Prix Littéraires, des imprimeurs à l’honneur

Sans prétendre à l’exhaustivité – à l’heure où nous écrivons ces quelques lignes, tous les prix n’ont pas encore été décernés – saluons le travail de l’Imprimerie Floch et Normandie Roto, pour leur implication respective dans la fabrication des titres déjà récompensés…

L’imprimerie Floch, une habituée de ce genre de sollicitations, est cette année encore plutôt gâtée :  Elle imprime les Prix Renaudot, Médicis, Fémina et Décembre, tandis que le prix Goncourt est imprimé au tiers par Floch (et au deux tiers par Normandie Roto, comme précisé ci-dessous). Pour Hubert Pédurand, son Président, ces succès sont un des signes de l’excellente santé de l’entreprise. « Nous nous remettons à embaucher parce que la demande est en progression. Nous nous félicitons de voir que nos prestations sont très appréciées des éditeurs et les Prix Littéraires n’en sont finalement qu’une illustration ». Il complète : « Il y a évidemment une part de chance. Floch est là pour rendre service à ses clients éditeurs, avec son savoir-faire, sa « signature », son historique et son aura. Après, dans le hasard de la production éditoriale, il peut y avoir des titres qui vont se retrouver sur les listes des prix littéraires ». Évoquant pour cette rentrée une fourchette large qui balaie entre 50 000 et 200 000 impressions liées aux prix littéraires – sans s’autoriser pour autant à nous en préciser le détail – Hubert Pédurand insiste sur cette fameuse signature Floch : « Un éditeur est capable de reconnaître un livre qui a été imprimé chez Floch, avant même de regarder l’achevé d’imprimé. Déjà parce que Floch utilise une technologie ROTOPAGE qui est unique en France. C’est une technologie flexographique mais il y a aussi des machines qui sont en anilox et qui ont été construites par Floch. Il en existe trois au monde et elles sont toutes les trois chez Floch, parce qu’à l’époque l’entreprise n’avait pas les moyens d’acheter une Cameron. Ils se sont donc mis à construire leur propre copie des Cameron qui sont aujourd’hui des prototypes » développe-t-il, précisant par ailleurs être passé, début 2018, à une capacité de 30 millions de livres par an, avec la mise en production récente de la troisième ROTOPAGE… « D’où la nécessité d’embaucher désormais », conclue-t-il alors.

L’imprimerie Normandie Roto ne tire rien de moins que le gros lot en imprimant aux deux tiers le prix le plus prestigieux – a minima le plus populaire – puisque c’est le Goncourt qui tombe dans leur escarcelle. Mais là encore, l’entreprise est une habituée : « C’est pour nous une opération prestigieuse et un véritable challenge industriel. En effet, livrer en quelques heures plusieurs dizaines de milliers d’exemplaires et passer la barre des 200 000 ex. en moins de trois jours requiert une grande maîtrise des outils de productions et des plannings. Dès l’annonce de la seconde sélection du Jury du Prix Goncourt, les équipes de Normandie Roto Impression coordonnent leurs actions avec les éditeurs en lice. Tout doit être prêt à démarrer dans l’heure qui suit l’annonce du lauréat : personnel/papier/machines/transports… Normandie Roto Impression imprime le Goncourt pour la quatrième année consécutive. Les équipes de Normandie Roto Impression ont acquis une expérience et une maîtrise incomparables pour la production de ces prix littéraires » nous explique Christophe Pillon, Directeur général de l’entreprise. Plus de détails à venir dans un article qui leur sera dédié, bientôt en ligne…

Et puisque ces victoires sont aussi les leurs, bravo aux imprimeurs (ceux deux-là, mais bien évidemment les autres aussi) qui participent à faire rayonner la littérature française partout dans le monde.

