’intelligence collective, bien avant que l’expression ne soit à la mode, il s’est attelé à structurer la sérigraphie française en créant l’association française de sérigraphie devenue plus tard, sous son égide encore et toujours, FESPA France, la sérigraphie européenne puis mondiale en co-fondant en 1962 FESPA (Fédération of European Screen Printing Association) et en organisant à Paris la première exposition FESPA en 1963. Cette organisation qu’il a présidée à plusieurs reprises et qui connait le succès que l’on sait a toujours été soutenue, incitée, voire bousculée par Michel Caza pour continuer le travail, en faisant fi des événements géopolitiques qui n’ont pas manqué de jalonner ces 60 dernières années, pour poursuivre son développement bien au-delà des frontières européennes. Il a toujours collaboré avec enthousiasme avec toutes les associations slovaque, indienne, belge, chinoise… quelle que soit leur taille ou leur implantation. 

Les pieds solidement ancrés dans son époque, il éveillera les consciences environnementales de ses confrères en publiant dès 2001 : Screen Printing : A Guide for a Clean Planet puis, Planet friendly, produire propre en sérigraphie. Loin d’être rétif au changement, il contribuera à convaincre toute une profession de s’ouvrir à l’impression numérique jet d’encre. Un goût pour le collectif et la transmission que l’on retrouve dans sa capacité à transmettre. Michel Caza était un grand professeur, il a accompagné, guidé, poussé nombre d’excellents sérigraphes dans le monde entier qu’il appelait avec bonheur « ses élèves ». Il partageait volontiers son savoir et ses connaissances et publie en 2018 ses mémoires 55 ans de sérigraphie d’art–Michel Caza : Le caméléon de l’art contemporain. Curieux, érudit, vif et fin, Michel était un conteur. 

Pendant de nombreuses années, il semble parfois que ce fut depuis toujours, il était accompagné de son alter ego avec qui il a partagé sa vie et sa carrière et à qui l’on pense devant la porte de son bureau plein de Michel, mais sans Michel. 

We will forget him not 

Les obsèques seront célébrées le mercredi 3 juin à 10H30 en l’église de Champagne-sur-Oise. 

« Forget me not », c’est en ces termes que Michel Caza avait l’habitude de signifier combien il aurait aimé être là, quand il ne le pouvait pas. Ces mots résonnent forcément autrement aujourd’hui, même s’il va de soi qu’on ne l’oubliera pas. 

“Uniicare, ce n’est pas simplement assurer la maintenance des machines, c’est accompagner la productivité des entreprises”

Destiné aux imprimeurs et façonniers, le dispositif collectif Uniicare s‘attache à assurer une maintenance sur des matériels souvent hors garantie, dans un contexte où les pannes coûtent très cher. Pierre après pierre et suite à une phase pilote qui aura confirmé des fragilités structurelles récurrentes, le projet entend permettre davantage que le bon fonctionnement des machines : il s’agit d’accompagner la productivité des entreprises, sur la base de diagnostics qui couvrent tout une batterie de besoins complémentaires : réparation, fourniture de pièces détachées, manutention/transport, formation des équipes, estimation de la valeur des équipements etc.

“L’objectif : mettre à disposition un réseau géolocalisé, pour intervenir dans les entreprises sur des matériels défaillants et/ou faire de la maintenance préventive.”

Au gré d’un diagnostic initial qui a confirmé un besoin chronique d’aide à la maintenance des matériels graphiques, l’UNIIC s’est entourée de la société Coci, spécialiste de l’achat/revente d’équipements de seconde main pour les imprimeurs & façonniers, pour constituer une équipe d’intervention et proposer des solutions de proximité. L’objectif : mettre à disposition un réseau géolocalisé, pour intervenir dans les entreprises sur des matériels défaillants et/ou faire de la maintenance préventive. Sur des machines qui n‘étaient effectivement plus couvertes par des contrats de maintenance fournisseurs, il a été constaté une forme de débrouille consistant à solliciter des opérateurs diversement compétents en interne, des mécaniciens non spécialisés ou encore des retraités appelés à la rescousse. « Ça ne pouvait pas durer » souffle Hubert Pédurand, pilote de l’opération pour l’UNIIC, qui ne manque pas de rappeler que « de pareilles fragilités structurelles pèsent évidemment sur les comptes de l’entreprise ».

