Elections – La propagande électorale papier (encore) dans le collimateur ?
Une disposition intégrée au Projet de Loi de Finances (PLF) pourrait relancer le débat d’une « dématérialisation » du matériel électoral, sujet sur lequel l’UNIIC a déjà maintes fois pris position, au gré notamment d’échanges nourris et constructifs avec le Bureau des élections. Ladite disposition vise en effet à supprimer les envois de bulletins de vote (et seulement eux) à domicile pour les prochaines élections législatives, en 2027, si toutefois elles ont bien lieu. L’argument est ici purement budgétaire et ne s’appuie en rien sur des ambitions écoresponsables, lesquelles seraient de toute façon difficiles à défendre au regard des éléments scientifiques d’évaluation dont nous disposons sur ces questions (rappelons en effet que l’ADEME a été contrainte d’admettre que le mouvement en cours vers plus de numérique et moins de papier ne saurait être qualifié de « responsable », l’Etat ayant dû, pour cette raison notamment, renoncer à généraliser le dispositif Oui Pub).
Il est cependant à souligner que les économies visées ici apparaissent à ce point dérisoires qu’elles pourraient ne constituer qu’un premier pas vers une remise en cause plus générale de la propagande électorale imprimée. La menace a été explicitement formulée à plusieurs reprises par la Cour des comptes et à ce titre, l’UNIIC se doit de rester vigilante. Ainsi devons-nous rappeler que le matériel électoral papier, distribué en boites aux lettres, est à ce jour le meilleur garant d’un accès égalitaire à l’information démocratique.
Penser que la fracture numérique est derrière nous procèderait d’un terrible raccourci, auquel il faut ajouter une réalité plus technique : si certains peuvent être tentés de promouvoir le vote électronique (qui relève à ce stade du mirage technique), en réponse notamment à des taux d’abstention durablement élevés, les moyens à convoquer pour assurer à 50 millions de votants potentiels une plateforme à la fois robuste et imperméable aux risques de bugs et/ou de piratage, sont à ce jour hors de portée. Si tant est par ailleurs qu’il faille considérer qu’une réponse d’ordre purement formelle et technologique soit indiquée, au sujet d’une problématique plus profondément politique & démocratique.
Pour toutes ces raisons, et dès les prémices d’un mouvement en ce sens, l’UNIIC ne manquera pas d’éclairer à nouveau les pouvoirs publics sur les effets délétères d’une digitalisation démocratique.



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