Relieur à l’honneur – Brochage 3000

Cette semaine notre rubrique « imprimeur à l’honneur » est consacrée à BROCHAGE 3000.

Et s’appelle d’ailleurs pour l’occasion « Relieur à l’honneur ». Vous vous dîtes qu’il était opportun de changer le nom de cette rubrique ? C’est évident ! Et pourtant conserver « imprimeur à l’honneur » n’aurait pas été une totale usurpation… D’abord parce que l’entreprise a été fondée en 1979 par un imprimeur de métier passé par l’Imprimerie Nationale et la SIRC. Monsieur Verwicht s’installe en Mayenne et crée Brochage 3000 avec une activité centrée dès le départ sur le façonnage à destination – justement – des imprimeurs. Il vendra en 2004 suite à son départ en retraite. Ensuite, parce que l’impression, si elle n’est pas le métier de Brochage 3000, en est le cœur des préoccupations. Les imprimeurs sont et restent les clients de BROCHAGE 3000, qui pense son activité et ses services en fonction d’une logique de chaîne graphique interdépendante. Livres, catalogues, agendas, blocs notes : le façonnage clos le process.

Nous aurions également pu titrer « Industriel à l’honneur », Brochage 3000 aurait été loin, là encore, d’usurper ce titre. Nombre d’imprimeurs ont intégré le façonnage ces dernières années. Etienne Chartier qui dirige la société nous le confirme : « nous avons de moins en moins de clients car ils s’intègrent les opérations de façonnage » mais pour autant « l’activité ne faiblit pas et nous ne cessons de nous développer, nous avons d’ailleurs d’importants investissements en cours pour l’assemblage et l’automatisation ». En 2017, B3000 rachète FBM et fusionne les deux entités. Sur deux sites aujourd’hui, l’entreprise rassemble 60 collaborateurs. « Nous proposons toujours plus de réactivité et des solutions élargies. Nous fonctionnons en 3 équipes sur un site et en 2 équipes sur l’autre, pour pouvoir anticiper et répondre au mieux aux délais. » Le service logistique, le dispatching font également partie de la mission du façonnier. Une logique belle et bien industrielle qui permet de répondre à une culture de l’immédiateté.

Brochage 3000 est engagé dans le collectif, dans la filière. « Nous continuons de penser qu’un partenariat avec un bon façonnier est moins risqué, moins onéreux qu’une intégration et amène de la richesse à l’ensemble de la filière et de la valeur aux produits. » Une réflexion qui nous a intéressés car la concentration que connait notre secteur – avec, en conséquence, une perte de savoir-faire indéniable – a certes permis de proposer des volumes importants de produits standardisés à plus faible coût, mais a aussi généré une perte d’agilité. Une agilité que les imprimeurs, les créatifs-prescripteurs et les donneurs d’ordre viennent chercher chez Brochage 3000. Les clients cherchent de l’originalité, de la personnalité et se tournent vers un savoir-faire distinctif. « Nous proposons de nouveaux produits avec les œillets élastiques, nous pouvons réaliser des blocs style carnet de chantier. Et, les choix de papier évoluent : grammage, grain, texture, les papiers à travailler sont de plus en plus variés et donc plus complexes à travailler. » La société met en avant un savoir-faire complémentaire. Une réponse de filière intelligente qui fait de Brochage 3000 assurément une entreprise à mettre à l’honneur.

Hunkeler Innovationdays – L’automatisation sur toute la ligne ?

Logiquement positionné sur les marchés historiques ciblés par Hunkeler – ceux du livre et du marketing direct – l’événement quasi-éponyme « Hunkeler Innovationdays » voyait son édition 2019 portée par un mot fort : l’automatisation. Si le concept n’a bien sûr rien de neuf en soi, il traduit bien l’autoroute vers laquelle les technologies liées au print, en particulier numériques, continuent de se ruer…

La ville de Lucerne accueille les Hunkeler Innovationdays tous les deux ans. (© Jean-Marc Lebreton)

La baseline de l’événement ne trompait pas : « Automation with success ». Ainsi comprend-on vite qu’au centre d’exposition de Lucerne (Suisse), « innovation » rimera plus que jamais avec « automatisation », avec un focus tout particulier et attendu sur les procédés de finition, qui méritent effectivement que l’on se penche sur eux…

Le finishing 4.0 ?