En finir avec le coup de la panne ?

« Les entreprises qui adhèrent à Uniicare vont décrire des pannes et/ou exprimer des besoins. Dès lors, avec Coci, il s’agira d’identifier les techniciens de proximité en capacité d’intervenir, en fonction de leurs compétences. Parce que selon qu’on aura besoin d’une intervention sur une solution de mouillage, sur la mécanique d’une presse ou sur du matériel de découpe, il faudra mobiliser les personnes compétentes. Le but, c’est donc d’avoir une vaste cartographie d’entreprises adhérentes et d’y greffer au plus proche, comme sur Google Map, des gens capables d’intervenir au plus vite et au meilleur coût » nous explique Hubert Pédurand. Autrement dit, le réseau Uniicare vise à fonctionner comme une application qui mettrait en relation un besoin (une panne, typiquement), avec sa solution la plus proche. L’outil Uniicare, à l’image des écosystèmes numériques en ligne dont il s’inspire, aura ainsi vocation à gagner en pertinence à mesure que ses bases de données s’étofferont, ce qui en fait en soi une arme collective : car il s’agit bel et bien de pérenniser à terme des infrastructures métier à l’échelon national, en répondant au cas par cas à des demandes spécifiques, en mobilisant des énergies locales. Le maillage est en cours (quatre régions test ont été choisies pour un premier déploiement : Grand Est, Pays de la Loire, Bourgogne–Franche-Comté et Rhône-Alpes) et à de nombreux égards, il est prometteur.

L’UNIIC s’est entourée de la société Coci, spécialiste de l’achat/revente d’équipements de seconde main pour les imprimeurs & façonniers, pour constituer une équipe d’intervention et proposer des solutions de proximité.

“Uniicare est un dispositif collectif, dont la granularité grandissante fera la force.”

Prévenir, optimiser & guérir

A date, Uniicare peut intervenir sur des presses offset feuille, des rotatives et des équipements de finition. Et il s’y emploie avec l’idée de grandir vite… « L’industrie graphique fait aujourd’hui face à une équation inédite : des outils de production qui se renouvellent de moins en moins, des coûts en hausse et une pression constante sur les marges. Dans ce contexte, la compétitivité ne repose plus uniquement sur l’investissement, mais sur la capacité à tirer le maximum de valeur des outils existants. C’est précisément dans cette logique que s’inscrit le programme Uniicare, qui change aujourd’hui d’échelle avec l’intégration de 34 nouveaux sites et la structuration d’un parc de plus de 700 machines référencées » détaille Hubert Pédurand. Un travail qui a déjà permis de documenter l’âge des équipements concernés, différents types de pannes et/ou de dysfonctionnements identifiés sur ces matériels et la fréquence des interventions. Autant de données précieuses auxquelles les entreprises qui adhèrent à Uniicare ont accès, de manière à bénéficier d’une vue d’ensemble de leur parc, en temps réel et de façon dynamique. « A terme, l’UNIIC veut constituer une giga-base de données avec 300 entreprises partenaires. Et nous voulons aller plus loin que ce que nous avons aujourd’hui dans des ERP. Uniicare, ce n’est pas simplement assurer la maintenance des machines, c’est accompagner la productivité des entreprises. Cela concerne tant l’organisation des flux de production qu’un soutien ponctuel en cas d’absence ou de maladie » poursuit Hubert Pédurand, qui souligne par ailleurs que « des constructeurs ont dit être intéressés pour intégrer Uniicare, ce qui pourrait nous permettre demain d’inclure dans le scope aussi des machines sous garantie. Car les fournisseurs eux-mêmes sont parfois démunis en termes de techniciens disponibles et c’est là qu’un outil mutualisé et centralisé aurait du sens ». En cela, il faut le redire : Uniicare est un dispositif collectif, dont la granularité grandissante fera la force.

