“Uniicare, ce n’est pas simplement assurer la maintenance des machines, c’est accompagner la productivité des entreprises”
Destiné aux imprimeurs et façonniers, le dispositif collectif Uniicare s‘attache à assurer une maintenance sur des matériels souvent hors garantie, dans un contexte où les pannes coûtent très cher. Pierre après pierre et suite à une phase pilote qui aura confirmé des fragilités structurelles récurrentes, le projet entend permettre davantage que le bon fonctionnement des machines : il s’agit d’accompagner la productivité des entreprises, sur la base de diagnostics qui couvrent tout une batterie de besoins complémentaires : réparation, fourniture de pièces détachées, manutention/transport, formation des équipes, estimation de la valeur des équipements etc.
“L’objectif : mettre à disposition un réseau géolocalisé, pour intervenir dans les entreprises sur des matériels défaillants et/ou faire de la maintenance préventive.”
Au gré d’un diagnostic initial qui a confirmé un besoin chronique d’aide à la maintenance des matériels graphiques, l’UNIIC s’est entourée de la société Coci, spécialiste de l’achat/revente d’équipements de seconde main pour les imprimeurs & façonniers, pour constituer une équipe d’intervention et proposer des solutions de proximité. L’objectif : mettre à disposition un réseau géolocalisé, pour intervenir dans les entreprises sur des matériels défaillants et/ou faire de la maintenance préventive. Sur des machines qui n‘étaient effectivement plus couvertes par des contrats de maintenance fournisseurs, il a été constaté une forme de débrouille consistant à solliciter des opérateurs diversement compétents en interne, des mécaniciens non spécialisés ou encore des retraités appelés à la rescousse. « Ça ne pouvait pas durer » souffle Hubert Pédurand, pilote de l’opération pour l’UNIIC, qui ne manque pas de rappeler que « de pareilles fragilités structurelles pèsent évidemment sur les comptes de l’entreprise ».
En finir avec le coup de la panne ?
« Les entreprises qui adhèrent à Uniicare vont décrire des pannes et/ou exprimer des besoins. Dès lors, avec Coci, il s’agira d’identifier les techniciens de proximité en capacité d’intervenir, en fonction de leurs compétences. Parce que selon qu’on aura besoin d’une intervention sur une solution de mouillage, sur la mécanique d’une presse ou sur du matériel de découpe, il faudra mobiliser les personnes compétentes. Le but, c’est donc d’avoir une vaste cartographie d’entreprises adhérentes et d’y greffer au plus proche, comme sur Google Map, des gens capables d’intervenir au plus vite et au meilleur coût » nous explique Hubert Pédurand. Autrement dit, le réseau Uniicare vise à fonctionner comme une application qui mettrait en relation un besoin (une panne, typiquement), avec sa solution la plus proche. L’outil Uniicare, à l’image des écosystèmes numériques en ligne dont il s’inspire, aura ainsi vocation à gagner en pertinence à mesure que ses bases de données s’étofferont, ce qui en fait en soi une arme collective : car il s’agit bel et bien de pérenniser à terme des infrastructures métier à l’échelon national, en répondant au cas par cas à des demandes spécifiques, en mobilisant des énergies locales. Le maillage est en cours (quatre régions test ont été choisies pour un premier déploiement : Grand Est, Pays de la Loire, Bourgogne–Franche-Comté et Rhône-Alpes) et à de nombreux égards, il est prometteur.

L’UNIIC s’est entourée de la société Coci, spécialiste de l’achat/revente d’équipements de seconde main pour les imprimeurs & façonniers, pour constituer une équipe d’intervention et proposer des solutions de proximité.
“Uniicare est un dispositif collectif, dont la granularité grandissante fera la force.”
