Print’Story – Episode 3

Son commercial était arrivé à 6h30 et avec cette affaire, Antoine n’avait pas réussi à faire ce qu’il avait prévu ; ce serait pour ce soir, bien qu’il risque de rentrer tard. Après un café à la machine ils avaient pris la route un peu après 7h00. Antoine affectionnait ces moments de tête à tête pendant lesquels bien souvent son interlocuteur se livrait et lui rapportait ce que certains auraient considéré comme des potins mais qu’il prenait lui très au sérieux.

– Alors Michel, la petite ça pousse ? Quel âge a-t-elle maintenant ?
– Elle va avoir 6 ans et justement je voulais vous en parler : vous savez que mon épouse est infirmière et avec ses horaires c’est difficile pour elle de déposer Juliette à l’école le matin. Habituellement c’est moi qui m’en charge mais ce matin par exemple il a fallu demander à une voisine. Et quand je suis en déplacement et que je ne peux pas rentrer c’est la même chose.
– Je comprends bien mais vous voudriez quoi exactement ?
– Je me demandais si je ne pourrais pas avoir un secteur plus proche, mettons 200 km autour de l’imprimerie, ça m’éviterait de partir si tôt pour aller voir les clients et me permettrait de rentrer les soirs à la maison…
– Et donc pour compenser j’embauche un commercial supplémentaire !? Vous pensez que c’est raisonnable ? En plus vous allez forcément faire moins de chiffre, donc moins de commissions ! Vous y avez pensé ?
– Vous serez gagnant en frais de déplacements… Et sur un secteur plus petit je perdrai moins de temps en trajets et pourrai voir plus de prospects et de clients.
– Encore faut-il qu’il y ait matière à prospecter. Si c’était le cas je suppose que vous l’auriez fait sans m’en parler…
– De toute façon mon contrat ne précise pas de zone de démarchage et je suis censé faire 35 heures…
– Je regarderai et vous en reparlerai d’ici quelques jours mais pour l’instant rien ne change.
– Je ne suis pas le seul dans ce cas vous savez Monsieur Boulanger…
Aïe ! Antoine espérait qu’il était en règle avec les contrats des commerciaux… Il sentait qu’il allait s’emporter, aussi il changea de sujet et se promit de vérifier tout ça au plus vite.

Mais au fait :

Comment rédiger un contrat de commercial ?
Comment établir un avenant et y insérer de nouvelles clauses ?
Quels horaires, zones, clauses de non-concurrence et quelles contreparties éventuelles ?

 

Pour lire les réponses de l’UNIIC, rendez-vous dans la rubrique dédiée.

Réponses élaborées par Iris DELLOYE, Responsable du service Juridique et Social de l’UNIIC – iris.delloye@uniic.org

Print’Story – Episode 2

Antoine arriva sur le parking bien avant le changement de l’équipe de 6h00. Pendant longtemps il avait commencé de bonne heure, c’était « à la fraiche » qu’il abattait le plus de travail mais depuis quelque temps, il venait rarement aussi tôt car c’est lui qui emmenait maintenant Théo chez la nourrice, pour permettre à son épouse de se reposer car elle attendait le second ou la seconde, ils ne voulaient pas savoir. Aujourd’hui était particulier car il devait prendre la route avec un commercial dès 7h00, pour déjeuner avec un client à plus de 400 km.  Il avait donc décidé d’arriver de bonne heure pour expédier les affaires courantes et qu’elle n’est pas sa surprise de voir Maurice sortir de l’atelier, se diriger vers le coffre ouvert de sa 407 et y déposer des objets que la lueur blafarde de l’éclairage ne permettait pas à Antoine d’identifier. Le cariste ne l’avait pas vu, aussi Antoine hésita quelques secondes puis il se dirigea vers lui :

  • Bonjour Maurice, tout va bien ?
  • Oui, oui, euh, bonjour Monsieur Boulanger… Je rangeais mes affaires avant de partir…
  • Vous savez qu’il n’est pas encore l’heure je suppose ? Mais je peux savoir ce que vous emmenez ?
  • Ce sont mes affaires et, euh…, j’avais emprunté des gants et une balayette pour nettoyer ma voiture mais je les aurais ramenés demain…