“Remise à niveau des équipements vieillissants, réduction des arrêts non planifiés, amélioration des cadences réelles, diminution des rebuts. Dans un environnement où les volumes baissent, chaque point de rendement récupéré devient de la marge brute supplémentaire.” (Hubert Pédurand – Pilote de projet)

Hubert Pédurand (UNIIC) et Etienne Chartier, PDG de Brochage 3000.

De l’ambition à revendre

S’il y a une appétence d’ores et déjà mesurable pour le programme Uniicare, c’est probablement parce que la question technique sous-tend en réalité bien d’autres leviers de redressement majeurs. « Il y a d’abord ce que j’appelle le FER (Facteur d’Efficacité de Rendement), qui devient le premier levier de compétitivité : remise à niveau des équipements vieillissants, réduction des arrêts non planifiés, amélioration des cadences réelles, diminution des rebuts. Dans un environnement où les volumes baissent, chaque point de rendement récupéré devient de la marge brute supplémentaire. L’entretien n’est plus un coût : c’est un investissement immédiat dans la performance » illustre Hubert Pédurand, qui ne s’arrête pas là. « Le deuxième enjeu est humain. La filière souffre d’un déficit d’attractivité, directement lié à une érosion des salaires et à une perte de reconnaissance des savoir-faire. Uniicare agit sur ce levier en structurant la transmission des compétences avec l’aide des programmes de formation sur site pilotés par les équipes de Richard Navez à l’IDICG, accompagnant la montée en expertise des équipes, redonnant de la valeur aux métiers techniques. Car la réalité est claire : sans compétence, pas de performance » ajoute-t-il. De la même manière, un matériel rutilant ne fait pas tout : « Une machine performante dans un flux désorganisé reste inefficace. Uniicare vise donc à réduire les temps morts, optimiser les enchaînements de production, mieux synchroniser les ateliers et sécuriser les approvisionnements. Il s’agit de réaligner l’ensemble de la chaîne de production » conclue-t-il, dans ce qui dessine une trajectoire à la fois technique, opérationnelle et stratégique d’ampleur collective, par le biais d’interventions au cas par cas, sur le terrain. Le début du chemin est plein de promesses et gageons que cette opération ne manquera pas de refaire parler d’elle très vite.

 

UNIICARE recherche en permanence des techniciens de maintenance, des entreprises spécialisées, des indépendants ou auto-entrepreneurs sur l’ensemble du territoire, afin de constituer un maillage national dense et de réduire significativement les coûts intermédiaires (déplacements, logistique, frais annexes, etc.).

Les candidatures peuvent être adressées au directeur du programme UNIICARE : hubert.pedurand@uniic.org.

Les Industries Graphiques à l’honneur au concours “Je filme ma formation” 2026

Pour la première fois depuis la création de ce concours, qui fêtait cette année ses dix ans, les Industries Graphiques remportent un Trophée qui met en valeur l’avenir de nos métiers et leur donne une visibilité auprès du grand public et particulièrement des Jeunes.

Grâce à la classe de première Bac Pro du Lycée Léonard de Vinci à Mayenne, emmenée par Sandra Carré leur enseignante qui a mené ce projet avec eux, et grâce à la coopération avec Sonny Varin, un ancien imprimeur passé sur les bancs du lycée Alfred Costes devenu vidéaste, un Trophée d’Argent est venu récompenser le film “Gutenberg 2.0, l’encre du temps” lors de la cérémonie du palmarès qui se déroulait mardi 31 mars au Grand Rex à Paris.

