Fabrice Bak – “Les troubles cognitifs se sont accentués dans la société”

Cet article est paru dans Acteurs de la Filière Graphique n°150 (juin 2025)

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Fabrice Bak est psychologue cognitiviste, spécialiste reconnu des questions liées à la structuration des acquis chez l’enfant. Notamment intervenu au sein du documentaire « Une fibre vous parle » (cf. Acteurs de la Filière Graphique n°149), il a accepté de nous répondre pour entrer dans le détail sur les raisons d’un retard acté de maturation cognitive chez l’enfant, mais aussi d’une forme inquiétante de perte d’empathie. Et si l’hégémonie numérique concourait à déstructurer l’individu, jusqu’à semer un relatif vent de panique ?

“On voit maintenant arriver au collège des élèves qui savent à peine lire. Au point qu’aujourd’hui, il n’y a plus du tout de corrélation entre les déficiences observées et le niveau scolaire atteint.”

Vous avez fondé, en 1994, un cabinet de consultations en psychologie cognitive appliquée spécialisé dans les troubles des acquisitions scolaires chez l’enfant et l’adolescent. Est-ce que vous pouvez nous expliquer de quoi il s’agit et quels étaient les enjeux à l’époque ?

Il y a différentes étapes que l’enfant/adolescent va traverser pour construire son organisation logique, cognitive et affective. Il va mettre différents outils en place pour s’adapter à l’univers scolaire et avancer dans l’apprentissage, jusqu’à devenir un adulte capable de s’intégrer dans la société et construire le monde de demain. Les problématiques qui avaient été identifiées à l’époque ont procédé du fait qu’on ne savait pas pourquoi certains enfants, qui ne présentaient pourtant pas de signe apparent de dyslexie, de dysorthographie ou de trouble de l’attention, ne parvenaient pas à apprendre. Normalement, un enfant de six à sept ans doit être en capacité de mettre en place ce qui s’appelle la réversibilité mentale. C’est-à-dire que si on lui présente deux boules de pâte à modeler identiques, que l’on en émiette une pour la présenter sous une forme plus éparpillée, il doit être capable de dire qu’il y a la même quantité qu’au départ et il doit pouvoir argumenter en ayant l’idée de la reconstituer dans sa forme initiale. A l’école, c’est ce qui va connecter tous les systèmes inverses : addition/soustraction, multiplication/division etc. Or, à l’époque, on s’est rendu compte que certains enfants ne mettaient pas en place ces opérations, pour s’enfermer dans un mode de pensée figuratif, c’est-à-dire passant essentiellement par la perception. Un enfant de cet âge doit par ailleurs commencer à mettre en place des modes d’organisation, d’anticipation, de classification etc. Sans cela, on s’expose à des difficultés scolaires. Si cet état de figurativité est tout à fait normal entre 3 et 5 ans, nous cherchions à comprendre pourquoi cela perdurait chez certains enfants. Et ce n’est pas comme si la pensée elle-même était bloquée, simplement elle continuait de se développer sur des modalités figuratives inappropriées. Nous étions donc à ce moment-là dans les années 90 et nous avons proposé ce que nous appelons des processus de remédiation cognitive pour remettre en place les opérations mentales qui faisaient défaut. Mais trente ans plus tard, on s’aperçoit que les troubles cognitifs se sont accentués dans la société. On voit maintenant arriver au collège des élèves qui savent à peine lire. Au point qu’aujourd’hui, il n’y a plus du tout de corrélation entre le niveau d’efficience observé et le niveau scolaire atteint. C’est gravissime parce que cela touche absolument toutes les couches de la société.

On constate aujourd’hui une inquiétude grandissante quant aux conséquences d’une surexposition aux écrans chez les plus jeunes. Pourtant, les écrans ne sont pas nés il y a quinze ans et sont bien antérieurs aux alertes aujourd’hui portées par certains professionnels… De votre point de vue et au regard de votre expérience professionnelle, qu’est-ce qui a pu changer et comment l’expliquez-vous ?

On s’est rendu compte que les enfants étaient de plus en plus sollicités dans les sphères perceptives et de moins en moins dans les sphères opératoires liées à la compréhension. Face à ces constats, Georges Charpak a par exemple initié la fondation ‘La main à la pâte’ pour expliquer des principes de physique appliquée à des enfants de primaire et dans les années 90 nous avons fait des bilans auprès d’enfants de CP et de CE1 : lorsqu’on leur demandait de représenter des poissons, certains d’entre eux dessinaient des carrés. Ça, ce sont les premières conséquences de ce que l’on pourrait appeler « la télé nounou ». Puis sont apparus les jeux vidéo qui ont la particularité de ne pas exiger d’explications en amont : on ne lit pas de règles ou de mode d’emploi, on apprend en faisant. Or, l’école ne fonctionne pas comme ça. Et là encore, on observe une décorrélation entre les sollicitations pédagogiques proposées aux enfants et ce qu’ils sont en mesure de produire. D’ailleurs, on a revu à la hausse les âges à partir desquels certaines aptitudes de pensée et de raisonnement devraient être acquises parce que de fait, on a observé un décalage de la maturation cognitive. Les enfants ne sont pourtant pas plus bêtes, pas du tout, mais ladite structuration s’opère différemment.

“On commence à distinguer à la fois les failles de structuration, mais aussi une forte instabilité émotionnelle. Nous avons aujourd’hui des gens qui ne sont plus en capacité de raisonner sur leurs émotions.”

Ce que vous évoquez ici relève-t-il du consensus scientifique ou y’a-t-il encore des thèses contradictoires ?

Sur la réalité d’un décalage de la maturation cognitive, c’est effectivement scientifiquement admis et établi. Pour ce qui concerne l’origine du phénomène, il y a en revanche débat : certains mettent en avant des facteurs socio-économiques, la famille, d’autres mettent en avant des facteurs purement pédagogiques ou insistent sur les écrans etc. En l’occurrence, je ne pense pas qu’il y ait un facteur explicatif spécifique, mais un cumul. Mais là où les choses deviennent inquiétantes, c’est que l’on a de plus en plus d’enfants qui peinent à se structurer pour s’intégrer en société. Quand des faits divers relatent des homicides perpétrés par des adolescents dans des collèges, il y a – au-delà de l’acte – une difficulté de plus en plus claire à avoir conscience de son geste, comme si ces jeunes ne comprenaient pas ce qu’ils ont fait. Pourtant, on parle souvent d’enfants adaptés scolairement, peut-être juste un peu en retrait. Et c’est là qu’on commence à distinguer à la fois les failles de structuration que l’on mentionnait, mais aussi une forte instabilité émotionnelle. Nous avons aujourd’hui des gens qui ne sont plus en capacité de raisonner sur leurs émotions.