Liste des Prix Littéraires 2018

Le périple jaune

La délégation UNIIC est bien rentrée – au complet – de son « périple jaune », forte d’une volonté de mieux appréhender la culture graphique chinoise et son stade de développement technico-industriel. Entre visites professionnelles et balades plus ludiques, retour en images sur quelques jours qui mériteront un reportage plus approfondi dans les colonnes du prochain numéro d’Acteurs Graphiques… Lire la suite

Fabrègue : de la petite boutique au groupe industriel

Le Groupe Fabrègue, adhérent historique de l’UNIIC, c’est aujourd’hui 36 millions d’euros de chiffre d’affaires, réalisé à 70 % par Fabrègue Imprimeur et 30 % par Fabrègue Duo, lui-même doté de deux activités (50 % de négoce d’articles de bureau et 50 % d’impressions administratives pour les collectivités locales). C’est 300 collaborateurs sur un seul et unique site de production, à Saint-Yrieix-la-Perche (Haute Vienne). Mais au départ, ce n’était qu’une petite boutique de lithographie…  

D’une guerre à l’autre…

Le Groupe Fabrègue, par la voix d’Emmanuel Fabrègue, son actuel dirigeant (et, entre autres, membre du Bureau Exécutif de l’UNIIC), aime à rappeler quand et comment son Histoire a débuté : « Le premier imprimeur c’est mon arrière-grand-père, qui s’est installé en haute Corrèze à Bort-Les-Orgues en 1892. Il s’y est installé comme imprimeur lithographe parce qu’il avait fait les Beaux-Arts de Paris. Il gravait donc ses pierres, mais s’est vite aperçu que cette activité peinerait à le nourrir, donc il est vite devenu typographe, avant une histoire faite de bouleversements assez systématiques. Mon arrière-grand-père est mort très jeune, son fils – mon grand-père – n’avait alors que 14 ou 15 ans et on lui fait arrêter ses études pour reprendre la boutique. Etant né en 1894, comme beaucoup d’autres Français de l’époque, on lui a trouvé une autre vocation en 1914 et a été porté disparu. Sa mère, se retrouvant veuve et avec son fils porté disparu, a dès lors vendu la boutique, pour revenir dans sa famille natale en basse Corrèze. Mais 18 mois plus tard, son fil est retrouvé ! La boutique étant vendue, il s’installe à Saint-Yrieix-la-Perche (Haute Vienne), où nous sommes toujours aujourd’hui, uniquement parce qu’il s’est trouvé une petite imprimerie à vendre à ce moment-là, en 1919. C’est là qu’il donne le premier caractère industriel à l’entreprise, en développant des produits qui étaient très administratifs, majoritairement pour les collectivités locales. A la veille de la deuxième guerre mondiale, ils étaient passés de quatre salariés en 1920 à une cinquantaine. Une belle progression avec trois déménagements et la construction d’une nouvelle usine, mais arrive donc la guerre et l’histoire se renouvelle : l’activité tourne au ralenti puisque l’entreprise, qui avait une certaine croissance avec des salariés qui étaient jeunes, presque tous partis à la guerre, se retrouve en effectifs très réduits, avec toutes les complications que l’on peut imaginer en cette période-là. Le 6 juin 1945, à 50 ans, mon grand-père décède brutalement d’une attaque cardiaque. Là encore, l’histoire se répète : mon père avait 14 ans à l’époque. C’est ma grand-mère qui reprend alors ce qui reste de l’entreprise, pour laisser à mon père le temps de terminer ses études. Il part faire une formation en imprimerie à Paris et revient en 1952, date à laquelle il reprend l’entreprise, lui redonne de l’allant, toujours sur les métiers qui étaient ceux de son père et sur le marché de l’imprimé administratif. Nous resterons d’ailleurs spécialisés sur ce segment de marché jusqu’à la fin des années 80 ».

Une réorientation stratégique nécessaire

Un historique d’entreprise à la fois peu commun et caractéristique de l’importance particulière du legs familial dans les métiers de l’imprimerie, qui sont à la fois des métiers de passion et de transmission. « Je suis pour ma part rentré dans l’entreprise en 1983, mon frère en 1985, et notre père nous a posé une question : est-ce que vous considérez que les marchés qui sont les nôtres sont susceptibles de pérenniser l’entreprise ? Il faut bien se rendre compte qu’à cette époque-là, nous ne savions pas ce qu’était une quadrichromie : on ne faisait que des imprimés administratifs, avec des imprimés pour les collectivités locales (mairies, principalement), le recueil des lois et règlements de l’éducation nationale et les feuilles de sécurité sociale, qui ont été remplacées par la carte SESAM-Vitale. La réponse que nous avons donnée à notre père était donc clairement « Non »… Nous savions que si nous restions sur ces secteurs d’activité, grâce auxquels nous vivions pourtant très bien à l’époque, nous n’avions pas d’avenir. Et nous ne nous étions pas trompés : ces documents n’existent effectivement quasiment plus. Nous avons donc complètement changé la stratégie de l’entreprise, à 180 degrés. Nous sommes rentrés dans le monde la couleur, mais en prenant des places là où elles étaient encore disponibles : à la fin des années 80, la réorientation que nous estimions la plus porteuse, c’était dans le monde de la communication. En 1991, notre père a été emporté en trois mois par un cancer généralisé et nous nous sommes retrouvés, mon frère et moi, à la tête de l’entreprise sans en avoir la moindre action. Cette succession a été relativement douloureuse parce que, dans ces cas-là, l’Etat réclame son dû et il nous a fallu 10 ans pour nous en relever complètement ».