Sur trois machines différentes (Primera, Presto II Digital et Sigmaline II), les démonstrations effectuées par Müller Martini sur son site dédié à Zofingen, ont permis de mettre en évidence les capacités de variabilité et d’automatisation des matériels de la marque.

Philippe Michelon (Directeur commercial France – Müller Martini) ne s’en cache pas : il n’est qu’à moitié à l’aise avec l’expression de « finishing 4.0 », trouvant la formule surutilisée et donc partiellement usée. Pourtant, c’est bien à ladite expression qu’il aura recours pour présenter la philosophie qui préside aujourd’hui la stratégie de la marque : « Développer la notion de variabilité dans l’univers de la finition et du post-presse, c’est la grosse révolution de nos métiers » assure-t-il en effet à une assemblée d’adhérents de l’UNIIC, au cours d’une visite – en marge du salon – du centre de démonstration de Zofingen en Suisse, qu’il qualifie également de « lieu de test et formation ». Or, que définit le mot-valise « Finishing 4.0 », sinon la capacité d’ouvrir tous les pans de la finition à la variabilité : nombre de pages, format, découpes, massicotage etc. ?
« Lors des Hunkeler Innovationdays, nous allons mettre le focus sur notre segment digital et sur la technologie qui nous permet de connecter nos différents systèmes avec un langage unique et centralisé » précise-t-il. Un discours parfaitement dans l’air du temps et qui semble notamment trouver écho chez des acteurs au profil bien particulier… « Avec des machines telles que Vareo (une brocheuse dite « flexible » pensée pour les courts tirages, présentée pour la première fois aux Hunkeler Innovationsdays en 2015, ndlr) et InfiniTrim (un massicot trilame capable de traiter en flux tendu plus de 15 produits différents en couverture souple et rigide, ndlr), nous voyons arriver de nouveaux clients qui sont des sociétés très orientées sur le traitement fin de la data : Amazon, Datev (société coopérative enregistrée qui fournit principalement des services d’informations techniques pour les impôts, les comptables et les avocats, ndlr), KNV (un des principaux grossistes de livre allemand, ndlr) ou encore Books on Demand (BOD) ». De quoi souligner qu’avec l’avènement progressif des courtes séries et la volonté affichée de minimiser les stocks, la fabrication du produit imprimé – jusqu’aux procédés de finition – n’échoit plus exclusivement aux seuls industriels historiques du secteur graphique, ces derniers voyant émerger de plus en plus d’acteurs qui ont décidé de devenir leur propre imprimeur. Voire ont décidé d’étendre leurs services à certains types d’impression, à l’image de ce que propose déjà Amazon en Print On Demand pour l’autoédition… Un phénomène encore balbutiant, mais qui rappelle la nécessité, sur certains segments où les shorts runs personnalisés sont en passe de devenir la norme, de savoir marketer aujourd’hui une offre à la fois réactive et sur-mesure.

Centraliser pour mieux automatiser

Évidemment mobilisé par l’événement qui porte son nom et donc délesté d’une partie de son matériel, Hunkeler ouvrait tout de même les portes de son site Suisse de Wikon à la délégation UNIIC (une petite trentaine de participants). L’occasion de se retourner sur l’histoire et l’expertise d’une marque bientôt centenaire. (© Jean-Marc Lebreton)