Maurice était très mal à l’aise aussi Antoine décida d’ouvrir le coffre lui-même : pas une balayette mais deux, plus deux pelles, des savons et cinq paires de gants en caoutchouc ainsi que plusieurs exemplaires d’une revue régionale qui venait juste d’être imprimée. Tout ça était neuf et provenait de l’imprimerie. Antoine ne supportait pas les voleurs mais il n’avait jamais été confronté à une telle situation… Tout allait très vite dans sa tête : comment cet homme faisant partie du personnel depuis au moins 20 ans et qui passait pour un bon employé, père d’une famille nombreuse et dont l’épouse ne travaille pas avait-t’il pu en arriver là ?

  • Vous méritez la porte !

MAIS AU FAIT :

Quelle attitude tenir ? Le laisser partir et régler le problème plus tard ?

Chercher des témoins dans l’atelier et leur faire constater les faits ?

Faire des photos ?

Et quelles sanctions appliquer ?

Pour lire les réponses de l’UNIIC, rendez-vous dans la rubrique dédiée.

Réponses élaborées par Morgane SCHLAUDER, Juriste en Droit Social à l’UNIIC – morgane.schlauder@uniic.org

Election Présidentielle : quels tarifs de remboursement des frais d’impression ?

L’arrêté fixant les tarifs maxima de remboursement des frais d’impression des documents électoraux et d’apposition des affiches pour l’élection du Président de la République a été publié.

Pour en prendre connaissance : Arrêté tarifs remboursement du 5.04.02017

Pour mémoire, il n’existe plus de tarifs régionaux depuis 2012, un seul tarif s’applique à l’ensemble du territoire.

BREIZH’UNIIC : Profitez d’un DSI gratuit !

Fidèle à sa mission et dans la continuité des actions territoriales portées par sa Délégation Interrégionale Multisectorielle Grand-Ouest, l’UNIIC agit afin de faciliter les rencontres et les échanges entre les acteurs de la filière graphique. Le développement et la pérennité de votre activité passent par une consolidation du tissu graphique de votre région, le renforcement de vos structures et un maillage interentreprises.

C’est pourquoi, qu’ils soient adhérents ou pas de l’UNIIC et quelle que soit leur taille, nous proposons à nos amis bretons de bénéficier d’un Diagnostic Stratégique Individuel (DSI), financé par le fonds territorial sous l’égide de l’UNIIC, afin qu’ils puissent porter un regard nouveau sur leur entreprise, sur son positionnement dans un contexte ultra concurrentiel et prendre, en toute connaissance de cause, des décisions stratégiques (restructuration, développement, cession, retournement, rapprochement…).

Alors n’hésitez pas à venir nous rencontrer le mardi 16 mai au Château de Josselin : ce lieu central devrait permettre à tous de nous rejoindre sans faire trop de kilomètres. Consultez les modalités  de l’opération et venez découvrir ou redécouvrir un endroit chargé d’histoire tout en dialoguant avec vos confrères.

Programme et inscription (obligatoire) avant le 10 mai 2017.

TÉLÉCHARGEZ VOTRE BULLETIN D’INSCRIPTION

 

Print’Story – Episode 1

Chaque semaine, au travers de la vie quotidienne d’une imprimerie, nous vous proposons de participer à l’analyse et au décryptage des pièges auxquels Antoine, notre chef d’entreprise vedette est confronté. L’occasion pour vous de tester vos connaissances mais aussi de les remettre à jour avec l’aide de l’UNIIC…

