Communiqué – Bonus-malus : de quoi parle-t-on ?

Le secteur de l’imprimerie et des industries graphiques s’est engagé depuis de longues années avec notre OPCA devenu OPCO, dans un ensemble de campagnes visant au renforcement de l’attractivité du secteur, qui vit des mutations technologiques impliquant plus que jamais un élargissement et une élévation des compétences, dans un contexte de transformation de nos supports.
Tant l’évolution des procédés, des process et des modèles économiques, que le renouvellement des compétences induit notamment par la pyramide des âges du secteur, ont conduit la profession à se doter d’outils de financement pérennes : des approches certifiantes (CQP) d’une part et des actions fondées sur le retour dynamique à l’emploi. Ce plan d’action coordonné, géré paritairement, rencontre un grand écho auprès des entreprises qui comptent plus que jamais des métiers en tension.

C’est dans ce contexte, alors que l’ensemble du secteur a fait le pari de la logique de la professionnalisation, que le gouvernement, sans consultation des branches concernées, annonce qu’un système de bonus-malus conçu pour « lutter contre la précarité » sera institué le 1er janvier 2020 pour les entreprises de 11 salariés et plus.
Raisonnant par amalgame de grandes filières économiques, l’Etat cible des secteurs dont l’imprimerie, qui structurellement recrute l’immense majorité de ses collaborateurs relevant des niveaux 5, 4 et 3 de la classification des emplois, sous la forme de CDI, et priorise en alternance ce type de contrat dès l’embauche, tant la fidélisation d’opérateurs de plus en plus autonomes et polycompétents dans leurs emplois est la priorité des entreprises du secteur.

Compte tenu de la portée de ces annonces qui peuvent nuire à l’image d’une branche qui a toujours fondé sa politique sur le couple professionnalisation/fidélisation, l’UNIIC a saisi dès hier matin (mercredi 19 juin) ses deux confédérations interprofessionnelles, le cabinet de Madame la ministre du travail, la présidente du groupe d’études parlementaire de la filière imprimée, en vue notamment d’une question écrite au gouvernement portant sur la prise en compte au plus vite des spécificités sectorielles attestées par les statistiques emplois/compétences.
Cette communication qui ne s’est pas encore traduite dans les textes nécessite une réaction collective pour éclairer les élus de la Nation et le pouvoir exécutif sur les paramètres de notre secteur qui nous distinguent de ceux qui sont cités dans le dossier de presse du Ministère.

De notre engagement collectif dépendra la prise en compte de la force de notre plaidoyer destiné à restaurer la réalité du terrain.

 

Pascal Bovéro, Délégué Général de l’UNIIC

Consulter le Dossier de Presse « bonus-malus » diffusé par le Gouvernement