C’est à l’initiative de la CCFI, que Marion Meekel a encouragé des enseignants des Industries Graphiques à se lancer dans l’aventure. Un challenge difficile que Sandra Carré a décidé de relever.

Découvrez leur film

Une immense fierté pour ces élèves de première bac pro RPIP production graphique qui ont su s’engager, progresser et croire en leur projet jusqu’au bout.

“Gutenberg 2.0, l’encre du temps” a remporté le Trophée Argent, catégorie : « Créer la beauté qui fait avancer le monde », une nouvelle catégorie inaugurée cette année grâce au partenariat de L’Oreal avec le concours “Je filme ma formation”.

Parrainé par des noms prestigieux et soutenu par des partenaires économiques, ce concours gratuit bénéficie du haut patronage du ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, ainsi que du ministère du travail, de la santé, des solidarités et des familles.

La normalisation, on a tous à y gagner

C’est en France qu’auront lieu les prochaines réunions du comité technique ISO TC130 qui désigne un comité d’élaboration des normes pour les Industries Graphiques. Une soixantaine d’experts internationaux sera ainsi amenée à échanger du 20 au 24 avril prochains, avec un objectif clair : harmoniser les pratiques d’impression et de gestion de la couleur, tout en impulsant de possibles nouvelles orientations industrielles. Mais plus encore, l’ambition de l’organisation française – portée par l’UNIIC – est telle qu’il s’agira d’inclure au-delà de ce seul cercle d’experts pour ouvrir le débat et impliquer les imprimeurs. Une conférence dédiée se tiendra à cette fin le 22 avril prochain et pour de nombreuses raisons que nous nous apprêtons à développer ci-dessous, nous vous encourageons vivement à vous inscrire…

Contrairement à ce que d’aucuns pourraient considérer être un débat d’initiés, il faut voir les discussions qui précèdent l’élaboration des normes comme une façon de dessiner des objectifs collectifs et sectoriels, dans l’intérêt d’un maximum de parties prenantes.

Harmoniser des tirages de plus en plus fragmentés

Pour les donneurs d’ordre, l’intérêt sonne comme une évidence : il s’agit d’harmoniser le rendu des tirages chez tous les imprimeurs, quel que soit le procédé d’impression et partout dans le monde. Car à mesure que les usages de production migrent vers des volumes plus fragmentés (c’en est effectivement fini du temps où les marques pouvaient s’appuyer sur un site et un procédé d’impression unique), il s’agit d’assurer une harmonisation et une répétabilité colorimétrique satisfaisantes quel que soit le ou les procédés d’impression utilisés pour la production d’une publication, d’un emballage ou d’un produit industriel, qu’ils soient conventionnels (offset, flexo, hélio) ou numériques (jet d’encre, toner etc.). Quant aux entreprises, les bénéfices pour elles d’une normalisation sont nombreux : entrer dans le pool des imprimeurs à même d’assurer aux marques cette fidélité/répétabilité colorimétrique, gagner en efficacité productive par l’automatisation de process qualité et se prémunir juridiquement de tout litige en aval, le respect d’une norme faisant foi lorsqu’il est question d’évaluer la validité d’un travail d’impression, au regard de la demande exprimée.

« L’impression est un procédé industriel et non pas une démarche intuitive ou artistique. »

La standardisation, une question de taille ?

