Intrusivité numérique, un nouveau palier ?

Alors que le Conseil de Paris vient de voter le retour – après un an de retrait – des panneaux publicitaires dans la capitale (1 630 panneaux confiés à Clear Channel pour des « informations sur l’actualité culturelle, sportive et associative, ainsi que des communications citoyennes, solidaires et municipales auprès des Parisiens »), occasionnant déjà des discussions tendues sur la pertinence de réinjecter (ou non) de la publicité dans le paysage citadin, le débat pourrait s’étendre au-delà de ce strict aspect pour évoquer, dans le cas des écrans publicitaires numériques… La collecte de données.

L’obsession de la mesure d’audience

S’il est une donnée que s’arrachent les professionnels du marketing et de la publicité, c’est bien celle de la mesure d’audience. Les médias connectés, forts d’une capacité à comptabiliser les visites et les clics, n’ont à ce titre pas manqué d’avancer cet imparable argument pour attirer à eux les budgets des annonceurs, avec la promesse de retours statistiques plus complets et précis que jamais. Si certains écueils n’ont pas tardé à être massivement observés – robots-cliqueurs, explosion des adblocks, errances de la publicité programmatique capable d’envoyer certaines annonces sur des sites empilant les fake news etc. – un nouveau cas avéré d’intrusivité numérique vient ajouter une ligne supplémentaire à la liste déjà relativement fournie des motifs de défiance vis-à-vis du monde digital. Il s’agit de capteurs d’audience équipant discrètement certains écrans publicitaires digitaux, capables de récoler les adresses MAC (Media Access Control) de vos smartphones, à condition que ceux-ci aient leur Wifi activé. C’est la régie publicitaire de la RATP (Metrobus) qui s’est autorisée cette « expérience » de façon aléatoire dans les couloirs du métro, veillant tout de même à crypter les informations récoltées pour les anonymiser et rester dans un usage légal. L’objectif est simple : estimer un taux d’exposition (combien de personnes pourront voir ces publicités ?) et un taux de conversion (combien s’y arrêteront ?).

Peu visible sur la tranche de l’écran, il est indiqué que « Ce mobilier est équipé d’une mesure anonyme de l’audience opérée par Retency pour le compte de Metrobus » avant d’indiquer – en plus petit encore – l’adresse Web permettant de se désengager de « l’expérience »… Vous avez dit intrusivité ? [Source]

Souriez, vous êtes tracké

Pour s’en libérer, il faut faire valoir son droit d’opposition sur la page Retency dédiée, ou à défaut, désactiver le Wifi et le Bluetooth de votre téléphone, via une manipulation moins évidente qu’il n’y paraît : il faut en général s’aventurer loin dans les paramètres système, sans se contenter de cliquer sur des icônes de déconnexion. Notons toutefois que la collecte se fait ici sans aucun engagement préalable, l’usager des transports ignorant effectivement totalement qu’il peut être identifié, puis comptabilisé, en tant que cible publicitaire. Et comment le pourrait-il – sauf à tomber sur ce genre d’article – puisque si les stratégies de tracking sont désormais connues et indiquées dès lors que vous naviguez sur le Web (le RGPD, entre autres, est passé par là), les importer dans le domaine de la publicité physique, sans consultation forcément proactive de contenus, est une grande (et triste ?) première.
Mais au-delà du caractère à première vue légal du procédé, c’est plus encore la volatilité de l’écosystème dit « phygital » qui pose question. Car il semble encore difficile de garantir que lesdites données seront suffisamment sécurisées par leur détenteur, même de bonne foi, avant d’être croisées par de bien-nommés « agrégateurs de données » capables de qualifier la data pour déterminer des profils ô combien rentables. De quoi interroger la pertinence d’une « expérience » dont les cobayes s’ignorent…