Il repensait à ce que lui avait dit son père tout au long de ces années passées à ses côtés : « tu trouveras toujours des économies à faire mais ne quitte jamais la « fédé », c’est ta meilleure assurance ». Aujourd’hui la « fédé » est devenue l’UNIIC et Antoine sait ce qu’il doit à ce syndicat qui les a accompagnés lors du changement de statuts de l’entreprise. Il avait un frère et une sœur plus âgés que lui mais qui avaient suivis une toute autre voie et l’audit de l’UNIIC adossé au travail de l’avocat et de leur notaire avait été primordial.
C’est en conduisant vers l’imprimerie (il n’aimait pas cette expression « la boîte » qu’utilisait son père) qu’il voyait défiler d’anciens souvenirs et c’était souvent au volant de sa voiture qu’il remettait de l’ordre dans ses idées.
Il se revoyait dans cet atelier, fasciné par le mouvement incessant des pinces qui, avec une précision de métronome, prenait les cartes, blanches au départ, pour les insérer dans la mâchoire de l’Ofmi d’où elles ressortaient calligraphiées comme par miracle par une main invisible. Lui qui avait beaucoup de mal à former les lettres tel que l’aurait souhaité son instituteur ne comprenait pas pourquoi se donner tant de mal alors que la solution était là, devant lui.
Du haut de ses sept ans, il pensait que toute cette machinerie pourrait lui éviter bien des efforts et qu’il ne servait à rien d’apprendre à écrire. Vingt ans après Antoine avait repris l’entreprise familiale créée par son grand-père en 1951 et reprise par son père en 1970 après le décès du fondateur. À 65 ans, après 45 ans d’une vie professionnelle bien remplie, son père avait décidé de quitter l’entreprise non sans lui en avoir progressivement passé les commandes. Toutes les fois où son père l’emmenait « à la boîte » il passait des heures à regarder Paul, le vieux typo qui avait accompagné son père depuis ses débuts. Inlassablement il surveillait ses deux Ofmi rutilantes, tantôt ajoutant de l’encre dans l’une ou changeant la forme de l’autre. Lui était chargé de mettre le papier vierge en faisant attention à ne pas se faire « manger » le nez ou les sourcils par la barre de pinces, avertissement maintes et maintes fois prodigués par le personnel…
Tout cela lui revenait à l’esprit car il avait plusieurs demandes de stagiaires sur son bureau, certaines émanant d’élèves de troisième donc âgés de seulement 14 ans…

MAIS AU FAIT…

Pouvez-vous laisser un enfant mineur, même s’il s’agit du vôtre, utiliser une machine ou se promener dans les ateliers ? Que risquez-vous ?
Comment réagirait un inspecteur du travail ? Votre responsabilité serait-elle engagée en cas d’accident, seriez-vous couvert par votre assurance ? Comment accueillir des
stagiaires en toute légalité ?

Pour lire les réponses de l’UNIIC, rendez-vous dans la rubrique dédiée.

Réponses élaborées par Iris DELLOYE, Responsable du service Juridique et Social de l’UNIIC – iris.delloye@uniic.org

Congrès UNIIC 2017 : Changeons d’ère !

Le 22 juin participez à notre grand Congrès annuel dont voici un avant-goût :

  • Drupa, C!Print, ALL4Pack, Hunkeler’s Days, Cross Media Publishing, Graphitec : Yvon Guémard, Directeur de la rédaction de Caractère, synthétisera les nouveautés technologiques et orchestrera vos réactions face aux experts, fournisseurs, experts et imprimeurs qui débattront pour vous éclairer sur  l’innovation et les opportunités de diversification induites.
  • Zéro papier : Mythes et réalitésBrice Teinturier vous restituera en avant-première l’étude réalisée pour l’UNIIC par l’IPSOS : menaces, impacts, perspectives, plan d’action… une étude passionnante !
  • Déréférencements, clauses léonines ou autres brusques ruptures de relations commerciales : témoignages d’entrepreneurs qui viendront alimenter les analyses de notre avocat d’affaires, spécialiste du secteur graphique ; transaction, médiation ou contentieux… soyez éclairés !
  • Face à face les témoins industriels de l’imprimerie qui exposeront leurs difficultés et besoins de financement et les grands établissements financiers et bancaires qui proposeront des solutions innovantes : capital risque, caution mutuelle…
  • Reprise, cession ou rapprochement des TPE/PME : les clefs de la réussite avec là aussi de nombreux témoignages de confrères et la participation des meilleurs experts et consultants.
  • Ajoutez à cela l’actualisation des chiffres du secteur par la Banque De France (détaillés par régions), l’Europe graphique présentée par le Président d’Intergraf, l’activité du secteur et le dynamisme des différents marchés traités par l’IDEP et un sympathique cocktail dans les jardins de la Maison de l’Amérique Latine et vous obtiendrez tous les ingrédients d’une journée à ne manquer sous aucun prétexte.