La question de la normalisation, on le sait, nécessite également de lever des craintes légitimes : risque-t-on une uniformisation des techniques et des rendus ? Peut-on tendre vers la surqualité et générer de facto des coûts superflus ? Va-t-on céder l’essentiel de nos savoir-faire à une automatisation tous azimuts dopée à l’IA ? Autant de questions que ladite conférence veut permettre de traiter, tout en démystifiant une démarche qui génère des peurs : parce qu’il est difficile de changer et de bousculer ses habitudes. A fortiori lorsqu’on est une entreprise de taille modeste et que l’on tend – consciemment ou non – à se disqualifier sur ce type d’approches. Des approches que l’on peut – à tort – penser réservées à des acteurs de taille industrielle importante et dotés des moyens de repenser/restructurer leur mode de fonctionnement, tant sur le plan technique qu’organisationnel. Au-delà de l’événement que représente en soi la réception du TC130 en France, la conférence du 22 avril s‘attachera donc à démystifier la structuration des normes et déconstruire les peurs qu’elles peuvent susciter, souvent par complexe d’infériorité – ou de supériorité – ou parce que l’on croit qu’elles n’auraient d’utilité qu’à condition d’atteindre une certaine taille critique et/ou de traiter avec une typologie de clients particulière. « L’intérêt principal est le gain de productivité par une mise en couleur plus rapide, la réduction de la gâche (papier, temps machine, retirage etc.) grâce à la maîtrise du process, et in fine, le nerf de la guerre : l’augmentation des points de marge et du bas du bilan en moyenne de 5% (étude UNIC-KEE Consultants-IDEAlliance 2012). Il n’y a pas de taille d’entreprise pour ça, mais plutôt un état d’esprit et une prise de conscience que l’impression est un procédé industriel et non pas une démarche intuitive ou artistique. En tous les cas de figure, et quelle que soit la taille de l’entreprise, la mise en place d’une telle démarche doit être faite petit à petit, il ne faut pas vouloir tout révolutionner du jour au lendemain mais poser une réflexion puis définir un plan d’action qui permet d’avoir des gains rapides (fast wins) à court terme, à moyen terme et à long terme » précisent de concert Christophe Villar (GAC, représentant la France au sein de l’ISO TC 130) et Elie Khoury (Président d’Alwan Color Expertise et de la commission CNTCG de l’AFNOR).

« Les produits qui n’entrent pas dans le champ de la chaîne de production normalisée que ce soit de par leur substrat, leurs encres ou même le rendu spécifique attendu par le client, seront mieux gérés dans une chaine normalisée et maitrisée par les différents acteurs de la chaine de production. »

Standardiser n’est pas uniformiser

Quant à craindre une uniformisation de tout, en conséquence de procédés normalisés déployés chez une majorité d’acteurs, là encore, Christophe Villar tient à déconstruire ce qui selon lui tient du raccourci erroné. « La plupart des commandes aujourd’hui entre dans les standards de la couleur, ces produits peuvent être fabriqués en passant par des processus normalisés et cela permet également de garantir un niveau de qualité. Les produits qui n’entrent pas dans le champ de la chaîne de production normalisée que ce soit de par leur substrat, leurs encres ou même le rendu spécifique attendu par le client, seront mieux gérés dans une chaine normalisée et maitrisée par les différents acteurs de la chaine de production. Ce sont des produits qui peuvent être à forte valeur ajoutée à condition qu’ils soient produits sans surcoût dus à de multiples tentatives pour atteindre le rendu attendu. Les entreprises ont intérêt aujourd’hui à avoir une véritable maîtrise de leurs processus de fabrication pour justement répondre à toutes ces demandes. Normaliser la production permettrait de gagner du temps et de laisser plus de place aux commandes exotiques » explique-t-il, démontrant ainsi que les démarches de normalisation ne tendent pas à traiter de manière indifférenciée n’importe quel travail d’impression, bien au contraire. Autant de points (entre autres) qu’il conviendra d’éclairer au moyen de négociations internationales tenues dans le plus parfait respect des positions des uns et des autres, l’événement portant la responsabilité de réajustements normatifs à même de profiter au collectif, au sens le plus noble qui soit. Dans un contexte parfois confus, évoquant de manière lasse une « inflation des normes » qui aurait pour résultat de complexifier la bonne marche des entreprises, il convient en effet de ne pas confondre les contraintes règlementaires, mues par un intérêt supérieur, avec des normes destinées pour leur part à standardiser des approches productives dans une optique d’optimisation des performances. Et c’est bien en gagnant en efficience productive et qualitative, via des démarches normatives, que l’on se prépare au mieux à répondre aux attendus réglementaires qui ne cessent de toute façon de s’imposer aux entreprises. De sorte qu’en la matière, les contraintes ne s’additionnent pas, elles tendent au contraire à converger pour le mieux. Rendez-vous le 22 avril à Paris pour davantage d’éclairages !