Source : Le Figaro

Le prospectus reste dans le vert

Alors que l’enseigne Monoprix s’est fendue d’une communication contestable (et contestée, notamment par nos amis de Culture Papier) pour expliquer sa décision de stopper la distribution de prospectus papier, la tentation serait grande d’y voir l’amorce d’un déclin plus global du marché, comme si la chose relevait d’un phénomène plus englobant de suppression/dématérialisation progressive et inéluctable des imprimés publicitaires non-adressés.
Or, certainement faut-il d’emblée rappeler que ce ne sont absolument pas les tendances décrites par les dernières études menées sur le sujet, notamment celle éditée (et récemment réactualisée) par l’ADEME sur les flux de produits graphiques en France. On y apprend en effet que « les volumes d’imprimés sans adresse distribués ont augmenté de 4,4 % en 2017, confirmant la hausse de 3,3% observée l’année précédente. Cette progression continue résulte de l’intensification de la guerre commerciale entre des enseignes de plus en plus puissantes et concentrées ».
S’il est toujours périlleux de se projeter trop loin dans des calculs prospectifs de long terme, l’étude estime que « compte tenu de la résistance du média au travers des années de crise, malgré le développement de la publicité numérique », le taux de croissance retenu pour les 5 ans à venir demeure « proche de zéro, en progrès par rapport à celui l’an passé qui était voisin de – 1 % par an ».

De fait, Les Echos faisaient récemment état de la résistance du prospectus face à la vague digitale, nombre de grandes enseignes y voyant en effet toujours un outil indispensable pour générer chez elles du trafic, et donc a fortiori du chiffre d’affaires. Certainement faut-il aussi par conséquent s’interroger sur le positionnement stratégique relativement spécifique des magasins Monoprix, quasi-exclusivement implantés en centre-ville et donc moins dépendants de relais de communication plus adaptés aux commerces ruraux et/ou installés en petites/moyennes villes.

De quoi tempérer en tout cas les commentaires les moins prudents sur l’avenir du prospectus, le média se portant encore trop bien pour être enterré sans sommation…

Droit voisin : première victoire pour les éditeurs de presse

Avec 438 votes pour, 226 contre et 39 abstentions, la directive sur le droit d’auteur adoptée aujourd’hui par le Parlement Européen marque une étape cruciale dans la lutte opposant (entre autres) les éditeurs de Presse et les GAFA. Ces derniers, Google et Facebook en tête, se voyaient en effet notamment reprocher de préempter une part gargantuesque des revenus publicitaires en ne faisant guère que classer/relayer des contenus d’information pourtant produits par d’autres, à leurs charges. Une intense bataille de lobbying s’est alors engagée, opposant les géants du Net et les partisans d’un « Internet Libre » d’une part, aux éditeurs de Presse et acteurs culturels d’autre part. C’est aujourd’hui en faveur des seconds que penche la balance législative européenne, puisque l’adoption d’un droit voisin obligera les GAFA à reverser à celles et ceux dont ils utilisent et/ou remanient les contenus, une redevance aux propriétés encore floues (il appartiendra semble-t-il aux Etats membres d’en définir les modalités exactes), mais qui devrait être l’équivalent de la SACEM pour les contenus musicaux. C’est du moins le chemin vers lequel nous nous dirigeons à ce jour, même si un nouveau texte, dans sa version définitive, sera une nouvelle fois soumis au vote après examens et négociations auprès du Conseil Européen et en Commission Européenne, avant d’être transposé en droit national. De quoi supposer que la lutte pourra encore durer une année pleine, à minima…

Il n’empêche, voilà pour la première fois une directive qui offre aux producteurs de contenus – des médias print, souvent – une base juridique solide pour défendre leurs intérêts. Et plus encore : une Presse indépendante de qualité…

Quand le Stop Pub prône la dématérialisation…

Combien de temps les « stop-pubeurs » pourront-ils encore nier l’évidence et aller à contre-courant…?

Pas longtemps si l’on en croit les résultats de l’étude indépendante réalisée par IPSOS, laquelle bat en brèche quelques idées reçues. Nous vous invitons d’ailleurs à en utiliser les arguments pour promouvoir les avantages de l’imprimé face à la mauvaise foi de cette nouvelle version d’«étiquette à boites à lettres». 