Les adhérents de l’UNIIC bénéficient d’une entrée gratuite et pourront s’inscrire sur notre site dès la mi-avril et également acheter des entrées supplémentaires à tarif préférentiel.

Les marchés publicitaires repartent à la hausse, malgré des réalités contrastées

l’IREP et France Pub ont respectivement présenté les chiffres relatifs aux recettes et aux investissements de l’ensemble des marchés publicitaires sur l’année 2016.

 

Recettes publicitaires des médias : 0 %

Investissements de communication des annonceurs : + 1,5 %

Si une vue globale laisse donc apercevoir une croissance retrouvée, c’est sans surprise le digital qui tire l’ensemble vers le haut, les dynamiques demeurant notamment compliquées pour la Presse (recettes en baisse de 6,7 %, la PQN accusant une chute sévère de ses recettes publicitaires à  – 11,4 %).
A contrario, poussée par le mobile, les réseaux sociaux et la publicité programmatique, le segment « Display » (publicité online ayant recours à des éléments graphiques ou vidéo) affiche une hausse de 14,5 % de ses recettes (le segment « Search » progresse quant à lui à + 4,3 %).

Notons quand même l’excellente tenue du marketing direct, qui représente encore en volume le quart des investissements publicitaires, alors que comme le rappelle Xavier Guillon (France Pub), « On annonçait partout sa mort il y a quelques années ».

Dans la foulée de perspectives dressées jusqu’à 2020, Xavier Guillon se risquant à parier sur environ « 3 % de croissance », le parallélisme de la santé des marchés publicitaires avec le PIB justifiait l’intervention d’Eric Heyer (Directeur du département Analyse et prévision de l’OFCE), qui s’est livré à une longue analyse des mouvements économiques en zone Euro. Estimant notamment que « La zone Euro est la seule à avoir fait de l’austérité depuis 2011 », il affirme que « la grande récession n’est pas finie » et que « l’Allemagne ne peut pas être un modèle pour tout le monde. Tout le monde ne peut pas avoir leurs excédents commerciaux, car c’est un jeu à somme nulle : les excédents des uns génèrent les déficits des autres ». Une façon d’amener une conclusion en forme de remise en cause des modèles de croissance à tout prix, qu’il estime « nous mener droit dans le mur, au moins d’un point de vue écologique ».

Pour retrouver l’ensemble des chiffres par marché, l’UNIIC étant par ailleurs partenaire de l’événement, nous vous invitons à télécharger le communiqué de Presse édité par l’IREP et France Pub.

Relocaliser le livre semi-complexe – Une opportunité à portée de cluster ?

Jean-Marc Lebreton, expert-Formateur filière éditoriale, après avoir remis en octobre dernier un rapport sur la « Relocalisation des livres semi-complexes en France », revenait auprès d’Acteurs Graphiques sur l’avancement d’un projet à l’aube de sa phase 2, soit, précisément, celle qui acte de sa concrétisation sous les traits d’un « Cluster Livre »…

 

Le contexte économique est favorable à un rapatriement en France – ou à défaut, en Europe – d’un certain nombre de produits, dans la mesure où leur délocalisation en Asie s’avère de moins en moins rationnelle, économiquement parlant.

Comment cette idée de créer en France un « Cluster Livre » pour relocaliser certains travaux est-elle née ?