> Programme & inscription < 

Bruno Barbier est le nouveau Président de l’UNIIC

Le Bureau Exécutif de l’UNIIC se réunissait ce jeudi 19 mars 2026 pour élire à l’unanimité le successeur de Benoit Duquesne à la présidence de l’UNIIC, ce dernier étant à créditer de huit années d’un engagement sans faille. Un engagement qu’il poursuit en tant que membre actif du Bureau Exécutif.

C’est Bruno Barbier, Président du Groupe Jénôme, qui lui succède. Avec son accord, nous reproduisons ci-dessous l’intégralité de son discours d’investiture, prononcé dans la foulée de son élection.

« Je vous remercie pour la confiance que vous me témoignez en me confiant la Présidence de l’UNIIC.

Je tiens à saluer Benoit et Jacques [Benoit Duquesne et Jacques Chirat, NDLR] pour l’engagement qui a été le leur durant ces années, et pour les avancées significatives que l’UNIIC a connues durant leur mandat.

Vous succéder est un honneur pour moi, et une grande responsabilité.

Je pense également à toutes celles et tous ceux qui accompagnent chaque jour nos entreprises et qui contribuent à la dynamisation de la filière. Lors des derniers mois, j’ai été véritablement impressionné par l’effervescence qui se dégage des actions menées par les équipes de l’UNIIC au sens large. C’est remarquable.

Permettez moi ici de remercier plus particulièrement Pascal, Hubert, Alexandre et René [Pascal Bovéro, Hubert Pédurand, Alexandre Burgot-Dervin et René Anélot, NDLR] pour leur soutien et leur accompagnement.

C’est avec humilité, enthousiasme, gravité aussi, et porté par cet optimisme d’action qui m’est cher que j’accepte le mandat de Président.

Je sais que le programme de notre mandature est ambitieux, mais il est à la hauteur des enjeux qui sont les nôtres. Aujourd’hui, je veux poursuivre à vos côtés, les actions de l’UNIIC et je me mets au service de l’ensemble de notre filière.

Je m’inscris dans la dynamique du travail collectif engagé depuis plusieurs années pour déployer notre feuille de route au service de nos entreprises.

Je suis confiant qu’avec vous et les personnes engagées à nos côtés, nous disposons des meilleurs atouts pour créer un environnement favorable à la dynamique de nos adhérents.

Je veux aussi vous dire clairement que je ne suis pas là pour faire table rase de ce qui a été construit. Au contraire : dans un secteur en pleine mutation, nous avons besoin de repères, de continuité et de savoir ce qui ne change pas.

À ce titre, mon expérience de l’imprimerie depuis plus de vingt-cinq ans, et les six années où j’ai exercé à la présidence d’ImpriFrance, sont des repères que je mets aujourd’hui au service de l’UNIIC, de nos adhérents, et plus largement du monde des arts graphiques. Je mesure pleinement la responsabilité que cela représente.

Je ne suis pas élu pour être un homme-orchestre, je suis ici pour être chef d’orchestre (sans baguette). Je suis là pour créer les conditions pour que les talents, les expertises et les énergies de chacune et chacun trouvent leur juste place. Je n’ai pas d’ambition personnelle à assouvir dans cette fonction. Ma seule ambition est d’être utile : pour notre filière, pour nos entreprises et pour les femmes et les hommes qui les font vivre chaque jour.