De son côté, Hunkeler n’avait pas sous-titré l’événement dont il est l’hôte au hasard… « Sur notre matériel de génération 6, commercialisé depuis dix ans, nous utilisions une technologie analogique. Parmi les inconvénients que cela soulevait, il fallait procéder à beaucoup de réglages et il fallait en moyenne vingt minutes pour caler une ligne de production » admet sans résistance Mickaël Hiblot (France Sales Manager – Hunkeler), face à la délégation UNIIC, sur le stand du constructeur.
« Aujourd’hui, nous avons un seul cerveau pour toutes les lignes/machines/réglages, le but étant que tous nos équipements se connectent en amont avec tout type de machine d’impression », évoquant donc là une « génération 8 totalement automatisée », démonstration à l‘appui. Décrit comme une « nouveauté phare » de la marque, le module Laser HL8 illustre bien, selon Mickaël Hiblot, la philosophie que Hunkeler tenait cette année à exposer : « Dans le domaine de la perforation, on joue ici sur la puissance du laser pour venir traverser ou simplement graver la page, selon ce qu’on souhaite obtenir. L’idée est de n’imposer aucune limite de personnalisation et de variabilité : chaque page peut être unique ». Un message martelé comme un mantra, à l’heure où ce n’est plus tant la mécanique des machines qui recueille encore l’essentiel des efforts de développement, que l’emprise grandissante de la dimension « software » dans les process d’impression/finition. C’est notamment de cette façon que les systèmes de contrôle, désormais centralisés, ont également pris la tangente de l’automatisation : « Nos machines disposent toutes d’une table de maintenance qui vous avertit des opérations à prévoir. On n’attend plus les pannes, on les anticipe et tout est pensé pour que les machines soient arrêtées le moins possible » certifie-t-il, avant de présenter un service connexe d’inspection Web, le but étant cette fois de détecter les éventuels défauts de production en temps réel. Et Mickaël Hiblot de finir – non sans malice – sur cette assertion conclusive : « En matière d’automatisation, les lignes de finition sont prêtes »

Bienvenue aux Hunkeler Innovationdays 2019. (© Jean-Marc Lebreton)

Dépasser le discours performatif

Une fois n’est pas coutume, faisons les choses sciemment à l’envers pour revenir, en amont de la chaîne, aux solutions d’impression exposées durant l’événement, puisque Ricoh, HP, Canon, Xerox ou encore Screen étaient bien sûr également présents. Sans réelle innovation disruptive, la plupart voulait toutefois témoigner des progrès établis concernant la productivité de leurs machines, tant en termes de vitesse de production que d’éligibilité des substrats. « Avec le modèle Ricoh VC70000, capable d’imprimer à 150 m/min, nous avons doublé les vitesses » se félicite notamment Steve Levy (Key Account Manager Industrial Printing – Inkjet Technology), ajoutant aux mérites de la machine la souplesse de « pouvoir imprimer sur du papier couché ou non-couché, juste en changeant de bobine ». Si, de son propre aveu, c’est d’ailleurs « lorsque les constructeurs sont arrivés avec des technologies numériques bobine que les rotativistes ont commencé à les écouter », des axes d’amélioration demeurent, lui qui estime notamment que « nous allons encore trois à quatre fois moins vite en finition qu’en impression »… Mais sans s’en tenir à des arguments strictement performatifs, Steve Levy laisse surtout explicitement entendre combien « le nerf de la guerre, en impression numérique, concerne la consommation d’encre »… Ainsi s’attache-t-il à présenter une technologie d’encrage intégrée à la machine, capable dit-il « de différencier trois tailles de gouttelettes », pour les déposer sélectivement « au plus juste de ce que réclame la définition de l’image ». A défaut de pouvoir encore juger sur pièce de l’efficience d’un tel procédé, notons ici que les obstacles expliquant certainement encore pourquoi seuls 5 % environ des volumes imprimés sont aujourd’hui issus du numérique (la difficulté de préserver sur ces derniers des marges suffisantes étant manifestement bloquante), semblent de fait entendus par les fournisseurs de matériel, qui travaillent aussi à réduire/optimiser les coûts engagés. S’il est aujourd’hui clair que l’automatisation des process d’impression et de finition doivent effectivement viser une minimisation des coûts liés aux consommables, c’est (hélas) d’abord sur la main d’œuvre nécessaire que des économies semblent pouvoir être dégagées dans l’immédiat, tant les matériels sont aujourd’hui pensés pour fonctionner presque seuls. Or, si le combat du print pour passer d’une ère de production massifiée et indifférenciée à une ère de volumes optimisés et personnalisés nécessite effectivement une mue technique, reste encore à en tirer des modèles économiques plus clairs. Peut-être est-ce là d’ailleurs un des défis qui pourra (devra ?) animer la Drupa 2020, à un peu plus d’un an de la prochaine édition : dépasser les discours technico-performatifs pour y associer des modèles économiques et industriels pérennes. De sorte que le basculement technologique vers l’impression numérique promis et prophétisé par tant prenne enfin un tour concret, au-delà de quelques niches et cas d’étude singuliers…