… Et des questionnements de plus en plus urgents

L’occasion de demander à Emmanuel Fabrègue si cette expérience, cette capacité à anticiper les mutations des marchés, elles-mêmes adossées à des pratiques changeantes, est comparable aux capacités d’adaptation dont il faut faire preuve aujourd’hui, le Web et la démocratisation des devices numériques et connectés ayant profondément modifié nos modes de communication« Non, les choses s’appréhendent aujourd’hui de façon totalement différente. On arrive peut-être au bout du bout en termes de volumétrie. Les papetiers nous disent par exemple que depuis le début de l’année, c’est près de 13 % des volumes qui ont disparu en Europe : 13 % pour la roto, 9 % pour la feuille. On continue pourtant à avoir des machines de plus en plus performantes. Si on regarde le temps de calage entre la première machine feuille quadri dans laquelle on a investi en 1990 et notre 8 couleurs LED-UV aujourd’hui, c’est faramineux. On produit donc de plus en plus vite, avec des volumes qui sont de moins en moins importants et nous sommes encore quand même beaucoup d’acteurs, avec des prix qui sont de plus en plus bas… »

Une lucidité qui lui vaut de penser que le secteur traverse aujourd’hui « une tempête qu’il faut affronter », selon ses propres mots. Car le pire serait certainement de subir, sans ouvrir les yeux sur les réelles opportunités qui se profilent peut-être… « Ce que l’on peut attendre du collectif, entre autres choses, tient à mon avis en la défense de l’ « Imprimez en France ». Les gens y sont de plus en plus sensibles, comme ils sont sensibles au bio. Les discours anti-papiers, qui étaient souvent portés par de grands groupes bancaires, de télécoms ou d’assurance, étaient plus liés au prix du timbre qu’à des arguments écologiques ou environnementaux. Une feuille A4 éditique, c’est 2 à 3 centimes, quand on paye 50 à 60 centimes de timbre… Inutile de chercher plus loin les vraies raisons de la diabolisation du papier. On n’entend plus vraiment le discours « On a coupé des forêts pour faire du papier », on a au contraire réussi à faire passer le message qu’entretenir les forêts, c’est les valoriser, c’est de l’élagage etc. Aujourd’hui, l’ennemi médiatique s’appelle le plastique. Nous sommes donc dans une période certainement moins défavorable qu’elle n’a pu l’être. Aujourd’hui, il faudrait peut-être poser cette simple question : qui va payer vos retraites demain ? Les Bulgares ou les imprimeurs français ? Donc je pense qu’il faudrait en effet beaucoup plus développer le made in France, le Print in France en l’occurrence. Les coûts de transport vont augmenter et relocaliser relève d’une démarche de bon sens, parce qu’on se dit, de plus en plus, qu’il est idiot d’aller faire ailleurs ce qu’on peut faire ici, à des coûts parfaitement raisonnables. A nous d’enfoncer le clou ! »

Emmanuel Fabrègue, qui intervenait ici durant le Congrès « L’Intelligence en Action » porté par l’UNIIC.

Circuits courts, relocalisation : un objectif commun ?