Journaux et radios opposés à une dérégulation de la pub télé

Selon Stratégie News : « Les fédérations professionnelles de la presse écrite (SPQN, FPPR, UPREG, FNPS, SEPM), le pôle radio du groupe Lagardère (Virgin Radio, Europe 1 et RFM), le syndicat des radios indépendantes (Sirti) et l’Union de la publicité extérieure se sont opposées catégoriquement jeudi 2 novembre à tout nouvel assouplissement des règles encadrant la publicité TV, qui font l’objet d’une consultation lancée par le gouvernement. Ces organisations arguent que « tout nouvel assouplissement » ne ferait, comme les précédents (tels que l’ouverture progressive de la publicité pour la distribution et le cinéma, de 2003 à 2007), qu’opérer un « transfert massif » des recettes publicitaires des médias traditionnels vers les chaînes de télévision, sans faire croître globalement le marché publicitaire français ». Elles emboîtent ainsi le pas à l’UNIIC qui, le 26 octobre dernier, vous annonçait avoir interpellé les pouvoirs publics à ce sujet. À suivre toujours…

La télévision à l’assaut du prospectus ?

Pendant que nous mettons tout en œuvre pour redonner à l’imprimé ses lettres de noblesse et démontrer l’efficacité du media papier (cf. l’étude « Zéro papier, mythes et réalités ») la bataille continue…

L’UNIIC reste à l’affût et a mis la main sur une consultation dite « publique » que vous pouvez consulter ici et qui vise à recueillir l’avis « des acteurs concernés » sur un projet pudiquement appelé « Simplification des règles relatives à la publicité télévisée »

La modification des décrets concernés aurait, entre autres effets, d’autoriser les écrans publicitaires promotionnels de la grande  distribution à la télévision : en clair, dans l’espace de cerveau disponible qu’il vous reste, vous pourrez caser les dernières promotions pour les petits pois, lessives, rillettes ou encore pour la Foire aux vins ou les jouets de Noël proposés par votre grande surface préférée.

Vous imaginez sans peine les conséquences pour les ISA tels que dépliants, catalogues, flyers, tracts, prospectus

C’est pourquoi l’UNIIC vient de demander au législateur la mise en place d’une véritable étude d’impact.

En effet le secteur des imprimés publicitaires est déterminant dans la structuration des marchés graphiques puisque, malgré l’importance des surcoûts liés notamment aux hausses papetières mais aussi aux problématiques environnementales avec leurs traductions financières (éco-contribution…), ce champ d’activité représente encore plus de 30% de notre volume d’activité.

C’est au nom de son efficacité, prouvée dans le parcours d’achat du consommateur mais aussi de la chaîne de valeur que représente cette filière, que l’UNIIC a  immédiatement attiré l’attention des pouvoirs publics sur l’impact des projets visant à réformer le décret publicité, ouvrant ainsi à la publicité télévisuelle promotionnelle segmentée et géo localisée les secteurs qui en étaient jusqu’alors interdits.

Les réflexions de la DGMIC (Direction Générale des Médias et des Industries Culturelles) dans un secteur aussi sensible impliquent, si elles devaient se traduire par une modification du décret, une étude d’impact au périmètre large à un moment où Presse départementale et Presse régionale s’interrogent, tout comme les imprimeries de labeur, sur leurs modèles économiques.

Si les médias TV généralistes ne sont pas adaptés à la publicité promotionnelle, l’impact que pourraient avoir les campagnes sur des chaines régionales ou thématiques serait à rapporter aux optimisations budgétaires qui dictent les choix des annonceurs. À suivre…

L’union fait la force…

Un an après avoir consacré son édito à la Frenchprint et à l’UNIIC, l’Usine Nouvelle réitère en célébrant les noces du papier et de l’électronique chez Culture Papier.

Une prise de conscience bienvenue et une reconnaissance qui va droit au cœur des professionnels mais aussi des bénévoles qui œuvrent pour faire passer nos messages auprès des entreprises, des donneurs d’ordres, du gouvernement, des administrations et du grand public.

Dématérialisation des factures : Le ridicule ne tue pas

Si vous avez sacrifié aux recommandations d’EDF, vous êtes passé à côté de cette preuve de bon sens de notre distributeur d’énergie préféré :

Au recto de l’enveloppe (pour celles et ceux qui ont encore la chance de la recevoir) le laconique message : Stop au papier !

