Bon anniversaire Imprim’Vert !

Vingt ans d’existence, ça se fête, mais c’est aussi l’occasion de se retourner. A l’heure du bilan d’étape, une quarantaine d’initiateurs de la marque (référents, imprimeurs, représentants institutionnels…) ont évoqué à la fois des souvenirs – parfois cocasses – et les dynamiques qui ont permis l’éclosion d’Imprim’Vert, un label aujourd’hui devenu incontournable. Ils ne se sont pas soustraits non-plus à un travail de réflexion portant sur l’avenir, parce qu’un label n’est que rarement destiné à une maturité statique : il doit toujours s’adapter et progresser…

Tout le monde en convient, Imprim’Vert doit son existence à l’adjonction d’une suite d’initiatives et d’expérimentations convergentes, nées d’un constat commun : « En 1996, les imprimeurs rejettent encore leurs produits toxiques et dangereux dans les égouts » rappelle en effet Nicolas Hénault (Secrétaire Général de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de la Région Centre-Val-de-Loire), qui évoque là une réalité certes désormais lointaine et presque saugrenue aujourd’hui, mais ô combien représentative du chemin parcouru…. Une réalité qui a vu quelques imprimeurs volontaires et pionniers « tester » en région Centre une sorte de prototype de ce que deviendra Imprim’Vert, en se déployant ensuite à l’échelon national, puis européen. « En décembre 97, il y a eu une sorte d’alignement favorable des astres » confirme Benoît Moreau (Ecograf), qui rappelle « la création d’un service environnement au sein de la FICG (devenue l’UNIIC suite à la fusion avec le SICOGIF, ndlr) » ainsi que « l’édition des premiers écoguides dédiés à l’imprimerie ». De ces impulsions concomitantes naîtra officiellement en 1998 un label de prime abord local, avant d’assurer une couverture nationale et européenne (56 entreprises sont à ce jour labellisées en dehors du territoire français), qui témoigne à la fois de la proactivité du secteur sur le plan environnemental et de la solidité d’un cahier des charges constamment affiné. Porté aujourd’hui par 1852 entreprises labellisées et 167 référents en régions, Imprim’Vert affiche une indéniable stabilité, malgré une légère contraction directement corrélée à la santé-même du secteur… « Il y a une érosion globale du nombre d’entreprises ainsi qu’un phénomène de regroupements, qui s’est forcément répercuté sur le label : Imprim’Vert comptait 2274 labellisés en 2012 » concède Matthieu Prevost, animateur national de la marque et Responsable Environnement pour l’UNIIC, avant de tempérer : « Mais l’érosion en question a été proportionnellement moins forte chez nos labellisés », ce qui pourrait bien souligner que les structures les plus investies sur ces thématiques sont aussi souvent les moins fragiles…

Raphaëlle Lacroix (référente Imprim’Vert Provence-Alpes-Côte-d’Azur), Matthieu Prevost (Animateur national d’Imprim’Vert et Responsable Environnement pour l’UNIIC) et Franck Baudement (Responsable Développement durable chez la Chambre régionale des métiers et de l’artisanat Provence-Alpes-Côte d’Azur).

« Lorsque nous nous sommes attachés à sonder nos clients, le label Imprim’Vert s’est révélé être le plus connu et reconnu, et d’assez loin » affirme Abdellah Ben Hamou (Imprimerie l’Artésienne), qui voit moins l’obtention d’un tel label comme un aboutissement que comme une étape centrale et nécessaire vers un mieux qui dépasse aujourd’hui la stricte dimension environnementale. Les thématiques liées à la sécurité, à la prévention des maladies professionnelles et au bien-être au travail ont ainsi été évoquées comme d’incontournables préoccupations actuelles. Un « mieux » qui ne doit toutefois pas faire perdre de vue que les bases posées par Imprim’Vert ne sont pas définitivement et inconditionnellement acquises… « 153 entreprises ont été radiées en 2018, pour 82 entrantes. Nous avons encore des entreprises qui arrêtent ou au contraire décident de se lancer, avec des exigences liées au cahier des charges qui ne sont pas négociables. Ce n’est donc pas quelque chose de figé, et encore 20 ans après, il faut toujours y travailler » rappelle un Matthieu Prevost lucide, qui met l’accent – au titre des objectifs futurs de la marque – sur des axes de progression très technico-pratiques : parfaire le cahier des charges sur des points sensibles (gestion/stockage des déchets dangereux, non-utilisation des produits dits « CMR », c’est-à-dire cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques, sensibilisation environnementale interne et et externe et suivi énergétique), mais aussi faire évoluer la communication autour de la marque, optimiser les aspects organisationnels/événementiels, développer les partenariats etc. De quoi voir loin et imaginer – déjà – d’autres anniversaires…