Je suis ravi de commencer cette mission avec vous ! »

La normalisation – gage de qualité pour les donneurs d’ordre et de rentabilité pour les imprimeurs

Elections  – Grammage, formats, mentions obligatoires, calendrier, barèmes… Les actions de l’UNIIC en réponse à vos questions

La mission régalienne de l’UNIIC est de vous représenter, vous accompagner et vous défendre.

Au-delà de toutes les actions que nous portons et dont vous avez pu avoir connaissance, la gestion des imprimés électoraux et ses contraintes pour les élections municipales des 15 et 22 mars prochains est l’occasion de rappeler à toutes et tous que l’UNIIC est le relai privilégié auprès de l’Etat central et déconcentré (préfectures), de toutes vos préoccupations tarifaires et logistiques.

C’est dans un contexte aléatoire (pas de budget promulgué au moment où l’UNIIC a été consultée), que nous avons été reçus par la Direction du Bureau des Elections du Ministère de l’intérieur, dont je tiens à souligner la capacité d’écoute, même si nombre de questions essentielles demandent encore des précisions visant à sécuriser les rapports imprimeurs/candidats/préfectures.

Aussi, le 13 février dernier étions-nous porteurs d’un message financier, juridique et logistique.

L’UNIIC, qui avait travaillé en amont sur des questions pratiques, a souhaité partagé avec le Ministère de l’intérieur les questions suivantes :

La non publication au moment de la réunion de l’arrêté de remboursement des dépenses exposées par les candidats déstructure les rapports des imprimeurs conseils de proximité avec les candidats qui leur font confiance, car tant les préfectures livrées à elles-mêmes que les candidats souvent nouvellement entrés en politique, considèrent que les imprimeurs sont la seule source d’information certes sur les tarifs, mais aussi sur le calendrier, sur les mentions obligatoires, sur les  volumétries prises en charge etc.

– Cette nouvelle « mission » des imprimeurs qui deviennent de fait une fonction support de la démocratie locale est reconnue par l’Etat, mais place les parties prenantes en mode panique avec les risques que ces défaillances pourraient générer sur l’image des imprimeurs.

– L’autre question essentielle porte sur les dates de remise des éléments, alors qu’il est quasiment impossible pour les imprimeurs, notamment pour le second tour, d’assurer une production « sereine » dans des délais incompatible avec leur planning.

Il faut en effet pour ce type de « mission », assurer la gestion de la fabrication, le lancement de la production et la partie sensible qu’est le conditionnement du matériel de propagande. Tout travail dans l’urgence peut conduire, malgré le professionnalisme de nos membres, à des erreurs (de compréhension, de visuels, de mentions etc.) avec les conséquences qui y sont associées devant les Commissions de propagande.

– Nous avons obtenu que le Ministère entre en contact avec les préfectures afin d’éviter toute difficulté logistique et nous vous rappelons ce qui a été fait à notre demande par l’Etat (le rappel des règles, mais aussi la prise en compte de certaines contraintes) :

  • Que les préfectures restent libres de déterminer une date de remise de la propagande électorale conforme au code électoral, et ce en fonction des enjeux et des contraintes propres au département en termes d’impression bien sûr, de mise sous plis et de distribution.
  • Rappelons toutefois que pour le premier tour, les déclarations de candidatures sont déposables jusqu’au 26 févier 2026 à 18 heures, car les Commissions de propagande qui sont en charge de contrôler la conformité statuent à l’issue de la prise de candidature.
  • Dans le suivi de la chaine de traitement, le préfet peut inclure dans l’arrêté le ou les lieux de livraison.
  • Les sites Web se font parfois l’écho du lieu de livraison.

En tout état de cause, l’UNIIC a lancé avec le Ministère une initiative nationale pour faire remonter les éventuelles incohérences logistiques.