Pour revenir aux écrans, certains soutiennent pourtant par exemple que les longs métrages d’animation Disney apprennent l’empathie aux enfants et sont vecteurs d’éveil aux émotions…

Oui mais votre remarque est justement très intéressante : si vous n’avez pas l’organisation cognitive adéquate, vous ne pouvez pas comprendre un film Disney. C’est-à-dire que même au bout d’un quart d’heure, vous avez oublié les informations qui ont précédé. De la même façon, un enfant en pleine figurativité ne lira jamais une bande dessinée : il ne fait pas les liens entre les cases. Pour lui, chaque case est une histoire indépendante. Mais attention à ne pas faire de raccourcis : ce ne sont évidemment pas les écrans qui génèrent de l’agressivité ou une perte d’empathie, il n’y a aucun lien entre les deux. Pas plus pour les jeux vidéo, qui sont souvent pointés du doigt alors que l’on croule sous les études qui ont toutes conclu à une absence de lien apparent. En revanche, je réaffirme que plus notre organisation cognitive est déstructurée, plus on risque d’avoir des affects binaires : j’aime ou je n’aime pas, et donc des réactions qui le seront tout autant.

Est-ce un problème que l’on peut circonscrire au domaine de l’enfance ? Peut-on développer ces troubles sur le tard, malgré des acquis structurants supposés ?

Cela peut arriver quand il y a des troubles psychiatriques. Pour reprendre le cas des jeux vidéo, ils peuvent jouer un rôle dans un passage à l’acte chez des sujets déjà instables. On a tous déjà eu des accès de colère au volant par exemple après une queue de poisson sur l’autoroute, pour autant ce n’est pas pour ça qu’on va foncer sur sa cible pour l’écraser. Parce que nous disposons d’un jugement moral construit et fonctionnel. Chez certains jeunes qui, encore une fois, souffrent d’un déficit de structuration morale, le moteur de décision est de se dire « ce qui me fait du bien, ça va, ce qui ne me fait pas du bien, ça ne va pas ». Nous avons observé cette absence grandissante de conscientisation de la gravité des conséquences de leurs actes chez certains jeunes, nous en avons alerté les pouvoirs publics avec des outils sérieux qui ont mobilisé des laboratoires, des experts de la psychologie de l’enfance etc. Hélas, personne n’en a vraiment tenu compte.

Les réseaux sociaux sont souvent cités comme particulièrement problématiques et accélérateurs de désensibilisation…

Internet et les réseaux sociaux font partie du monde d’aujourd’hui. Le problème c’est moins leur existence que l’absence totale d’accompagnement vers ces médias, de sorte que quand les jeunes investissent ces espaces, ils n’y sont absolument pas prêts. Et il faut forcément être vigilant parce que sur Internet, tout est accessible. Or, face à un phénomène hors de contrôle, on est entré dans un univers de sanction, là où il faudrait structurer et éduquer. Et encore faudrait-il le faire correctement… On met en place à l’école des cours d’empathie. Mais ce n’est pas une connaissance ! C’est un non-sens complet, l’empathie ne s’apprend pas sur commande, ça se construit à partir d’éléments extrêmement précis. En l’occurrence : la capacité à décentrer sa pensée, prendre en compte le point de vue et le ressenti de l’autre, de sorte à avoir des réponses adaptées. Ça n’est pas une connaissance qu’on acquiert, mais une compétence qu’on développe. Malheureusement, nous savons déjà comment ces cours vont échouer : ils parleront aux jeunes qui disposent déjà de ces outils et isoleront encore davantage les autres. Le risque, c’est même de fédérer les premiers et d’exclure les autres, jusqu’à générer encore davantage de violence. Soit l’exact opposé du but recherché…

Pour revenir sur le décalage de maturation cognitive que vous évoquiez, on imagine qu’elle va de pair avec une forme de recul dans l’apprentissage de la lecture…

La dégradation que nous observons sur le plan cognitif entre effectivement en résonance avec l’acquisition de la lecture. Il y a des réalités très simples à souligner : l’on sait parfaitement que plus on passe de temps sur un écran, moins on passe de temps à lire. Les habitudes que l’on prend sur YouTube ou Instagram aujourd’hui, en zappant de vidéos en vidéos au bout de quelques secondes si elles ne nous plaisent pas, ou en scrollant toutes les quatre secondes en moyenne sur TikTok, ne facilitent pas le travail de concentration, c’est certain… Les jeunes vont par ailleurs de moins en moins au cinéma, mais il est difficile de s’en étonner : on leur demande d’être assis pendant deux heures en ne faisant rien d’autre que de regarder un film. Plus globalement, plus de 62 % des élèves de collège ne dépassent pas le niveau de lecture basique. C’est évidemment très inquiétant. Selon le classement PISA, nous sommes passés, en cinquante ans, de 35 % de gros lecteurs à 11 %. C’est un effondrement complet. Chez les lycéens, dans les années 60, on lisait 240 mots/minute contre 190 mots/minute aujourd’hui. La vitesse de lecture est un témoin d’efficience de la lecture elle-même : plus je comprends facilement, plus je lis vite. Et à plus haut niveau, on voit des étudiants qui éprouvent des difficultés avec de la lecture profonde de texte, avec une baisse de la capacité à cerner l’implicite, le sous-entendu.

Une hypothèse très souvent mise en avant ces dernières années évoque ce que certains appellent la « technoférence », soit le fait que les parents eux-mêmes, absorbés par leurs usages numériques, échangent de moins en moins avec leurs enfants. Or, les enfants apprennent énormément d’une forme de mimétisme, à condition que l’on prenne le temps d’interagir avec eux. Est-ce un constat que vous faîtes également ?

La construction se fait effectivement dans l’interaction. Et surtout chez le très jeune enfant, l’écran est très pauvre de ce point de vue. Je souscris de fait totalement à ce que vous dîtes : un écran est quelque chose de statique, quoi qu’il diffuse. L’enfant est naturellement programmé à aller vers le monde et c’est la qualité et la pluralité de l’interaction avec son environnement qui permettra d’organiser sa pensée, de se structurer mentalement.

On a longtemps supposé que les jeunes générations étaient à l’aise avec les outils numériques, au point d’en déjouer mieux les pièges que leurs aînés. Or, on s’est aperçu qu’ils ne mordaient en réalité pas moins – très loin de là – à la désinformation, ayant même parfois beaucoup de mal à distinguer une information sourcée d’une fake news un peu grotesque. Est-ce que vous partagez ce constat ?

Tout à fait. Ce que vous évoquez ici, c’est l’esprit critique. C’est ce qui fait que l’on adhère ou que l’on résiste à un contenu. L’Éducation nationale en a conscience puisqu’ils ont lancé un programme censé amener les enfants à une forme d’esprit critique. Encore une fois, ça ne fonctionnera que si ces enfants disposent de compétences qui les rendent capables de comparer des sources. Ça n’est hélas pas toujours le cas. Et plus tard chez de jeunes adultes, cela donne un glissement du « Je pense, donc je suis » vers quelque chose de l’ordre du « Je crois, donc j’ai raison ».

On sait quels bénéfices sont à tirer d’un retour aux lectures structurantes, sur papier, sans possibilité de zapper ou d’éparpiller son attention dans une foule de contenus courts. Mais comment rendre le livre séduisant auprès d’un jeune public qui a parfois complètement décroché ?