Un discours porté avec d’autant plus d’assurance que l’entreprise est profondément attachée à son ancrage local, en dépit des difficultés qui peuvent en résulter : « On est maintenant dans une grande région qui s’appelle la Nouvelle Aquitaine mais le Limousin était une toute petite région, assez « loin de tout  » Nous avons 4 ou 5 clients sur la région, mais ça ne pèse en tout et pour tout que 3 % de notre CA. Quand on est à Lyon, Lille, Paris, Toulouse ou Marseille, on a un vivier forcément beaucoup plus important. En contrepartie, nos racines sont ici. Mais je trouve un petit peu dommage que ce soit un tel handicap, contrairement à l’Allemagne par exemple où les infrastructures sont nettement mieux adaptées. Pour faire des petits volumes là où nous sommes placés, avec de l’impression numérique, les frais de livraison à Paris, par exemple, rendraient ça absolument inabordable : c’est un marché sur lequel on ne peut même pas aller » regrette-t-il, sans y voir pour autant une fatalité : « Je suis intimement convaincu qu’à terme, cela changera. La vraie question reste de savoir « quand ». Je participe régulièrement à des sessions de formations de l’APM (l’Association Progrès du Management, ndlr), en compagnie, notamment, d’autres imprimeurs. On se rencontre tous les mois autour de différents sujets et parmi les derniers intervenants, Philippe Dessertine (économiste et expert des questions financières, ndlr) estime que la relocalisation via les circuits courts est inévitable pour les années qui viennent. Les grandes – ou « trop grandes » – métropoles vont devenir trop difficiles d’accès et il sera de plus en plus difficile d’y vivre. Selon lui, les mouvements de décentralisation/relocalisation vers les régions feront donc partie de la 4ème Révolution Industrielle, parce que les aspirations des gens vont être différentes ». Une perspective qu’il admet certes être « incertaine » et en incapacité évidente de répondre à tout, mais qui constitue une piste de réflexion intéressante lorsqu’il s’agit de conduire ce délicat – mais perpétuel – exercice : penser et repenser la stratégie de son entreprise au gré de l’époque et des « tempêtes » qui lui font face. Un défi passionnant, débuté en 1892, et qui ne semble pas près de s’arrêter…

Vidéo – Première Presse nanographique Landa chez le Groupe Prenant

Parmi les moments forts du Congrès, l’annonce officielle de l’arrivée d’une Presse Landa S10P – la première en France – chez le Groupe Prenant (Diamant Graphic, site de Choisy-Le-Roi) a permis de poursuivre le fil thématique de la journée : comment la technologie et l’offre des différents fournisseurs pourront aider à recomposer un paysage industriel post 4.0 ?

Avec Philippe Vanheste (Groupe Prenant), Marc Schillemans (Vice-Président et Directeur Général Landa Digital Printing) et Jean-Baptiste Bardinet (Business Manager France Landa Digital Printing).

Groupe Prenant, la différence comme atout

Comme Laurent Prenant, Président du groupe éponyme, ne manque jamais de le rappeler : « Tout le monde peut proposer des prix bas dans un contexte d’absence de stratégie de développement de l’entreprise. Moins nombreux sont ceux qui risquent l’innovation, l’investissement et la différenciation technologique ». Plus qu’une formule, c’est là une vision d’entreprise que se sont appropriées toutes les forces vives d’un projet qui embarque aujourd’hui 700 collaborateurs sur 4 sites : Impression rotative, impression feuille, façonnage & routage, personnalisation, logistique, gestion de données et web-to-print, sont autant de solutions que le Groupe Prenant a su développer, tout particulièrement ces dix dernières années, alors que le groupe affiche près de 60 ans d’existence.

Porté par une forte stratégie de croissance externe, marquée notamment par le rachat ambitieux, en 2008, du site de l’Imprimerie Nationale basé à Choisy-Le-Roi (94), pour y établir Diamant Graphic, spécialisé dans « l’imprimé rare & précieux », ou encore l’acquisition de CFI Technologies (solutions de Data-management/Éditique/Routage) à Lisses dans le 91, le Groupe Prenant s’est attaché à construire une offre cohérente et complémentaire, en accord avec une philosophie qui refuse l’attentisme.

Petit tour du propriétaire en vidéo :

Note : Diam (ex-filiale de routage du groupe La Redoute) et Taylormail (ex-3 Suisses), sont devenues une seule et même entité : Kallisté, basée à Tourcoing (59).

Au lendemain de l’annonce de l’intégration d’une Presse Landa sur le site de Choisy-Le-Roi (une première en France), c’est cette même volonté, selon les termes de Philippe Vanheste (Directeur Marketing), de « transformer l’entreprise », qui voit le Groupe Prenant poursuivre une stratégie de renforcement/pérennisation par le haut. « Nous nous sommes beaucoup développés par de la croissance externe, mais aujourd’hui nous changeons de braquet : c’est l’innovation qui sera le moteur de la transformation digitale de l’entreprise » confirme-t-il, insistant également sur l’importance de conjuguer modernité et transmission. « Nous sommes engagés, sous l’impulsion de l’UNIIC, dans un plan de formation qui doit pouvoir être déclinable et partagé. L’idée, ce serait par exemple d’accueillir une classe pendant une année complète, directement au cœur d’une imprimerie et sans qu’il s’agisse d’alternance, pour reconnecter les jeunes générations à ces milieux qu’ils appréhendent souvent trop tard ».