Un rapport a été remis fin octobre 2016 pour établir la possibilité d’une « Relocalisation des livres semi-complexes en France » mais le vrai préambule à ceci remonte à une autre étude, intitulée « Imprimer en France : l’avenir de la Filière Livre » et qui a vu la remise d’un précédent rapport, en décembre 2015, à l’initiative de l’UNIIC, sous l’égide de la Direction Générale des Entreprises (DGE) et réalisé par le Cabinet BL, avec Jacqueline Pieters et moi-même. Nous avions dans l’idée qu’il était possible de rapatrier des travaux qui ne se faisaient plus en France depuis longtemps.
Nous avons donc ici essayé de détecter des indicateurs de faisabilité et il s’avère que le contexte économique est favorable à un rapatriement en France – ou à défaut, en Europe – d’un certain nombre de produits, dans la mesure où leur délocalisation en Asie s’avère de moins en moins rationnelle, économiquement parlant. Les évolutions liées aux cours des monnaies et aux augmentations du coût du travail dans les pays d’Asie font que cette solution est en effet moins concurrentielle qu’elle n’a pu l’être. De fait, les éditeurs ont vu les coûts (et donc, les prix) de leurs collections augmenter. Les réimpressions sont rendues difficiles, les délais très longs apparaissent comme un handicap au vu des gains qui ne sont plus significatifs et par conséquent, vous pouvez commencer à dresser un contexte de relocalisation favorable.

Qu’est-ce que s’est attaché à analyser le rapport que vous avez donc rendu, pour y apporter la réponse industrielle la plus adaptée possible ?

Il a d’abord fallu déterminer quels produits étaient concernés : des ouvrages jeunesse principalement, mais aussi quelques ouvrages adultes. Il a bien sûr fallu collecter et analyser un ensemble de données chiffrées via les statistiques existantes du monde de l’édition, examiner les besoins et attentes des éditeurs concernés, cartographier les industriels présents sur le segment considéré et déterminer quels opérateurs dans le monde sont capables d’intervenir dans les travaux désignés par l’étude. Il a fallu définir les moyens humains et techniques à mettre en œuvre ainsi que les typologies de machines associées, établir la préconisation d’un schéma directeur, identifier des partenaires au travail manuel parce cela sera nécessaire malgré la forte robotisation des process et réfléchir à la nature du cluster qui pourrait être monté. Cela a consisté à identifier quels industriels français seraient concernés, définir les postes à insérer, dans quelle localisation géographique, déterminer les lignes de produits retenus dans un premier temps avec un positionnement stratégique du cluster, et enfin, évaluer les produits complémentaires qui pourraient être gérés par le cluster, dans la mesure où on est parti sur une idée certes centrée sur le Livre, mais on s’aperçoit qu’il y a de nombreux de produits qui peuvent être concernés.

L’idée fondamentale, c’est de ne pas faire de cluster d’impression, mais bien de faire un cluster de services aux imprimeurs. On veut leur offrir la possibilité de réaliser des façonnages qui aujourd’hui ne sont pas traités en France.

Quel genre de produits justement ?

On va clairement dans le domaine du jeu et du jouet, où l’on constate une forte demande de made in France, notamment pour ce qui concerne les cartonnages, comme les jeux de plateaux ou les jeux de cartes, qui seraient parfaitement éligibles à un traitement par le cluster.
L’idée fondamentale, c’est de ne pas faire de cluster d’impression, mais bien de faire un cluster de services aux imprimeurs. On veut leur offrir la possibilité de réaliser des façonnages qui aujourd’hui ne sont pas traités en France : on ajoute quelques matériels pour faire des ouvrages tout carton, pour faire des ouvrages découpés, pour faire des ouvrages avec inserts de matériaux divers comme les « touch & feel », pour faire des ouvrages auxquels on ajoute des éléments mobiles simples etc. L’objectif c’est de rester dans la cadre d’une demande éditoriale réelle et identifiable, pas forcément d’aller vers des choses trop complexes.
Il y a également une partie du marché de la PLV ou d’aide à la vente qui entre dans ce que le cluster pourra réaliser, on peut penser à la pharmacie ou à la cosmétique. Et enfin, il y a des documents d’accompagnement publicitaire comme on en trouve par exemple dans les produits alimentaires tels que les céréales, qui contiennent parfois des produits imprimés très spécifiques en termes de formats et de découpes.
Ce cluster pourrait donc assurer un développement en dehors du livre stricto sensu.

A-t-on décidé et arrêté la localisation géographique du cluster ?