C’est un problème en ce sens que la lecture les ramène souvent à des difficultés éprouvées à l’école, donc ils n’y associent pas forcément d’affects spontanément positifs… Il s’agirait déjà de redécouvrir ce qu’est le livre. J’avais dans mes patients, il y a des années de ça, un enfant dont un parent était professeur. Ce qu’il me disait, c’est que le programme était à ses yeux inadapté, car les élèves n’en étaient pas là. Alors il commençait son cours en ramenant plusieurs livres très différents – des bouquins de philosophie, des romans, des bande-dessinées etc. – qu’il disposait sur une table, puis il demandait à ses élèves d’en choisir quelques-uns instinctivement. Ensuite il leur demandait les raisons de leurs choix. C’était à la fois une manière de les ramener à l’outil physique et d’engager des discussions, souvent sur un ton détendu : « Ah celui-là est trop gros » ; « Ah celui-là a l’air rigolo » ; « J’aime bien cette couverture, elle a de belles couleurs » etc. On veut probablement lancer les enfants dans la lecture trop tôt, alors qu’ils n’y sont pas prêts. On a certes ramené le professeur en question aux obligations du programme, mais je le redis : ça ne sert à rien de présumer que les enfants ont des compétences, s’ils ne les ont pas. Dans les pays scandinaves, on a acté d’un décalage dans les programmes de lecture d’un ou deux ans, pour s’assurer que les enfants soient prêts. Sans ça, on crée des blocages. Alors en attendant, autant renouer avec le sensoriel parce que c’est là que tout commence : de ce point de vue, un livre est extrêmement riche en termes de textures, de formats, d’odeurs etc. C’est ce qui génère de la curiosité pour ce que le livre raconte et si on fait les choses dans l’ordre, l’enfant aura envie de savoir. Et donc de lire. Le fait que les enfants aiment tant qu’on leur lise des histoires procède du même cheminement, il faudrait juste ne pas griller des étapes et accepter qu’il existe ce décalage de la maturation cognitive que j’évoquais.

“L’activité de lecture au travers du livre est extraordinaire parce qu’elle centralise l’activation de cinq structures mères.”

On sait le livre physique spontanément plus attractif et séduisant, mais ce n’est pas son seul avantage…

C’est un charme qui n’est pas sans atouts concrets en effet puisque la sensorialité du livre active des zones du cerveau qui facilitent la mémorisation. Les écrans vont être utiles sur des synthèses pratiques, dès que l’on cherche à aller au-delà, ils sont rarement pertinents. Le livre impose une contrainte temporelle, c’est-à-dire qu’il va falloir se poser dans le temps pour lire dans de bonnes conditions. D’où une meilleure concentration et par suite, une meilleure compréhension. Autre point majeur : dans la lecture papier, le lecteur rentre dans la psyché du personnage, dans ses pensées. Les écrans sont davantage figuratifs et imposent des représentations. Enfin, deux grandes études internationales ont montré que 80 à 90 % des étudiants préfèrent le papier et ils disent eux-mêmes qu’ils se concentrent mieux sur ce support.

Beaucoup de ces avantages semblent surtout concerner des lecteurs confirmés. Qu’en est-il pour des enfants ?

Il y a deux sphères qui s’activent lorsqu’on lit : la sphère cognitive & logique, et la sphère psycho-affective. Les deux sont au départ entremêlées, mais l’enfant passe de l’une à l’autre. Il va progressivement les structurer indépendamment l’une de l’autre, mais avec une zone de connexion. On a identifié ce qu’on appelle des structures mères, précisément dans ces zones de connexion. On les a appelées « mères » parce qu’elles participent de cette construction en parallèle. On en compte cinq : décentration, généralisation, inhibition, anticipation et au centre une sorte de thermostat, les systèmes de classification. C’est ce ‘thermostat’ qui régule les quatre autres structures, lesquelles s’activent systématiquement pendant l’activité de lecture. On inhibe certaines informations par rapport à d’autres, on classifie les personnages en fonction de ce qui leur est arrivé, par la décentration je peux rentrer dans la psyché des personnages et enfin j’essaie d’anticiper ce qui peut leur arriver. L’activité de lecture au travers du livre est extraordinaire parce qu’elle centralise l’activation de ces cinq structures mères. On pourrait me rétorquer « Oui mais regardez, maintenant on a de la lecture 2.0 sur écran » etc. sauf que la lecture numérique – blogs, réseaux sociaux, articles etc. – représente 2 à 3 % du temps total d’écran. 40 à 50 % du temps passé devant des écrans, c’est pour des films ou des vidéos. Sur des textes simples, les scores de compréhension et d’assimilation sont proches, qu’il s’agisse de lecture papier ou numérique. Mais plus les textes sont complexes, plus une différence s’opère en faveur du papier.

Pour des cas d’usages très circonstanciés, est-ce que les outils numériques ont pu vous aider ? Je pense notamment aux enfants souffrant de troubles ‘dys’ (dyspraxie, dyslexie, dysorthographie etc;) qui vous ont consulté au cours de votre carrière ?

Bien entendu oui. Dans ce contexte spécifique d’un enfant qui présente des troubles ou maladies neurodéveloppementales, le fait de pouvoir accéder à des alternatives numériques est quelque chose d’extraordinaire en effet. Prenez l’exemple d’un dyspraxique qui souffre de troubles gestuels l’empêchant de bien écrire, il est certain qu’un clavier l’aidera énormément. Mais nous sommes bien ici sur des logiques de soutien face à des difficultés qui relèvent du handicap.

“Uniicare, ce n’est pas simplement assurer la maintenance des machines, c’est accompagner la productivité des entreprises”

Destiné aux imprimeurs et façonniers, le dispositif collectif Uniicare s‘attache à assurer une maintenance sur des matériels souvent hors garantie, dans un contexte où les pannes coûtent très cher. Pierre après pierre et suite à une phase pilote qui aura confirmé des fragilités structurelles récurrentes, le projet entend permettre davantage que le bon fonctionnement des machines : il s’agit d’accompagner la productivité des entreprises, sur la base de diagnostics qui couvrent tout une batterie de besoins complémentaires : réparation, fourniture de pièces détachées, manutention/transport, formation des équipes, estimation de la valeur des équipements etc.

“L’objectif : mettre à disposition un réseau géolocalisé, pour intervenir dans les entreprises sur des matériels défaillants et/ou faire de la maintenance préventive.”

Au gré d’un diagnostic initial qui a confirmé un besoin chronique d’aide à la maintenance des matériels graphiques, l’UNIIC s’est entourée de la société Coci, spécialiste de l’achat/revente d’équipements de seconde main pour les imprimeurs & façonniers, pour constituer une équipe d’intervention et proposer des solutions de proximité. L’objectif : mettre à disposition un réseau géolocalisé, pour intervenir dans les entreprises sur des matériels défaillants et/ou faire de la maintenance préventive. Sur des machines qui n‘étaient effectivement plus couvertes par des contrats de maintenance fournisseurs, il a été constaté une forme de débrouille consistant à solliciter des opérateurs diversement compétents en interne, des mécaniciens non spécialisés ou encore des retraités appelés à la rescousse. « Ça ne pouvait pas durer » souffle Hubert Pédurand, pilote de l’opération pour l’UNIIC, qui ne manque pas de rappeler que « de pareilles fragilités structurelles pèsent évidemment sur les comptes de l’entreprise ».