Le salon a été l’occasion de présenter en exclusivités quelques nouveautés, dont le modèle Ricoh VC70000 (toutefois annoncé dès juin 2018), solution jet d’encre capable d’imprimer à 150 m/min sur des supports papier non couchés, couchés offset, ou traités jet d’encre.

 

La délégation UNIIC (pas tout à fait) au complet, devant le stand Hunkeler avec deux générations d’Hunkeler : Franz le patriarche et Michel la relève… . (© Guillaume Prudent – Caractère)

Quand la dématérialisation exclut

De l’inégalité à l’exclusion, il n’y a qu’un pas…

… Une réalité que Jacques Toubon, Défenseur des droits, n’a pas hésité à dénoncer, redoutant au sein d’un rapport dédié « un recul inédit de ce qu’est le service public en France », sous l’effet notamment de la dématérialisation des démarches et accès associés.

Il est à noter que la fracture n’est pas tant technique – malgré la persistance de zones grises ou blanches, pannes et autres anomalies – que sociale et culturelle, puisque si 500 000 Français sont en effet concrètement « non-couverts » (0,7 % de la population), 19 % des n’ont de toute façon pas d’ordinateur à domicile et 27 % pas de smartphone. Un constat qu’il faut corréler à d’autres déficits d’équipements parfois quasi-nécessaires (un scanner, voire – ironie du sort – une imprimante domestique) et qui touchent souvent une frange importante de la population (un tiers !) estimant ne pas être compétente pour manipuler les outils numériques.
De fait, la première recommandation du Défenseur des droits sonne comme une évidence : « Qu’aucune démarche administrative ne soit accessible uniquement par voie dématérialisée ».

Lire l’article complet sur Libération

Consulter le rapport complet

 

Presse numérique – en voiture ?

« On a tenté d’imaginer la voiture du futur : électrique, connectée et autonome » expliquait Sophie Dumas (Directrice des Projets transverses auprès de la Présidence du Groupe Renault) durant la dernière édition de Presse au Futur, avant d’en venir au fait : « 74 % des Français vont travailler en voiture et les temps de trajet urbains ont tendance à augmenter du fait des embouteillages. C’est un temps qu’il va falloir meubler ». Meubler comment ? Avec une offre Presse digitalisée, à la fois audio et écran, pour des contenus hyper personnalisés déployés pendant que l’automobiliste ne sera plus tenu de conduire. Engagé maintenant depuis plus d’un an avec le Groupe Challenges pour décliner un service Presse vendue telle « une option » avec ses futures voitures, Renault pourrait ainsi offrir demain un levier de fidélisation inattendu, via des abonnements numériques d’un genre nouveau… Quoique « demain » ne soit plus très loin : les premières voitures autonomes sur le marché sont attendues pour 2019. De là à penser que toutes proposeront des bouquets Presse divers et variés pour « meubler » (aussi glaçant soit le terme employé) le temps de voyages, il n’y a qu’un pas que certains ont déjà franchi, avant probablement que d’autres ne le leur emboîtent…

Nous ne saurions pour notre part que trop vous conseiller d’avoir de temps en temps sur vous quelques journaux ou magazines papier, il vous sera toujours possible de les lire dans les transports, ou même partout ailleurs, sans nécessairement en passer par les suggestions d’une IA plus ou moins bien renseignée sur vous…