Un volontarisme qui a mené le Groupe Prenant à la tête d’un CA de plus de 80 millions d’euros et qui les voit désormais probablement hantés par cette seule question : quel prochain défi relever ?

Première presse nanographique Landa en France !

Après l’imprimeur de packaging Edelmann Group en Allemagne, qui a été le premier site en Europe à accueillir une presse Landa S10 B1 et Route 1 Print (prononcer Route One Print), premier imprimeur britannique à installer une presse Landa S10P, c‘est le groupe Prenant, adhérent de l’UNIIC, qui ouvre le bal avec lui aussi une S10P.

Venez rencontrer en avant-première lors de notre Congrès Laurent Prenant et Philippe Vanheste : ils vous dévoileront les spécificités techniques de ce beau jouet ! Vous découvrirez également toute la gamme Landa et ses produits imprimés tout en échangeant avec le Vice-Président de Landa et son représentant pour la France. Et surtout vous pourrez rencontrer tous les autres constructeurs présents dont la fiabilité n’est plus à démontrer et qui n’ont pas dit leur dernier mot !

Quo Vadis réinvente ses agendas

Moins austère et plus personnalisable que jamais, l’agenda papier doit, selon Quo Vadis, miser sur ses atouts séduction. Une évidence, alors que les outils numériques – smartphones en tête – voient les applications destinées à gérer votre emploi du temps s’imposer chaque jour un peu plus, au détriment des formats papier d’antan… Mais ce ne sont justement pas ces agendas « d’un autre temps » que Quo Vadis met en avant, leur préférant des itérations résolument modernes, personnalisables et foncièrement attrayantes. Les influences sont revendiquées, à l’image des « bullet journals » popularisés sur Instagram, qui sont en vérité moins pratico-pratiques que véritablement charmants.

Destiné aux « esprits créatifs », l’agenda papier hérité du life journal soigne ses couvertures et vous laisse carte blanche…

« Le numérique est infaillible mais il n’apporte pas la dimension émotionnelle du papier » confirmait ainsi Jérôme Nusse (Président des éditions Quo Vadis, groupe Exacompta Clairefontaine) au journal « Les Echos » (voir l’article). Cependant consciente que le numérique grappille des parts de marché de façon continue, la marque se positionnera aussi sur ce segment, tout en gardant cette volonté de proposer quelque chose de plus esthétique et personnalisable qu’une application lambda. Parce qu’on ne renie jamais tout à fait ses racines papier, surtout lorsqu’elles nous ont inculqué la culture du Beau…

Droits voisins : une urgence pour la Presse

En pleine bataille législative pour la réforme européenne du droit d’auteur, nous avons tenu à partager la tribune « Droits voisins : une question de vie ou de mort » signée de Sammy Ketz, Directeur du bureau de l’AFP à Bagdad, Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre 2003, Prix Albert Londres 1988.

Entre autres passages particulièrement éclairants, ladite tribune rappelle que « les médias qui produisent les contenus et qui envoient leurs journalistes risquer leur vie pour assurer une information fiable, pluraliste et complète, pour un coût de plus en plus élevé, ne sont pas ceux qui en tirent les bénéfices. Ce sont des plateformes qui se servent sans payer ». Une situation d’autant plus folle que « Facebook a réalisé un bénéfice en 2017 de 16 milliards de dollars et Google de 12,7 milliards dollars », préemptant au passage une part de plus en plus gigantesque des revenus publicitaires, au détriment même des producteurs de contenus… N’oublions pas que ce sont sont encore majoritairement les journaux print qui produisent l’essentiel de l’information (même si le succès de Médiapart est une exception notable), supportant les coûts qu’un tel travail suppose. De fait, on ne sera pas surpris de lire le Canard Enchaîné « opiner du bec et applaudir des deux palmes » en évoquant la tribune en question en ses pages, soulignant que « l’onéreux lobbying de Google et Facebook a réussi à faire croire aux parlementaires européens que défendre la liberté de la Presse, c’était la fin de la gratuité sur Internet ». Un mensonge en forme de menace, dont on ne peut que souhaiter qu’il apparaisse pour ce qu’il est : un mensonge, précisément.