En finir avec le coup de la panne ?

« Les entreprises qui adhèrent à Uniicare vont décrire des pannes et/ou exprimer des besoins. Dès lors, avec Coci, il s’agira d’identifier les techniciens de proximité en capacité d’intervenir, en fonction de leurs compétences. Parce que selon qu’on aura besoin d’une intervention sur une solution de mouillage, sur la mécanique d’une presse ou sur du matériel de découpe, il faudra mobiliser les personnes compétentes. Le but, c’est donc d’avoir une vaste cartographie d’entreprises adhérentes et d’y greffer au plus proche, comme sur Google Map, des gens capables d’intervenir au plus vite et au meilleur coût » nous explique Hubert Pédurand. Autrement dit, le réseau Uniicare vise à fonctionner comme une application qui mettrait en relation un besoin (une panne, typiquement), avec sa solution la plus proche. L’outil Uniicare, à l’image des écosystèmes numériques en ligne dont il s’inspire, aura ainsi vocation à gagner en pertinence à mesure que ses bases de données s’étofferont, ce qui en fait en soi une arme collective : car il s’agit bel et bien de pérenniser à terme des infrastructures métier à l’échelon national, en répondant au cas par cas à des demandes spécifiques, en mobilisant des énergies locales. Le maillage est en cours (quatre régions test ont été choisies pour un premier déploiement : Grand Est, Pays de la Loire, Bourgogne–Franche-Comté et Rhône-Alpes) et à de nombreux égards, il est prometteur.

L’UNIIC s’est entourée de la société Coci, spécialiste de l’achat/revente d’équipements de seconde main pour les imprimeurs & façonniers, pour constituer une équipe d’intervention et proposer des solutions de proximité.

“Uniicare est un dispositif collectif, dont la granularité grandissante fera la force.”

Prévenir, optimiser & guérir

A date, Uniicare peut intervenir sur des presses offset feuille, des rotatives et des équipements de finition. Et il s’y emploie avec l’idée de grandir vite… « L’industrie graphique fait aujourd’hui face à une équation inédite : des outils de production qui se renouvellent de moins en moins, des coûts en hausse et une pression constante sur les marges. Dans ce contexte, la compétitivité ne repose plus uniquement sur l’investissement, mais sur la capacité à tirer le maximum de valeur des outils existants. C’est précisément dans cette logique que s’inscrit le programme Uniicare, qui change aujourd’hui d’échelle avec l’intégration de 34 nouveaux sites et la structuration d’un parc de plus de 700 machines référencées » détaille Hubert Pédurand. Un travail qui a déjà permis de documenter l’âge des équipements concernés, différents types de pannes et/ou de dysfonctionnements identifiés sur ces matériels et la fréquence des interventions. Autant de données précieuses auxquelles les entreprises qui adhèrent à Uniicare ont accès, de manière à bénéficier d’une vue d’ensemble de leur parc, en temps réel et de façon dynamique. « A terme, l’UNIIC veut constituer une giga-base de données avec 300 entreprises partenaires. Et nous voulons aller plus loin que ce que nous avons aujourd’hui dans des ERP. Uniicare, ce n’est pas simplement assurer la maintenance des machines, c’est accompagner la productivité des entreprises. Cela concerne tant l’organisation des flux de production qu’un soutien ponctuel en cas d’absence ou de maladie » poursuit Hubert Pédurand, qui souligne par ailleurs que « des constructeurs ont dit être intéressés pour intégrer Uniicare, ce qui pourrait nous permettre demain d’inclure dans le scope aussi des machines sous garantie. Car les fournisseurs eux-mêmes sont parfois démunis en termes de techniciens disponibles et c’est là qu’un outil mutualisé et centralisé aurait du sens ». En cela, il faut le redire : Uniicare est un dispositif collectif, dont la granularité grandissante fera la force.

“Remise à niveau des équipements vieillissants, réduction des arrêts non planifiés, amélioration des cadences réelles, diminution des rebuts. Dans un environnement où les volumes baissent, chaque point de rendement récupéré devient de la marge brute supplémentaire.” (Hubert Pédurand – Pilote de projet)

Hubert Pédurand (UNIIC) et Etienne Chartier, PDG de Brochage 3000.

De l’ambition à revendre

S’il y a une appétence d’ores et déjà mesurable pour le programme Uniicare, c’est probablement parce que la question technique sous-tend en réalité bien d’autres leviers de redressement majeurs. « Il y a d’abord ce que j’appelle le FER (Facteur d’Efficacité de Rendement), qui devient le premier levier de compétitivité : remise à niveau des équipements vieillissants, réduction des arrêts non planifiés, amélioration des cadences réelles, diminution des rebuts. Dans un environnement où les volumes baissent, chaque point de rendement récupéré devient de la marge brute supplémentaire. L’entretien n’est plus un coût : c’est un investissement immédiat dans la performance » illustre Hubert Pédurand, qui ne s’arrête pas là. « Le deuxième enjeu est humain. La filière souffre d’un déficit d’attractivité, directement lié à une érosion des salaires et à une perte de reconnaissance des savoir-faire. Uniicare agit sur ce levier en structurant la transmission des compétences avec l’aide des programmes de formation sur site pilotés par les équipes de Richard Navez à l’IDICG, accompagnant la montée en expertise des équipes, redonnant de la valeur aux métiers techniques. Car la réalité est claire : sans compétence, pas de performance » ajoute-t-il. De la même manière, un matériel rutilant ne fait pas tout : « Une machine performante dans un flux désorganisé reste inefficace. Uniicare vise donc à réduire les temps morts, optimiser les enchaînements de production, mieux synchroniser les ateliers et sécuriser les approvisionnements. Il s’agit de réaligner l’ensemble de la chaîne de production » conclue-t-il, dans ce qui dessine une trajectoire à la fois technique, opérationnelle et stratégique d’ampleur collective, par le biais d’interventions au cas par cas, sur le terrain. Le début du chemin est plein de promesses et gageons que cette opération ne manquera pas de refaire parler d’elle très vite.

 

UNIICARE recherche en permanence des techniciens de maintenance, des entreprises spécialisées, des indépendants ou auto-entrepreneurs sur l’ensemble du territoire, afin de constituer un maillage national dense et de réduire significativement les coûts intermédiaires (déplacements, logistique, frais annexes, etc.).

Les candidatures peuvent être adressées au directeur du programme UNIICARE : hubert.pedurand@uniic.org.

INONDATIONS – L’UNIIC mobilisée pour vous accompagner

Plusieurs régions, qui sont autant de bassins graphiques, sont frappées depuis plusieurs semaines par des intempéries (pluies, vents, montée des eaux) menaçant des habitations mais aussi des sites industriels, des TPE de territoires notamment en Gironde, en Maine-et-Loire, en Grand Ouest etc.

Tout chef d’entreprise et donc tous les imprimeurs de proximité confrontés à ces sinistres, doivent savoir que, fidèle à sa mission, l’UNIIC est à leur cotés pour recenser leurs besoins immédiats, servir d’intermédiaires lorsque les assureurs tardent à prendre en compte la spécificité des dommages, contestent parfois l’évaluation de l’assiette de la perte d’exploitation etc.