Gutenberg One, bras armé de l’impression sur le lieu de vente

C’est à l’occasion du salon Créativ’Book qu’a été annoncé en avant-première, le 27 novembre dernier, le projet « Gutenberg One ». Evolution assez radicale du Fablab Ireneo, Gutenberg One s’est dévoilé par petites touches, avant une présentation officielle plus détaillée très prochainement… 

« Nous avons éduqué un bras autonome. Cet outil sera demain une extension mobile de l’imprimeur » explique avec passion et émotion Hubert Pédurand, à la fois imprimeur (Laballery, Floch, La Source d’Or) et fondateur de Néomédias, impliqué de longue date dans un travail de rematérialisation du livre, au plus près du lecteur : en librairie bien sûr, mais également dans tous ses possibles lieux de transit, de la bibliothèque à la gare/aéroport. L’objectif : faire que les titres indisponibles – souvent des titres dits « de longue traîne » en rupture de stock – puissent être imprimés sous les yeux du client, sans qu’il lui soit fatalement signifié un délai de réapprovisionnement et/ou de livraison. Un pari fou – aller plus vite qu’Amazon – toutefois complètement dans l’air du temps et qui n’empiète pas sur d’autres défis, plus industriels, liés au développement des courts tirages et de l’impression à la demande.

Ici à l’état de prototype (et donc largement susceptible de différer de la version retenue en magasins), le robot Gutenberg One, offrira toutefois une « gestuelle théâtrale de la fabrication du livre », promet Hubert Pédurand.

Moins décrit en effet comme un outil de pure production que comme un outil d’animation, le robot Gutenberg One promet quand même un réel gain de productivité et de qualité, en comparaison de ce qu’était capable de fournir l’Espresso Book Machine, importée des USA pour le Fablab Ireneo. « Nous nous posions une question simple : comment transposer dans une extension robotique ce qui se passe habituellement dans un atelier ? Avec un encombrement de 2,4 m² au sol, nous voulons proposer une bibliothèque de l’infini, via un robot qui va fabriquer le livre dans une gestuelle très théâtrale » développe Hubert Pédurand, précisant que la machine sera cette fois de fabrication 100 % française.

Autre réorientation stratégique majeure : « Il s’agira d’abord d’une application nommée Gutenberg & co » révèle Hubert de Malherbe (designer à la tête de l’agence Malherbe), évoquant « une plateforme très light permettant d’élaborer son menu pour n’imprimer que ce qui est souhaité. Mais l’idée est celle-ci : surfer, puis imprimer ». Un univers qui prend ensuite évidemment vie dans des concept-store scénarisés, sortes de cafés littéraires pensés autour de la machine-robot. Il devrait ainsi s’en créer 222 en France, dans le sillage du Plan Cœur de Ville, visant à redynamiser les centre-villes des moyennes et petites agglomérations, par la volonté d’appuyer les commerces de proximité. Le projet ambitionne même de s’exporter là où le livre et la francophonie suscitent une demande encore difficilement satisfaite : en Afrique (à ce jour faiblement pourvue en bibliothèques), dans le monde Arabo-musulman ou encore dans l’arc caribéen… Un projet à suivre et d’ores et déjà annoncé pour le Salon du Livre, stand H102, à quelques encablures d’un certain Amazon…

Arrêter la surconsommation numérique ?