Le Ministère, que l’on peut remercier sur ce point, a pris l’engagement de diffuser des consignes aux préfectures. Au cours de mes multiples échanges, nous avons été amenés avec le Bureau des Elections à lever des incertitudes :

Le format des bulletins de vote : il est certes fixé par la partie réglementaire du code électoral, mais il était important de comprendre pour certaines communes que le format était à adapter en fonction du nombre de candidats au conseil municipal, mais aussi au conseil communautaire (l’imprimeur doit-il ou peut-il en effet intégrer les candidats municipaux et communautaires ?)

Nous avons réabordé les questions sur les mentions obligatoires ou à proscrire sous peine de nullité sur les bulletins de vote, les professions de foi, et les affiches.

Nous sommes disposés à lancer une foire aux questions/réponses si nécessaire, pour faciliter la vie des imprimeurs et des candidats (pas de logo Triman par exemple, pas de signature des bulletins de vote etc.)

Suivant les situations locales, nous sommes confrontés à des retards dans la composition des listes de candidats, ce qui oblige à une modification des professions de foi et donc du délai d’impression et des conséquences sur les livrables pour les Commissions de propagande.

Longue serait la liste des points clefs que votre organisation professionnelle a abordé et que le Ministère a traité ou traite.

Mais il nous faut aborder la question des tarifs de remboursement.

Comme vous en avez connaissance :

– La loi de finances a fait l’objet de recours devant le conseil constitutionnel.

– Cette loi amputée de quelques articles a été validée et est donc en voie d’être promulguée.

– Cette loi faisant l’objet d’une promulgation entraine la validation des engagements de dépenses dont le chapitre qui vous concerne.

L’arrêté de remboursement est en cours de signature et va pourvoir être publié puisqu’il est opposable dès sa publication.

– Nous sommes enfin dans la dernière ligne droite et l’UNIIC va le publier immédiatement, dès réception, y compris si l’arrêté était publié ce week-end.

– L’ensemble de ces échanges, même si nombre de questions restent à régler, sont à portées au crédit du rapport de confiance entre l’Etat et l’UNIIC, encore une fois en premier ligne pour faire entendre votre voix.

Rappelons enfin que si nécessité il y a de vous transmettre certaines réponses officielles sur des points juridiques et ou techniques, nous sommes à votre entière disposition.

A votre service,

Pascal Bovero – Délégué général de l’UNIIC

 

EDIT : Conformément à ce qui nous avait été annoncé, l’Arrêté fixant les tarifs maxima de remboursement des frais d’impression et d’affichage des documents électoraux a été publié au JORF ce samedi 21 février. Pour en prendre connaissance, cliquez ici.

INONDATIONS – L’UNIIC mobilisée pour vous accompagner

Plusieurs régions, qui sont autant de bassins graphiques, sont frappées depuis plusieurs semaines par des intempéries (pluies, vents, montée des eaux) menaçant des habitations mais aussi des sites industriels, des TPE de territoires notamment en Gironde, en Maine-et-Loire, en Grand Ouest etc.

Tout chef d’entreprise et donc tous les imprimeurs de proximité confrontés à ces sinistres, doivent savoir que, fidèle à sa mission, l’UNIIC est à leur cotés pour recenser leurs besoins immédiats, servir d’intermédiaires lorsque les assureurs tardent à prendre en compte la spécificité des dommages, contestent parfois l’évaluation de l’assiette de la perte d’exploitation etc.

Au-delà des dispositions spécifiques qui viennent d’être prises par l’Urssaf, qui a acté de la possibilité de reporter les échéances de cotisations, notre caisse professionnelle (Lourmel) est aussi a même d’apporter aide et assistance, en coordination avec l’UNIIC.

Au sein des régions particulièrement touchées, nos relais territoriaux ont vocation à nous faire remonter toute information utile pour recenser et qualifier les préjudices subis. Nous pouvons aussi, lorsque c’est nécessaire, vous accompagner sur les rapporta avec les Dreets sur la mise en œuvre de l’activité partielle.

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