Au-delà des dispositions spécifiques qui viennent d’être prises par l’Urssaf, qui a acté de la possibilité de reporter les échéances de cotisations, notre caisse professionnelle (Lourmel) est aussi a même d’apporter aide et assistance, en coordination avec l’UNIIC.

Au sein des régions particulièrement touchées, nos relais territoriaux ont vocation à nous faire remonter toute information utile pour recenser et qualifier les préjudices subis. Nous pouvons aussi, lorsque c’est nécessaire, vous accompagner sur les rapporta avec les Dreets sur la mise en œuvre de l’activité partielle.

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Noémie Regardin – “Il faut amener les jeunes dans les ateliers”

Cet article, publié ici en avant-première, sera au sommaire du magazine Acteurs de la Filière Graphique n°152.


C’est un petit crève-cœur, mais pour la première fois depuis de nombreuses éditions, Acteurs de la Filière Graphique n’a pas pu couvrir les Finales nationales des Worldskills 2025, qui se sont tenues à Marseille en octobre dernier. Qu’à cela ne tienne, quelques semaines après sa victoire dans la catégorie Imprimerie, nous nous sommes entretenus avec Noémie Regardin, 23 ans aujourd’hui, qui s’était déjà distinguée en 2023 avec une remarquable médaille d’argent. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle a de la suite dans les idées…

Noémie Regardin (représentante des Pays de la Loire), entourée de Killian Fehringer (à gauche, Auvergne-Rhône-Alpes), lauréat 2023, et Tom Krzciuk-Paillot (à droite, Nouvelle-Aquitaine).

Félicitations Noémie pour cette victoire. On a l’impression qu’après ta très belle médaille d’argent en 2023, tu n’étais pas rassasiée. Est-ce que tu as su tout de suite que ce n’était pas suffisant et que tu allais retenter ta chance en 2025 ?

Après les finales 2023, je n’étais plus censée pouvoir concourir à nouveau puisque je dépassais l’âge requis. Mais quelques mois après ma médaille d’argent, j’ai appris qu’ils avaient repoussé la limite d’âge en question et on s’est justement dit avec Killian [Killian Fehringer, lauréat des Finales nationales 2023, NDLR] que c’était l’occasion de refaire la compétition. Il est en tout cas certain que dès que j’ai su que je pouvais tenter à nouveau d’aller chercher l’or, je ne me suis même pas posé la question : il était évident que j’allais réessayer. Une médaille d’argent ne me suffisait pas.

C’est une petite consolation après l’exclusion des métiers de l’imprimerie des compétitions internationales ?

Oui, même si j’ai l’impression que ce sont les métiers qui ont été exclus des compétitions mondiales et/ou européennes qui ont bénéficié de ce rehaussement de l’âge limite de participation. Parce qu’il ne faut pas se cacher que nos métiers peinent un peu plus à avoir des candidats. Il faut se rendre compte que d’autres métiers comme les paysagistes ou les coiffeurs par exemple, ont même des présélections avant les épreuves régionales, tant les candidats sont nombreux.

La France figurait parmi les nations favorites dans le secteur graphique et elle avait plutôt tendance à montrer l’exemple. L’imprimerie ne figure plus parmi les métiers à l’échelon international parce que le seuil de 14 pays participants peinait à être atteint…

Oui, on a le sentiment de faire le maximum pour porter nos métiers en France en motivant d’autres jeunes et c’est forcément rageant de se dire qu’on rate les compétitions internationales parce que d’autres pays ne fournissent plus ces efforts…

“L’impression numérique a pris encore plus d’importance.”

Revenons à ces Finales nationales. Tu avais l’expérience de l’édition 2023, est-ce que l’édition 2025 t’a semblé similaire ou est-ce qu’au contraire tu as senti une évolution dans l’approche des épreuves ?

C’était plutôt différent sur cette édition, pour plusieurs raisons. Déjà j’ai travaillé avec deux experts qui ont deux manières distinctes de penser les épreuves : Dorothée Bouchend’Homme, qui a pris la suite de Dominique Gendre, et Thierry Mack. Et puis surtout, l’impression numérique a pris encore plus d’importance. On m’a dit que c’était déjà le cas en 2023 en comparaison des éditions précédentes, mais cette année c’était encore plus flagrant : nous avons eu cinq épreuves relatives à l’impression numérique et une épreuve offset, qui a dû être annulée en raison d’une panne. C’était certainement la nouvelle la plus triste pour moi, parce que même si je suis tout à fait ouverte au numérique – qui demeure un complément nécessaire – le cœur de nos métiers, ça reste l’offset. Et pour le coup, j’avais eu le temps de faire cette épreuve, la panne est survenue juste après mon passage et ça a été une vraie déception.

Tu avais prévu cette mise en avant de l’impression numérique ? Est-ce que tu t’y étais préparée ?

Oui, au cours d’un stage préparatoire chez Konica Minolta, on avait effectivement anticipé l’importance grandissante de l’impression numérique dans les épreuves et je m’y étais préparée. Il faut dire qu’en revenant sur les intitulés des épreuves des dernières éditions, on voyait bien l’accent mis progressivement sur l’impression numérique. Je dois beaucoup à mon coach, Philippe Tanguy [formateur impression chez Grafipolis, NDLR], qui m’a énormément apporté à la fois sur le plan technique mais aussi sur le plan de la gestion du stress. Et la chance que j’avais, c’est que son oncle a une imprimerie en Bretagne, l’Imprimerie Tanguy située à Pont-l’Abbé. Il se trouve qu’elle est justement équipée d’une Presse Konica Minolta et même si ce n’est pas le même modèle qu’en compétition, j’ai pu me faire la main [RIRES].

Tu es conductrice offset chez Atlantique Impression. Comment ton parcours a été accueilli dans l’entreprise pour laquelle tu travailles ?

J’avais fait un premier stage chez eux dans le cadre d’un BAC Pro en communication visuelle et c’est mon patron qui est revenu vers moi et m’a démarchée suite à ça. C’est ce stage qui m’avait permis de me rendre compte que j’étais davantage attirée par la production et que j’avais envie d’être en atelier, pas devant des ordinateurs. C’est ensuite toujours lui qui m’a poussée à faire les Meilleurs Apprentis de France et quand je lui ai parlé du concours, il m’a soutenue de façon inconditionnelle. Nous sommes une toute petite entreprise – nous ne sommes que trois – et c’est sûr que mon parcours au Worldskills a été une chance pour tout le monde.

“Dans de toutes petites entreprises avec moins de moyens, on doit développer son savoir-faire autrement et j’en suis super fière.”