Rien n’est décidé, mais j’ai émis trois hypothèses :

  • Viser une zone géographique sinistrée dans le cartonnage et la reliure disposant d’une main d’œuvre potentielle. Citons l’Aube où l’on trouvait la SIRC ou aux alentours de Malesherbes.
  • Se regrouper dans une zone géographique où il y a déjà des savoir-faire en cartonnage : Sarthe, Mayenne…
  • Se rapprocher des zones de distribution des livres pour les éditeurs, donc en région Parisienne.

Vous évoquiez le rôle central de la robotique au sein du cluster…

Oui, comme dans tout atelier de façonnage aujourd’hui, c’est énormément de robotique : les couverturières, les assembleuses, les machines à coudre etc. Tout ça, c’est de la robotique. L’objectif est d’aller un peu plus loin avec des têtes de robots qui coûtent très peu cher et qui iront mettre des points de colle pour disposer des objets de façon ultra-précise. Il faut une méthodologie de mise en œuvre de ces robots qui soit très light – autour de mille euros le robot, pas plus – le but étant d’en rester à du « mécano » parce qu’on fait de toutes petites séries dans cet univers éditorial.

C’est parce qu’il nous manquait cet équipement-là en France que nous étions incapables de répondre à cette demande ?

Oui, en partie. Mais c’est aussi parce que l’Asie, avec une main d’œuvre très peu chère, a offert la possibilité de faire ça pour des prix dérisoires. Les éditeurs ont trouvé là une opportunité parce que les possibilités ont été décuplées ; ainsi depuis les années 60-70, ce type de produits a quasiment disparu en Europe.

Justement, comment les éditeurs ont été impliqués et comment ont-ils accueilli cette volonté de relocalisation industrielle ?

Fort des constats réalisés lors de l’étude UNIIC/DGE, et grâce à de nouveaux entretiens spécifiques avec un certain nombre d’éditeurs concernés par les livres jeunesse, il s’avère que ceux-ci nous ont spontanément fait part des raisons qui avaient pu les conduire à migrer vers des zones géographiques situées hors de notre périmètre national et des fondements rationnels d’un retour vers l’Europe et vers la France en particulier. Tous ont montré une appétence très vive pour le projet et s’ils reconnaissent tous que les délocalisations en Asie ont été historiquement poursuivies pour profiter d’une main-d’œuvre très peu chère, aujourd’hui ils n’ont plus de solution alternative : ils sont pieds et poings liés avec l’Asie. Or, ces derniers ont logiquement augmenté leurs prix et leur position de quasi-monopole a contraint les éditeurs à limiter les plus-produits (au sens commercial, le plus-produit désigne un avantage comparatif et concurrentiel. Ici il s’agit d’un attribut complémentaire au livre : dépliant, pop-up simple etc. ndlr). Des phénomènes concomitants ont accéléré le processus. Ainsi, la dévaluation de l’euro par rapport au dollar en 2013 a engendré une augmentation de 20 % des prix asiatiques. De plus, en moyenne, la hausse des prix est de 10 % par an. Ça ne peut donc pas continuer comme ça… Telle appétence dépasse d’ailleurs de loin les  éditeurs avec lesquels nous avons travaillé, elle est sensible chez tous ceux que l’on approche sur cette question.

Sait-on quel chiffre d’affaires potentiel un tel cluster pourrait générer ?

C’est la phase 2 qui va permettre de définir un chiffre d’affaires plus précisément autour de ces produits relocalisés, mais avec les chiffres globaux de l’édition, il sera relativement facile d’en donner un ordre de grandeur en temps voulu. De la même façon, la mutualisation (notamment financière) d’un tel cluster reste à penser et établir à l’issue de cette phase 2. Il est clair toutefois que l’idée va consister à nouer des partenariats avec un certain nombre d’imprimeurs que l’on aura préalablement qualifiés : il devra s’agir d’imprimeurs français qui ont déjà une partie de leur CA dans le livre jeunesse et qui impriment en couleur. Le but, c’est de leur permettre d’étendre leur panel d’offre vis-à-vis de clients qu’ils ont déjà dans ce segment éditorial.
Il y a par ailleurs un marché caché de l’édition jeunesse : c’est celui de la coédition. Autant quand on réalise une coédition traditionnelle de littérature, on adresse un fichier texte à un éditeur étranger, qui traduit et imprime pour ses collections les livres dont on lui a cédé les droits, autant pour les ouvrages complexes et semi-complexes, c’est l’éditeur d’origine qui fabrique. Et c’est donc à l’éditeur d’origine qu’appartiennent ces fabrications. L’éditeur étranger, lui, achète des ouvrages terminés. Les chiffres à l’export de livres jeunesse que j’ai pu collecter montrent ainsi que l’on dépasse assez nettement le marché des ventes en France accessible via le SNE, et à analyser avec le BIEF (Bureau international de l’édition française), parce que les volumes « fabriqués » nourrissent aussi ces autres marchés. Sachant que l’édition jeunesse en France est particulièrement créative, et de fait, régulièrement récompensée par des Prix spécialisés, cette dimension supplémentaire ne doit pas être négligée.