Et au verso de la même enveloppe les avantages (supposés) de la facture électronique parmi lesquels: imprimez vos factures à tout moment !!

Tout cela serait risible si ce n’était pas triste et surtout si cela ne démontrait pas une nouvelle fois que les coûts d’impression sont allègrement reportés vers les utilisateurs finaux que nous sommes tous sans pour autant en retrouver le bénéfice dans les frais fixes d’abonnement et bien sûr sans aucun gain environnemental.

« Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage » comme on dit chez Culture Papier

 

Naissance d’IC Le Mag

Pour son premier numéro, IC Le Mag, décrit par 656 Editions comme « le premier magazine traitant des innovations entièrement et exclusivement dédié aux prescripteurs (agence de communication, designers, agenceurs, décorateurs, architectes…) et aux donneurs d’ordres (directions marketing, marques, enseignes ou collectivités locales) » autour d’une « segmentation en trois temps » (personnalisation d’un espace, personnalisation d’un message ou personnalisation d’un produit), a bénéficié du soutien de Jacques Séguéla, qui signe un édito plein d’optimisme.

Un hommage au papier que nous avons décidé de vous reproduire in extenso ci-dessous :

Fils de Gutenberg, pas morts !

Je suis un homme de papier, je dois ma vie professionnelle à la presse. France Soir m’a appris le poids des mots, Paris Match le choc des photos et le respect de nos racines.  Que serait le monde des médias sans l’écriture et sa sœur, l’imprimerie ?
Aussi, comment ne pas vibrer à la naissance d’un nouveau magazine et plus encore lorsqu’il se fait le chantre de ma passion, la « com’ ». Bienvenue à toi IC Le Mag, qui ose braver l’Anschluss digital. Défenseur de toutes les impressions, de tous les formats, de tous les supports, tu donnes à l’imprimerie, devenue « print », ses ailes du désir. Plus que jamais, il le mérite. En épousant le digital, il lui apporte son complément, l’arrêt sur image dans ce flot ininterrompu d’informations qui s’enfuit et ne revient jamais.
Mieux encore, le print innove avec cette double spécificité que tu défends dans tes pages : le grand passage du mass média à la communication personnelle et, dans le même temps, du mono média au 360°.
Plus que jamais, la « com’ » est un tout, la « com’ » est partout. D’aucuns prédisent la mort du papier, quelle ineptie ! Il est partie constituante et incontournable de la modernisation de notre métier.
Certes, le Net est la plus belle idée depuis l’invention de la « com’ ». Il sauvera le monde, mais à la condition expresse de ne pas enterrer le papier. La radio n’a pas tué l’affiche, ni la télé la radio, ni le Net la télé. Pas plus qu’il ne tuera les magazines et d’abord les magazines spécialisés. Gutenberg est l’ancêtre de Steve Jobs, de Mark Zuckerberg, de Larry Page et des autres. La plus belle façon de le rappeler est de sublimer le papier.
IC Le Mag, tu es notre gilet de sauvetage dans les flots déchaînés du tsunami de messages qui nous submerge. A ton tour, cultive à ta manière le choc de l’innovation et le poids du courage. Longue vie à toi, qui ose « mettre le feu » au papier glacé, à l’heure où les courtes vues veulent le brûler.

Création d’un fonds de dotation

Créé en mars 2015 par l’Agefpi, association chargée de promouvoir Grenoble INP-Pagora et la Cellulose, le Fonds de dotation a pour but de lui apporter de nouvelles ressources afin de renforcer son soutien aux formations dispensées par l’école d’ingénieurs dans les domaines suivants :

  • Communication imprimée
  • Biomatériaux et biocomposites
  • Impression et emballages fonctionnels
  • Electronique imprimée
  • Emballage
  • Papiers et cartons
  • Valorisation de la biomasse végétale

Coordonnées :

Fonds de dotation Agefpi
461 rue de la Papeterie
CS 10065
38402 Saint martin d’Hères Cedex
Tél. : +33 4 76 82 69 41
fonds-dotation@pagora.grenoble-inp.fr 

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