Prévenir, optimiser & guérir
A date, Uniicare peut intervenir sur des presses offset feuille, des rotatives et des équipements de finition. Et il s’y emploie avec l’idée de grandir vite… « L’industrie graphique fait aujourd’hui face à une équation inédite : des outils de production qui se renouvellent de moins en moins, des coûts en hausse et une pression constante sur les marges. Dans ce contexte, la compétitivité ne repose plus uniquement sur l’investissement, mais sur la capacité à tirer le maximum de valeur des outils existants. C’est précisément dans cette logique que s’inscrit le programme Uniicare, qui change aujourd’hui d’échelle avec l’intégration de 34 nouveaux sites et la structuration d’un parc de plus de 700 machines référencées » détaille Hubert Pédurand. Un travail qui a déjà permis de documenter l’âge des équipements concernés, différents types de pannes et/ou de dysfonctionnements identifiés sur ces matériels et la fréquence des interventions. Autant de données précieuses auxquelles les entreprises qui adhèrent à Uniicare ont accès, de manière à bénéficier d’une vue d’ensemble de leur parc, en temps réel et de façon dynamique. « A terme, l’UNIIC veut constituer une giga-base de données avec 300 entreprises partenaires. Et nous voulons aller plus loin que ce que nous avons aujourd’hui dans des ERP. Uniicare, ce n’est pas simplement assurer la maintenance des machines, c’est accompagner la productivité des entreprises. Cela concerne tant l’organisation des flux de production qu’un soutien ponctuel en cas d’absence ou de maladie » poursuit Hubert Pédurand, qui souligne par ailleurs que « des constructeurs ont dit être intéressés pour intégrer Uniicare, ce qui pourrait nous permettre demain d’inclure dans le scope aussi des machines sous garantie. Car les fournisseurs eux-mêmes sont parfois démunis en termes de techniciens disponibles et c’est là qu’un outil mutualisé et centralisé aurait du sens ». En cela, il faut le redire : Uniicare est un dispositif collectif, dont la granularité grandissante fera la force.
“Remise à niveau des équipements vieillissants, réduction des arrêts non planifiés, amélioration des cadences réelles, diminution des rebuts. Dans un environnement où les volumes baissent, chaque point de rendement récupéré devient de la marge brute supplémentaire.” (Hubert Pédurand – Pilote de projet)
De l’ambition à revendre
S’il y a une appétence d’ores et déjà mesurable pour le programme Uniicare, c’est probablement parce que la question technique sous-tend en réalité bien d’autres leviers de redressement majeurs. « Il y a d’abord ce que j’appelle le FER (Facteur d’Efficacité de Rendement), qui devient le premier levier de compétitivité : remise à niveau des équipements vieillissants, réduction des arrêts non planifiés, amélioration des cadences réelles, diminution des rebuts. Dans un environnement où les volumes baissent, chaque point de rendement récupéré devient de la marge brute supplémentaire. L’entretien n’est plus un coût : c’est un investissement immédiat dans la performance » illustre Hubert Pédurand, qui ne s’arrête pas là. « Le deuxième enjeu est humain. La filière souffre d’un déficit d’attractivité, directement lié à une érosion des salaires et à une perte de reconnaissance des savoir-faire. Uniicare agit sur ce levier en structurant la transmission des compétences avec l’aide des programmes de formation sur site pilotés par les équipes de Richard Navez à l’IDICG, accompagnant la montée en expertise des équipes, redonnant de la valeur aux métiers techniques. Car la réalité est claire : sans compétence, pas de performance » ajoute-t-il. De la même manière, un matériel rutilant ne fait pas tout : « Une machine performante dans un flux désorganisé reste inefficace. Uniicare vise donc à réduire les temps morts, optimiser les enchaînements de production, mieux synchroniser les ateliers et sécuriser les approvisionnements. Il s’agit de réaligner l’ensemble de la chaîne de production » conclue-t-il, dans ce qui dessine une trajectoire à la fois technique, opérationnelle et stratégique d’ampleur collective, par le biais d’interventions au cas par cas, sur le terrain. Le début du chemin est plein de promesses et gageons que cette opération ne manquera pas de refaire parler d’elle très vite.
UNIICARE recherche en permanence des techniciens de maintenance, des entreprises spécialisées, des indépendants ou auto-entrepreneurs sur l’ensemble du territoire, afin de constituer un maillage national dense et de réduire significativement les coûts intermédiaires (déplacements, logistique, frais annexes, etc.).
Les candidatures peuvent être adressées au directeur du programme UNIICARE : hubert.pedurand@uniic.org.




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