Ton profil est intéressant à double titre puisque tu es la première fille à remporter le concours, ce qui tend à démontrer que le métier est certainement en train de se féminiser. Par ailleurs, le fait que tu travailles dans une TPE doit également rappeler que l’essentiel du tissu industriel français est constitué de ces toutes petites structures, où l’on trouve donc de grands talents…

Oui, je suis d’accord avec ça et j’ai même un exemple tout bête à mettre en avant. Il se trouve que la dernière épreuve – celle de la recherche de teinte – était la seule où tous les candidats passaient en même temps, alors que nous alternions les épreuves sur les machines. Nous étions côte à côte à rechercher une teinte avec du cyan/magenta/jaune et la consigne était claire : nous n’avions pas le droit d’utiliser un spectrophotomètre. Il fallait travailler à l’œil et demander à mesurer le delta E [soit la mesure de la différence visuelle entre deux couleurs, dans un espace colorimétrique perceptuellement uniforme, NDLR] une fois que nous considérions que c’était OK. J’ai obtenu un delta E de 1,11 et tous les jurés étaient surpris que je tombe si proche, juste à l’œil. Certains m’ont demandé suite à ça quel était mon secret et la vérité, c’est juste que je travaille depuis cinq ans sans spectro’ [RIRES]. Parce que parfois, dans de toutes petites entreprises avec moins de moyens, on doit développer son savoir-faire autrement et j’en suis super fière.

Tu ne peux donc plus reconcourir, mais est-ce que tu as gardé contact avec d’autres compétiteurs, experts, coaches etc. ? Voire, est-ce que tu envisages d’intégrer un jour le staff de l’équipe de France, pour devenir coach toi-même, par exemple ?

Oui, totalement ! Quand on rentre dans la famille Worldskills, on n’a pas du tout envie d’en sortir. Il y a même un contrecoup quand la compétition s’arrête : on sait qu’on ne va pas pouvoir la refaire et personnellement, je me suis toujours dit que je voulais garder un pied dedans. Ça commence en effet par nouer des relations de long terme avec les gens que l’on rencontre, dont nos « adversaires ». Avec Killian on a gardé un très bon contact et ça concerne même plus globalement toute l’équipe régionale notamment. Quant aux Worldskills et la suite que j’imagine possible, j’aimerais d’abord commencer en tant qu’ambassadrice pour témoigner et mettre en avant le concours. Et petit à petit, je verrai comment je peux essayer d’intégrer les jurés régionaux.

“Je suis bien placée pour dire que c’est souvent en étant face aux machines que l’on se rend compte que ça nous plaît…”

Il y a de vifs débats qui secouent nos métiers sur la question de l’attractivité du secteur graphique. Comment est-ce que tu perçois la difficulté croissante des entreprises à attirer et recruter ?

J’admets que pour ma part, je ne me reconnais pas toujours dans ce qui attire les gens de mon âge. J’ai un compagnon qui est agriculteur et je pense que lui comme moi, on a une vraie sensibilité pour l’artisanat et les métiers de mains. C’est vrai que c’est un trait de caractère qu’on retrouve peu chez les jeunes que l’on peut côtoyer. Le fait que le numérique commence à s’imposer, y compris dans nos métiers, à la fois ce n’est pas forcément ce que je préfère – comme je l’ai déjà dit, je suis plus sensible aux techniques traditionnelles – mais c’est aussi sûrement l’opportunité de donner une image plus moderne et attractive de nos métiers. L’autre enjeu, je pense, c’est d’arriver à créer des rencontres. Je suis bien placée pour dire que c’est souvent en étant face aux machines que l’on se rend compte que ça nous plaît… Je sais que c’est plus facile à dire qu’à faire, mais il faut essayer de créer ces moments en amenant les jeunes dans les ateliers. C’est là que peuvent se produire de belles surprises, parce que c’est un métier de passion. Mais il faut le vivre pour le comprendre, en parler ne suffira jamais.

Et l’Intelligence Artificielle ? Comment est-ce que tu imagines l’avenir de ton métier au regard de ce qui se passe autour de l’IA aujourd’hui ? Est-ce que tu te sens directement concernée par les impacts que cela peut générer sur la façon de produire ?

Il est certain que le prépresse est déjà complètement impacté. On voit de plus en plus de clients utiliser l’IA pour des créations de fichiers, mais j’admets que même pour quelqu’un de jeune comme moi, on a du mal à réaliser exactement ce qui va se passer. Ce que je peux dire, c’est que je nous imagine mal y échapper : ce n’est pas une perspective qui me rend très enthousiaste, mais je me fais à l’idée que nos métiers composeront avec l’IA également, jusque dans les ateliers de production. Mais encore une fois, je fais le parallèle avec le développement des technologies numériques dans nos métiers : c’est une façon de faciliter le travail de production et on a peut-être besoin de se rendre plus accessibles.

Information : Nouvelle classification des emplois & qualifications

L’UNIIC vous propose un programme d’information consacrée à la mise en application de la nouvelle classification des emplois et des qualifications.

Le 20 Juin prochain, l’UNIIC vous convie en région Centre-Val de Loire pour parler (notamment) de la nouvelle classification des emplois et des qualifications

Le président de l’UNIIC Centre, Sébastien Lemaire, a pris l’initiative d’organiser une réunion d’information dont l’un des points de l’ordre du jour sera consacré à la mise en application de la nouvelle classification des emplois et des qualifications, ainsi qu’à l’accord paritaire portant sur un dispositif sectoriel d’activité partielle longue durée.

En ce qui concerne la nouvelle classification, les deux négociateurs de l’UNIIC (Iris Delloye et Pascal Bovero) vous aideront à vous approprier la méthode procédant de ce texte, afin de sécuriser vos approches en matière de définition des emplois et à les coter dans la grille applicable à l’ensemble des entreprises du secteur.

“Vu l’importance du sujet, j’ai souhaité associer deux représentants syndicaux qui se sont investis dans ce chantier qui en appelle d’autres” précise Pascal Bovero, à savoir “les deux chefs de file représentant la FILPAC CGT (Eric Martin) et la F3C CFDT (David Letailleur)”. Afin de vous aider à répondre aux principales questions engendrées par ce texte de référence et prendre en compte toutes les spécificités, l’UNIIC remettra aux participants une foire aux questions/réponses qui illustre le guide paritaire d’explication, lequel vous sera remis sur place.
Cette réunion permettra aussi d’organiser un échange entre des entreprises aux activités multiples, de la TPE à L’ETI, du rotativiste Labeur à l’imprimeur numérique grand format, de l’offsettiste à l’imprimeur d’étiquettes, du sérigraphe au façonnier etc.

Pour illustrer l’accord paritaire et répondre à vos questions, nous vous proposons le programme suivant :

16h/16h30 : Accueil des participants par le Président de l’UNIIC Centre

16h45 : La classification, un outil de pilotage des compétences

– Présentation des 4 intervenants

– Fondement de la nouvelle classification et méthode (différence avec l’ancien texte, définition des emplois repères, définition et utilisation des critères classants, évaluation des emplois etc.)

Les cas spécifiques :

– Les ex IDCC 614 (Sérigraphie dont l’entier de la convention collective a fusionné avec l’imprimerie de Labeur).

– Reliure brochure dorure (dont la spécificité faisait l’objet d’un avenant lié au code naf 18-14 Z).

Et demain ? La convergence des outils, des compétences, de la gestion des flux se traduira-t-elle pour une classification adaptée à une communication multi procédés et multi produits agnostique par rapport aux spécificités métiers ?