Il nous est parfois objecté que la dématérialisation des contenus, ainsi devenus des « flux numériques » dans un « monde numérique », serait le « sens de l’Histoire » et qu’il serait donc vain de s’y opposer. Il n’a pourtant jamais été question de nier l’évidence en ces termes, ni même d’extraire les métiers de l’impression d’une (r)évolution numérique qui n’a de toute façon épargné personne, souvent aussi pour le meilleur. En revanche, de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer une réalité qui commence (enfin) à faire son chemin : le caractère énergivore des consommations dites « numériques » et/ou « connectées » a pris des proportions telles, qu’une des urgences pour rester dans les clous des recommandations du GIEC, consiste bel et bien à endiguer une hausse des impacts numériques galopante et, en l’état, hors de contrôle… « Le numérique consomme aujourd’hui une proportion significative de l’énergie mondiale, environ 5 %, mais le plus préoccupant, c’est le taux de croissance de cette consommation, qui est de presque 10 % par an. C’est énorme. Cela signifie que ça double tous les 7 ou 8 ans, tout ceci à un moment où le monde doit s’engager dans la transition environnementale » souligne Hugues Ferreboeuf, chef de projet du think tank The Shift Project qui vient de publier un rapport sur l’impact environnemental du numérique.

A ce rythme, nous apprend-on, le numérique pèsera jusqu’à 8 % des émissions mondiales de GES dès 2025. Soit autant que l’ensemble du parc automobile.

Un constat qui n’est certes déjà plus neuf, mais qui donne lieu à des débats passionnants : écoutez le tout récent podcast de l’émission « Consommation numérique : la fabrique à CO2(.0) » sur France Culture, qui laisse des pistes concrètes pour s’engager sur ce que les experts interrogés appellent « la sobriété numérique », en opposition à une situation actuelle de « surconsommation numérique »… Une sobriété qui, n’en doutons pas un instant, ne dépareillerait en rien avec la juste réhabilitation des contenus physiques et (notamment) imprimés. Comme un juste retour de balancier…

Source complémentaire : Quand la transition numérique entrave la transition énergétique ou comment l’époque subit un paradoxe politique profond.

Vidéo – L’intelligence artificielle peut-elle bouleverser les industries graphiques ?

 

Alors que l’Intelligence Artificielle semble vouloir changer l’organisation des entreprises à coup d’algorithmes, une table ronde a permis de démystifier un sujet qui semble si complexe parfois qu’il en donne le vertige.

Et à la question de savoir comment l’IA peut être d’ores et déjà intégrée à l’entreprise, sans être du ressort exclusif des plus grosses structures, Frédéric Fabi (Dupliprint) échangeait notamment avec Landry Maillet (ABCM, une société d’usinage). Loin de considérer ce genre de projets comme inaccessibles, ce dernier s’amusera même de préciser que « ces technologies sont en réalité hyper simples, c’est nous qui sommes complexes ». De quoi rappeler que le premier moteur d’une IA pertinente relève d’idées bel et bien humaines.

Une table-ronde avec Tahar Melliti, Délégué Général de l’Alliance Industrie du Futur, Landry Maillet, Président d’ABCM et Frédéric Fabi, Président de Dupliprint.

TABLE RONDE PARTIE 1 :

TABLE RONDE PARTIE 2 :

 

Bienvenue aux batteries en papier

Quand algues et cellulose se rencontrent, elles donnent naissance à des batteries… en papier

L’entreprise suédoise BillerudKorsnäs est l’un des principaux fabricants de papiers d’emballage : papier kraft, carton, carton d’emballage pour liquide, cannelures, doubles cannelures jusqu’à la fourniture de pâte, avec ses 8 sites de production en Suède, en Finlande et au Royaume-Uni, rien ne lui échappe.

Ses chercheurs ont effectué des recherches fondamentales sur la cellulose pure à partir d’algues qu’ils ont réussi à utiliser dans leur process de fabrication traditionnel. En collaboration avec l’Université d’Uppsala ils créent des batteries à la fois peu coûteuses et respectueuses de l’environnement. Avec la batterie en papier voici venir les emballages à la fois intelligents et durables.

Les petites piles en papier munies de capteurs permettront de suivre les emballages tout au long de son cycle de vie. Les exemples sont légions : un emballage qui mesure la température ou la position en temps réel et fournit des informations sur la vie du produit pendant le transport. Où un produit a-t-il disparu de son emballage dans la chaîne de transport ? L’emballage muni d’un capteur fourni la réponse. Imaginer les futures fonctionnalités est certainement la dépense d’énergie la plus importante ici.