Voir la vidéo : Offensive de grands reporters européens contre les GAFA

Paragon serein face à la disparition annoncée du ticket de métro

Fort d’une offre à la fois complémentaire et variée (bulletins de jeux & loterie, documents sécurisés et/ou spécialisés dans les secteurs de la santé, de l’hôtellerie, de la finance, de l’automobile, des télécoms, de l’habitat social…), l’imprimeur Paragon semble paré à toutes les évolutions, y compris celles qui affectent jusqu’au cœur de son activité. Fabricant historique de tickets de métro – Paragon fabrique ceux du métro parisien depuis plus de 100 ans ! – l’entreprise doit en effet aujourd’hui faire face à l’émergence du titre de transport dématérialisé dit « sans contact ». L’idée consiste à remplacer les tickets à usage unique par des cartes rechargeables, voire par votre smartphone ou votre carte bancaire, pour de possibles paiements immédiats. Un programme voté par Ile-de-France Mobilités (IDFM), l’autorité organisatrice des transports, prévoit ainsi pour 2021 la disparition du ticket de métro traditionnel, au grand dam (notamment) des collectionneurs et autres nostalgiques. Déjà expérimentée localement, la mise en circulation effective des premières cartes rechargeables « sans contact » se fera courant 2019.

Autrefois poinçonnés en station, les tickets de métro parisiens ne seront magnétisés qu’à partir de 1969.

Comme le précise un article du Parisien, Paragon détient non moins de 70 % du marché mondial du ticket de transport, de Mexico à New York en passant par Le Caire, ce qui oblige bien évidemment l’entreprise à anticiper sa (quasi) disparition progressive, avec une sérénité qui force le respect :  « En avril dernier, trois de nos principaux clients, le Stif (NDLR : syndicat des transports d’Ile-de-France), le métro de New York et les trains anglais (National Express, NDLR) ont annoncé coup sur coup qu’ils abandonneraient d’ici quelques années le billet papier pour passer au sans contact » relève pourtant Bertrand Brault, directeurs des ventes et du marketing. La raison d’un tel flegme ? Paragon a eu le bon sens de se positionner lui-même sur la technologie « sans contact », précisant même que cette part de leur activité avait, en 2016, « déjà dépassé celle des billets magnétiques ».

Reste probablement maintenant à s’assurer que les évolutions à venir – coûteuses à mettre en place – assureront leur principale mission : simplifier la vie des usagers, faute de quoi, le ticket de métro traditionnel sera plus regretté que jamais…

 

Disparition de Pierre Zwiller

Président honoraire de la DIM AURA, Auvergne Rhône-Alpes (et anciennement Président du Groupement de l’Imprimerie et de la Communication Graphique de la Région Auvergne, GICGRA), mais également Pupille de la Nation, Chevalier de l’Ordre des Palmes Académiques, Juste parmi les Nations, et Éclaireur de France du Groupe Jacques Cartier (Paris), Pierre Zwiller est décédé à l’âge de 92 ans.

Fortement impliqué dans les questions de formation professionnelle au sein des industries graphiques, très engagé dans la vie syndicale et initiateur de divers événements culturels et promotionnels en région, Pierre Zwiller était animé d’une passion inaltérable pour les métiers de l’impression, dont il avait compris qu’ils devaient sans cesse anticiper leurs prochaines évolutions, pour faire prospérer un savoir-faire historique.

Nous perdons une figure forte des Industries Graphiques, mais également un homme dont la bonté et le courage ont déjà fait l’objet d’hommages et de reconnaissances mérités. Le 10 décembre 2007, au lycée professionnel Vercingétorix de Romagnat (63) était notamment remise la médaille des Justes parmi les Nations décernée par Yad Vashem à Pierre Zwiller et Georgette Zwiller, sa mère honorée à titre posthume, pour avoir sauvé des juifs durant les heures sombres de l’occupation. Alors qu’une rue porte leur nom à Cournon d’Auvergne, près de Clermont-Ferrand, rappelons-nous l’engagement sans faille d’un homme inspirant, qui aura jusqu’au bout tenu à porter nos métiers dans ce qu’ils ont de meilleur.

Nos condoléances vont bien évidemment à sa famille, ses proches, amis et nombreux (ex) collaborateurs.