Pour vous inscrire : merci de nous retourner ce coupon-réponse

Ouvert aux entreprises adhérentes ou non à l’UNIIC, l’événement vous propose d’assister au programme décrit ci-dessus le vendredi  20 juin dans les anciens locaux de l’imprimerie TRANSPRINT à La Riche (37520). Réponses attendues avant le 13 juin.

Cyberprint : un projet UNIIC pour garantir la sécurité de votre système d’information

La transformation digitale des modes opératoires du secteur génère une augmentation, dans plusieurs domaines d’activité, de la surface d’exposition de nos adhérents aux risques cyber. Après avoir échangé avec plusieurs de nos membres qui gèrent des fichiers numériques et de la data en général, nous avons pu constater que le degré de connaissance, voire de maitrise, des entreprises sur ces sujets sensibles était faible, alors que les grands donneurs d’ordre étaient désormais très exigeants en ce domaine.

L’UNIIC, fidèle à sa mission de défense des entreprises du secteur, lance un plan d’action sur la maitrise des risques informatiques qui nécessite de construire une action structurée, à construire autour de phases de sensibilisation, de webinaires, d’audits de vulnérabilité (confidentiels) et d’accompagnement vers un référentiel AFNOR (ISO 27001).

Ce plan, accompagné par le service système d’information de l’UNIIC et un expert cyber sécurité, est pris en charge par l’UNIIC et la branche (Ambition Graphique) pour une première cohorte de 10 entreprises non concurrentes.

Le constat

  • Le secteur des industries polygraphiques (tous procédés & tous marchés) est très atomisé puisque sur 4000 entreprises, 78 % relèvent des TPE (moins de 10 salariés).
  • Vu la variété de leur positionnement marché (du généraliste au spécialiste) de la TPE à l’ETI, de l’entreprise travaillant sur appel d’offre à l’entreprise travaillant sur devis etc. il est devenu essentiel de protéger les informations sensibles des entreprises et de construire un système de management d’un système d’information.
  • Au-delà de ce constat, après avoir sondé plusieurs entreprises exposées, nous avons pris la mesure de la vulnérabilité de certains types d’entreprises qui travaillent avec des donneurs d’ordre exigeant de pouvoir contrôler par sondage, la fiabilité des systèmes de management de l’information dans l’entreprise (données entrantes, sortantes, partagées ou stockées). Ce pouvoir de contrôle s’étend désormais au PCA (plan de continuité d’activité) devenu lui aussi essentiel pour être référencé dans certains appels d’offre.
  • En outre, à la vulnérabilité technique s’ajoute l’insuffisance des clauses de garanties assurantielles. En effet, dans les polices multirisques, les clauses traitant des données numériques sont souvent réduites à une garantie de « reconstitution d’archives » en cas de sinistre non intentionnel.
  • Les TPE/PME de notre secteur sont donc démunies face à ces risques et l’inflation de propositions d’accompagnement a conduit l’UNIIC à partager un constat et une méthode avec l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) notamment.

Aussi, il nous importe désormais de :

  • Définir les segments d’activité les plus exposés et cartographier les risques.
  • Sensibiliser les entreprises témoins à la multiplicité des dangers.
  • Lancer des « crash tests » couverts par la confidentialité.
  • Présenter le référentiel ISO 27001.
  • Elaborer des préconisations pour construire un système de management de ce type de risques.
  • Accompagner les entreprises qui le souhaitent vers la certification ISO 27001.
  • Mobiliser les collaborateurs des entreprises sur cette thématique.
  • L’UNIIC qui porte ce projet, veut construire un plan d’action opérationnel en commençant par une phase préalable qui va de la sensibilisation à l’évaluation du degré de maturité des entreprises du panel que l’on vise ; et en tirer ainsi des conclusions pour passer en mode actif.

Les quelques cibles pré identifiés :

  • Toutes les entreprises intervenant sur le secteur du marketing adressé 360 degrés (print et digital).
  • Toutes les entreprises positionnées sur une diversification Web to print.
  • Une grande partie des entreprises d’éditique que l’on appelle aussi courrier de gestion, dont les clients relèvent du monde de l’assurance ou des mutuelles par exemple.
  • Des entreprises qui maitrisent l’électronique imprimée.
  • Les routeurs personnalisateurs.
  • Les imprimeries positionnées sur les périodiques ou le livre.

Plan d’action

  • Présentation des enjeux à un panel d’entreprise.
  • Définition d’une cartographie des risques avec l’expert accompagnant.
  • Présentation d’études de cas.
  • Audit de vulnérabilité.
  • Présentation détaillée du référentiel AFNOR ISO 27001.
  • Préconisation aux entreprises tests avec rapport d’audit individuel.
  • Accompagnement vers la norme iso pour les volontaires.
  • Construction d’un mémento pratique orienté méthodes, témoignages et solutions.

Au moment où l’Intelligences Artificielle accroit les risques qui pèsent sur votre système d’information, L’UNIIC est à votre écoute pour recenser les risques cyber et construire la boite à outils dont vous avez besoin.

 

Retour sur la diffusion du film “Une fibre vous parle”

Diffusé en avant-première le 3 février dernier, le film “Une fibre vous parle”, réalisé par Jean Desmaison, commenté par François Berléand à la voix off et porté par le collectif du Cercle d’Alliés (auquel se sont joint l’UNIIC, Pub Audit, la Copacel, Two Sides, Culture Papier, Médiaposte, Federec etc.) s’est voulu, en une petite demi-heure, procéder à quelques mises au point : rappeler l’importance socioculturelle écrasante du papier, faire état de ses nombreux atouts écoresponsables et souligner ses efforts continus en la matière, en repréciser les bienfaits cognitifs essentiels face à l’emprise grandissante des écrans, ou encore apporter d’autres éclairages face aux discours qui acteraient de ses archaïsmes prétendus.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, ledit film fait encore l’objet de tractations pour des diffusions ultérieures, sur des médias grand public qui restent à déterminer. Raison pour laquelle nous ne pouvons encore en partager le contenu (mais comptez évidemment sur nous : nous nous ferons le relai des canaux adéquats dès que possible). En revanche, sa prime diffusion a donné lieu à une demi-journée d’échanges précieux, rythmés par trois tables rondes dont nous vous laissons ci-dessous les captations vidéo.

Première table ronde : L’intégration de la valeur environnementale au cœur de la filière papier (de la forêt au recyclage).

Mme Muriel CANIEZ, Directrice du bureau de vente France et Bénélux, NORSKE SKOG
M. Maxime CHAUMET, Directeur Général de France Bois Forêt
M. Jan LE MOUX, France Country Manager de Two Sides
M. Stéphane PANOU, Président filière Papiers Cartons FEDEREC, Directeur Département Négoce et Valorisation Matières PAPREC GROUP
M. Matthieu PREVOST, Directeur du département QHSE et RSE UNIIC
M. Philippe VANHESTE, Directeur Général Adjoint Groupe PRENANT

Deuxième table ronde : Le rôle social du papier

M. Fabrice BAK, fondateur et directeur du 1er cabinet français de consultation en psychologie cognitive appliquée
M. Pierre BARKI, Président CULTURE PAPIER
M. Laurent DE GAULLE, fondateur et ancien Président CULTURE PAPIER
M. Hubert PEDURAND, Directeur Général du groupe LABALLERY, Président de l’imprimerie FLOCH et membre exécutif de l’UNIIC.