« Avec des électrodes à base de cellulose de fibre de bois la batterie en papier est un élément clé du puzzle dans les efforts visant à produire des emballages intelligents qui nécessitent de petites sources d’énergie durables. Stocker de l’énergie dans le papier plutôt que dans des batteries au lithium, par exemple, permet d’utiliser des batteries biosourcées faisant partie d’un système circulaire, ce qui présente des avantages majeurs en termes de durabilité », explique Magnus Wikström, directeur technique chez BillerudKorsnäs.

 

COMMENT CA MARCHE ?

  • une couche extrêmement fine de polypyrrole, de 50 nanomètres d’épaisseur, est appliqué individuellement sur chaque fibre de cellulose.

  • la cellulose est réalisée à partir d’une algue verte et est très poreuse. Deux couches composent les deux électrodes, plaquées sur du papier imbibée de chlorure de sodium, jouant le rôle de l’électrolyte.

  • La charge électrique obtenue est de 600 milli-ampères (mA) par centimètre carré ce qui les rends commercialement intéressantes pour des vêtements et des emballages mais aussi en très grand format pour des batterie de très grandes tailles qui pourraient à faible coût fournir une puissance électrique importante.

UNIIC’COLOR

Alors que de nombreux imprimeurs européens travaillent conformément aux normes de qualification du processus de travail et de la qualité du produit fini, la France est à la traîne… Et notamment en matière de standardisation colorimétrique.

C’est pourquoi l’UNIIC propose sa solution collective baptisée UNIIC’COLOR : un accompagnement professionnel, une prise en charge à 70 % et un reste à charge minimum doivent permettre aux imprimeurs français de rejoindre le peloton de tête des imprimeurs européens en matière de colorimétrie.

Pour être éligible à notre offre vous devez être une TPE ou une PME et être à jour de vos contributions au Fonds de Développement. Et si vous êtes adhèrent de l’UNIIC vous bénéficiez d’une remise spéciale.
Le but d’UNIIC’COLOR est de vous accompagner dans votre démarche de standardisation colorimétrique en 3 étapes :

• établir un diagnostic après audit ;
• permettre la mise en place d’une standardisation conforme à la norme ISO 12647-2 (pour le procédé offset) ;
• faire attester de sa validité auprès des organismes certificateurs si l’entreprise souhaite relever de la certification.

Nous avons choisi une équipe pilotée par le Meilleur Ouvrier de France “Technicien de plateforme prépresse” 2015, doublé d’un expert certifié UGRA qui accompagne les entreprises pour l’obtention de la certification PSO, en la personne de Christophe Villar, Directeur de Projet chez Graphic Audit Consulting.

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Papier-carton au contact des aliments : c’est possible !

Les papiers & cartons sont largement utilisés dans la composition de matériaux et objets destinés à entrer au contact des denrées alimentaires. La mise sur le marché de ces derniers impose aux industriels de répondre à diverses exigences réglementaires.

Le CTP organise le 31 mai 2018 à Grenoble, une « journée technique » (dont voici le programme détaillé) pour vous apporter des réponses aux questions suivantes :

  • Quelles sont les exigences et obligations pour les industriels et comment y répondre ?
  • Quels sont les sujets d’actualité ?
  • Quelles innovations du CTP pour vos produits de demain ?

Imprimeurs, papetiers, transformateurs, fournisseurs de produits et d’équipements, personnel de R&D ou production, sont invités à venir échanger avec les experts et intervenants du CTP, découvrir les laboratoires, les travaux de R&D et partager leurs expériences.

Conférences avec traduction simultanée Français et Anglais

Pour confirmer votre participation, retournez le bulletin ci-joint avant le 29 janvier pour profiter du tarif réduit (vous avez jusqu’au 28 février si vous êtes adhèrent de l’UNIIC) à l’attention de Malou.Caillat@webCTP.com

Ligne Directe : +33 (0) 4 76 15 40 69 / www.webCTP.com