Une politique salariale 2026 sous le signe de l’intelligence collective
La communication imprimée a connu ces dernières années une série de mutations affectant tous les modèles économiques des entreprises, toutes les tailles d’entreprises et tous les marchés.
Le retournement conjoncturel et l’attrition des marchés qui en résultent, notamment dus à un basculement progressif des dépenses des annonceurs vers les canaux digitaux, témoignent de cette recomposition qui affecte les volumétries adressées au secteur.
Toutes les études constatent que nous migrons vers une économie de courtes séries, phénomène accéléré par l’arrivée des systèmes d’impression numérique.
En outre, il nous faut prendre en compte que la pyramide des âges dans le secteur de la communication graphique fait apparaitre un âge moyen pour les hommes de 44 ans et de 43 ans et 8 mois pour les femmes.
Enfin près de 78 % du tissu est composé d’entreprises comptant moins de 10 salariés, ces données de cadrage devant être prises en compte dans toute nos négociations sociales.
Pour l’année 2026, les négociations de branche ont commencé le 16 décembre 2025 et se sont poursuivies jusqu’au Mercredi 21 janvier.
L’UNIIC qui préside et anime la commission paritaire, au vu du contexte économique récessif que doivent affronter les marchés graphiques, a présenté une proposition finalisée visant à revaloriser les minimas de branche de 0,9 % applicable au 1er avril contre 1,3 % en 2025 avec un taux d’inflation qui était sensiblement plus haut
La proposition portée par l’UNIIC avait donné lieu préalablement à une consultation de nos instances et de grands acteurs pour lesquels on sait que les Négociations Annuelles Obligatoires (NAO) d’entreprises et d’établissements sont essentielles.
Tous les négociateurs paritaires ont accepté la proposition de l’UNIIC qui pouvait apparaitre comme éloignée des revendications exprimées par les organisations syndicales qui ne niaient pas la réalité économique, mais avaient à cœur de valoriser les compétences, à l’heure où la question de l’attractivité du secteur se pose.
Apres de nombreux échanges francs et documentés, chacun a fait part de sa volonté de signer cet accord pour deux raisons essentielles :
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L’accord en cours de signature a intégré la nécessité de commencer une remise en cohérence du bas de la grille du 6B au VC ;
Ce correctif amorce une politique qui s’étendra sur plusieurs années pour éviter d’être sous la contrainte du smic et reconnaitre aussi que les espaces entre les groupes et échelons relevant des premiers niveaux doivent être repensés, sans que cela ne déséquilibre la grille.
La aussi, pour tenir compte des entreprises ayant une part de main d’œuvre conséquente relevant de ces niveaux, le correctif appliqué est modeste mais cette politique amorce une tendance qui sera sans doute relayée dans les entreprises en respectant les politiques salariales de chacun ;
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L’autre raison tient à l’attachement de tous les négociateurs patronaux et syndicaux à ne pas laisser l’année 2026 sans politique salariale de branche, qui ne vise que les minimas, mais offre un socle de référence aux entreprises.
Au vu de tous ces éléments, les deux collèges, sous l’impulsion de l’UNIIC, ont fait le pari d’une approche responsable destinée à défendre les emplois, les compétences et les entreprises.
Toutefois, chacun compte sur la valeur ajoutée qui sera celle des négociations d’entreprises, qui doivent avoir à cœur de valoriser les compétences, pour donner un signal fort portant sur notre attractivité collective.
Nous vous adresserons dans les jours à venir (la semaine du 26 février) le tableau des nouveaux minimas, sachant que cet accord sera déposé à l’extension, pour une application au 1er avril 2026.
Pascal Bovero, Délégué général de l’UNIIC



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