Troisième table ronde : Dynamiques locales : commerce, consommation raisonnée et réfléchie – le papier pour un marketing porteur de sens et d’avenir

M. Arnaud DUBIN, Directeur commercial et marketing associé PUB-AUDIT
M. Alban DUCHEMIN, Directeur général NANOTERA
Mme Nathalie GRAND-CLEMENT, Directrice générale CENTRAKOR
M. Hubert LECHAT, Président HYPER U Evron & Binôme Achat Non Marchand – Communication TRACT à la coopérative
M. Ulbe JELLUMA, Directeur général Europe PRINT POWER
M. Jean-Marc MEGNIN, expert retail

 

Activité partielle de longue durée : l’UNIIC en première ligne

La branche de l’imprimerie de Labeur et des industries graphiques s’est employée depuis plusieurs années à prendre des initiatives ambitieuses pour renforcer l’attractivité du secteur auprès des jeunes. Parallèlement, les entreprises du secteur ont pu constater les tensions qui se sont fait jour sur le marché de l’emploi et du recrutement sur des postes devenus sensibles.

Cependant, dans la séquence que connait le secteur graphique et l’industrie en général, l’impératif qui doit être le nôtre est aussi de fidéliser les salariés et maintenir l’emploi, alors que certains segments de l’activité graphique connaissent un décrochage en termes de charge de travail.

C’est dans ce contexte aléatoire que l’UNIIC a fait le choix avec plusieurs organisations représentatives des grands secteurs industriels, confrontés au retour des incertitudes, de soutenir auprès des pouvoirs publics et de plusieurs députés de la Commission des affaires économiques, de l’assemblée nationale, la nécessité de relancer très rapidement un dispositif d’activité partielle de longue durée adaptée à la période actuelle.

C’est ainsi que dans le cadre du débat parlementaire portant sur le projet de loi de finances désormais adopté, sous réserve de la décision du Conseil Constitutionnel, ce dispositif (désormais rénové) qui avait accompagné les entreprises en 2021, a été intégré à la loi de finances sous la forme d’un article 65 septies qui s’inscrit “dans le contexte de la dégradation de la conjoncture et d’extinction progressive du dispositif d’APLD.”

Ce nouvel outil intitulé “activité partielle de longue durée rebond” est plus favorable et plus souple que le dispositif d’activité partielle de droit commun, notamment pour la durée de mise en œuvre et des taux de prise en charge qui doivent être fixés par un décret qui va nous être soumis.

Il reste cependant moins attractif que la précédente version.

Ce nouveau dispositif non cumulable, bien sûr, avec le dispositif d’activité partielle de droit commun, sera mobilisable via un accord collectif en entreprise ou par le biais d’un document unilatéral de mise en œuvre adossé à un accord de branche, que l’UNIIC se propose de soumettre aux partenaires sociaux.

Comme dans la précédente version, l’accès à ce dispositif ne sera possible que si des engagements ambitieux sont pris en matière d’emploi et de formation professionnelle, comme nous en avions pris l’initiative avec les organisations de salariés membres de la CPPNI.

Pour mémoire, les entreprises qui désireraient s’inscrire dans notre futur accord pourront réduire le temps de travail de leurs salariés et percevoir en contrepartie une allocation pour en alléger le coût.

Les salariés recevront une indemnité afin de limiter l’impact de cette réduction du temps de travail sur leur rémunération.

Durée, taux et statut fiscal et social des compensations seront fixés par le décret et une circulaire.

Les entreprises devront transmettre leurs dossiers aux Dreets pour validation ou homologation sur une période comprise entre le 1er Mars 2025 et le 28 février 2026.

Dès l’entrée en vigueur du dispositif légal et règlementaire complété par le dispositif de branche, nous vous informerons et vous conseillerons, avec le service social de l’UNIIC, pour éviter tout refus de forme ou de fond, que certaines Dreets avaient opposé à certains de nos membres.

                                                                                                   Pascal BOVERO, Délégué Général de l’UNIIC

Nouvelle classification des emplois dans l’Imprimerie & les Industries Graphiques : quel impact pour les entreprises de la finition ?

Le secteur de la finition au sens large (reliure, brochure, dorure) a connu au fil du temps des modifications de périmètre qui se sont notamment traduites par des disparitions d’entreprise (hélas !), des regroupements et des adossements au secteur de l’imprimerie, pour se positionner sur une offre globale attendue par le marché. Cependant l’autonomie du “façonnage spécifique” a longtemps été conservée, même si cette autonomie consacrée par les accords paritaires ne concernait plus que quelques entreprises de reliure (artisanales, semi-industrielles ou industrielles) et de brochure. En 1996 (le 12 décembre) la FICG (l’UNIIC de l’époque) acceptait de reconnaitre cette spécificité garantie par cet accord. Outre des dispositions générales, ce texte se distinguait de la convention collective de l’imprimerie par :

– Une classification spécifique dont la philosophie n’était pas la même que la classification de l’imprimerie, fondée sur des critères classants.
– Des minimas salariaux fixés par une politique salariale Adhoc, pour les entreprises relevant de cet avenant, même si des façonniers au fil du temps ont basculé sur les classifications du “Labeur”.

A l’heure où nous avons signé un accord paritaire qui acte de la convergence des secteurs et fait gérer la reliure brochure dorure par une classification unique et des minimas communs, il nous est apparu indispensable de rappeler à toutes les entreprises relevant du code 18-14z que si l’ancienne classification RBD n’existe plus, il est impératif de prendre en compte les spécificités de ce secteur :

– En intégrant de nouveaux emplois repères qui font à ce jour défaut dans la nouvelle classification.
– En introduisant de la souplesse transitoire quant à la mise en œuvre de ce nouveau texte et des minimas qui y sont associés.

Nous sommes conscients que nous devons gérer la transition au profit de tous et qu’il serait contreproductif de traiter de manière uniforme et sans accompagnement des entreprises, des situations, qui exigent une vraie boite à outils pour les façonniers pour lesquels l’UNIIC doit assurer une transition adaptée à ce qui relève d’une “industrie” de main-d’œuvre.

Les partenaires sociaux sont tout à fait conscients de cette exigence. Le guide d’explication de la classification va être édité au cours de ce mois : conçu par l’UNIIC sous une forme paritaire, il sera d’une précieuse aide pour répondre à toutes les questions de vos salariés qui doivent se reconnaitre dans cette nouvelle donne, que nous allons vous aider à vous approprier.

Comme toujours l’essentiel est dans la méthode et la pédagogie qui doit en être le socle.
Le bureau de la Chambre Syndicale Nationale de la Reliure Brochure Dorure (CSNRBD), notre responsable juridique et moi-même mettrons tout en œuvre pour vous conseiller et éviter toute mauvaise interprétation, sachant que dans ces domaines si complexes, il est impératif de revenir à la source ce ceux qui écrivent les textes et portent votre message, ce qui est la mission régalienne de l’UNIIC et de la CSNRBD.

Pascal Bovéro, Délégué général de l’UNIIC, avec le concours actif de de la CSNRBD.