Ce cluster pourrait assurer un développement en dehors du livre stricto sensu.

Pour conclure, si vous deviez synthétiser en quelques mots les objectifs portés par ce cluster en cours d’élaboration…

Ce cluster a pour vocation de répondre à plusieurs problématiques :

– Apporter aux imprimeurs de livres couleur un surplus d’activité dans un domaine non-exploité à ce jour.
– Apporter une réponse à une demande éditoriale en termes de rapidité, stabilité et fiabilité.
– Développer le made in France sur des produits emblématiques que sont les livres pour enfants.
– Mettre en œuvre la collaboration entre imprimeurs pour un but commun et fonctionnel.

CHSCT & pénibilité, Les formations IDICG du mois d’avril

 Comment faire de votre CHSCT un partenaire efficace ?

Public concerné: Chef d’entreprise ou son représentant, DRH, Responsable sécurité, Référent santé et sécurité

JEUDI 6 AVRIL 2017 de 9H30 à 17H30 à l’UNIIC, 68, boulevard Saint-Marcel 75005 PARIS

 

◘  Comment intégrer la pénibilité dans l’évaluation des risques ?

Public concerné: Référent santé et sécurité, Responsable sécurité, toute personne en charge de l’évaluation des risques

JEUDI 13 AVRIL 2017 de 9H30 à 17H30 à l’UNIIC, 68, boulevard Saint-Marcel 75005 PARIS

 

WEB FORMATION :

Nous mettons en place une formation à distance qui sera opérationnelle dans quelques semaines.

Si vous ne souhaitez pas vous déplacer n’hésitez pas à choisir cette option :  les dates et modalités vous seront communiquées après enregistrement de toutes les inscriptions.

Certifications forestières – Une nécessaire mise au clair

Il s’agissait d’un petit-déjeuner particulièrement attendu, puisque Culture Papier proposait de revenir sur l’émission « Cash Investigation » diffusée le 24 janvier dernier, intitulée « Razzia sur le bois » et remettant notamment en cause la validité des certifications forestières. L’occasion était ainsi donnée à Stéphane Marchesi (Secrétaire général de PEFC France), Benjamin Mattely (Responsable environnement pour l’UNIIC et animateur national de la marque Imprim’Vert) ainsi que Cyril Hergott (Responsable RSE chez Riposte Verte) de réagir et de réaffirmer le caractère responsable d’une Filière (in)directement visée…

