Derrière le redressement judiciaire chez Maury (site de Manchecourt), des enjeux collectifs

Le secteur des industries graphiques a connu et connaitra sans doute des turbulences qui reflètent aussi pour partie le décrochage général de notre économie, comme l’atteste les dernières prévisions de l’INSEE. Le secteur industriel qui est le nôtre sait, par gros temps, faire montre d’une capacité de résistance due à l’implication sans relâche de ses dirigeants et de son personnel.
La déclaration de cessation de paiement ou dépôt de bilan qui intervient dans des cas spécifiques répond en premier lieu à une obligation légale et en second lieu à une volonté de redresser l’entreprise, dans un contexte tendu en termes de trésorerie et d’activité. Il s’agit donc d’un acte de gestion responsable. L’unité de Manchecourt du groupe Maury Imprimeur et non “le groupe Maury” comme certains supports ont souhaité le relayer, a choisi cette voie pour faire face à la baisse drastique de volumétrie périodiques affectant notamment le secteur des hebdos.

La haute volumétrie en tirage signifie que ce segment d’activité repose essentiellement sur des technologies industrielles lourdes (rotatives et finitions industrielles) pour garantir aux éditeurs réactivité, vitesse, optimisation des coûts et une qualité qualité constante. Aussi, le dirigeant du groupe Maury Imprimeur a-t-il souhaité assurer la pérennité du site de Manchecourt en garantissant la continuité du service à ses clients, en se plaçant sous la protection du tribunal des affaires économiques, comme d’autres de ses confrères de taille moins conséquente.
Afin de dissiper tout malentendu, l’unité Roto France Impression à Lognes positionnée aussi sur le secteur des périodiques à haute valeur ajoutée a été placée en procédure de sauvegarde, ce qui signifie par nature qu’elle n’est nullement en cessation de paiement. Nous sommes conscients que cette restructuration de la branche appelle une consolidation et donc, a terme, une stratégie de regroupement devenu nécessaire, pour enrayer la dilution de valeur que rencontrent les acteurs industriels du secteur qui adressent ces marchés.
Dans ce contexte, l’UNIIC se tient plus que jamais aux cotés de ses adhérents qui travaillent à organiser ce sursaut collectif.

Pascal Bovero, Délégué général de l’UNIIC