« Le papier est-il responsable ? ». C’est en ces termes que Culture Papier avait choisi de cadrer son petit-déjeuner thématique, qui pouvait apparaître de prime abord plutôt conventionnel, mais qui prenait en réalité une résonance toute particulière, en écho à une actualité bouillante. Visant plus particulièrement le label PEFC, l’émission d’Elise Lucet faisait en effet la démonstration accablante de certifications délivrées quasiment à l’aveugle, à des exploitations forestières qui n’en étaient pas, le reportage moquant sans vergogne la facilité qu’ils ont eue à faire certifier le Mont Ventoux ou encore une discothèque… Stéphane Marchesi ne tardera d’ailleurs pas à revenir sur ce point, pour évacuer d’emblée l’attaque la plus frontale visant PEFC. « Ce que le reportage ne dit évidemment pas, c’est que la grande majorité des hectares de forêts certifiés PEFC bénéficie d’un contrôle continu via l’ISO 14001. Il n’y a que pour les petits propriétaires forestiers que nous appliquons effectivement un contrôle par échantillonnage dans le cadre d’une certification de groupe, mais quitte à parler franchement, nous aurions tout à fait pu ne pas nous y intéresser et ainsi nous débarrasser du problème. Nous avons préféré leur donner également la chance de suivre nos programmes de certification, pour étendre autant que possible les bonnes pratiques aux propriétaires les plus modestes. Pour ces derniers, nous nous basons donc effectivement sur une présomption de bonne foi et en 20 ans, nous n’avons jamais eu à gérer de plaintes. Il a fallu que Cash Investigation invente de faux dossiers parce que sans ça, ils n’avaient rien trouvé ». Car si les déclarations farfelues sont dans un premier temps effectivement possibles – « Comme vous pouvez tout à fait déclarer n’importe quoi sur votre feuille d’impôts » peste Stéphane Marchesi – elles feront l’objet, tôt ou tard, d’une sanction via le système de contrôle PEFC, nous assure-t-il.

Cyril Hergott (expert environnement chez Riposte Verte), Stéphane Marchesi (Secrétaire général de PEFC France) et Benjamin Mattely (Responsable Environnement pour l’UNIIC et animateur national de la marque Imprim’Vert).

Soulignant par ailleurs qu’à faire certifier des sites qui ne produisent rien et n’émettent donc pas de bois sur le marché, la manœuvre apparaît à Stéphane Marchesi d’autant moins probante, même s’il concède toutefois réfléchir à la façon dont PEFC pourrait corriger la faille – réelle – exploitée par le reportage : « Nous étudions plusieurs pistes et demander un titre de propriété avant d’attribuer une certification figure parmi les possibilités. Mais nous voulons prendre le temps de réfléchir à notre action suite à cette émission et dans un premier temps, nous avons porté plainte auprès du CSA pour non-respect de l’éthique journalistique d’une part, et contre le Directeur général de Greenpeace France d’autre part, qui a clairement affirmé qu’une seule certification forestière était crédible. Ce n’est évidemment pas vrai ».
Rappelant à ce titre que les cahiers des charges respectifs de FSC et PEFC étaient effectivement « très proches », il n’y a guère « que les modes de gouvernance » qui, de l’un à l’autre, diffèrent selon Daniel Bozonnet, expert environnement chez UPM.

L’autre inquiétude qui a pu émerger suite à la diffusion de cette émission concerne les éventuelles répercussions collatérales sur la Filière dans son entier, une partie de ladite émission ayant d’ailleurs mis la focale sur les pratiques, déjà mises à défaut par le passé, d’un papetier Indonésien (en l’occurrence, Asia Pulp & Paper), accusé d’avoir asséché les tourbières et donc d’avoir joué un rôle malheureux dans les graves incendies qui ont ravagé la forêt tropicale Indonésienne en 2015. Une triste mise en lumière qui ne doit pas faire oublier, comme l’a rappelé Benjamin Mattely, « que la forêt est d’abord mise en danger par le changement d’affectation des sols, et donc principalement par l’agriculture et l’élevage ». Les effets éminemment positifs d’une généralisation des certifications ne doit donc, de fait, pas être minorée : « Cette Filière travaille la question du développement durable depuis 1992 et s’est saisie des problématiques de déforestation depuis longtemps. Aujourd’hui, on compte en France environ 600 imprimeurs certifiés PEFC, dont 400 bénéficient de la double certification FSC/PEFC, et plus de 2000 imprimeurs sont labellisés Imprim’Vert. Ces labels ont été crées pour répondre à un manque de contrôle des Etats, et ils ont eu des effets bénéfiques indéniables » argue le Responsable environnement de l’UNIIC.

Cyril Hergott souligne toutefois que si les labels apparaissent « de plus en plus importants pour les entreprises et les donneurs d’ordre », c’est avant tout pour « un souci d’image de marque », ajoutant donc qu’il était encore « important de sensibiliser les parties prenantes sur un engagement RSE ». Un travail toujours mené de front par les acteurs d’une Filière concernée, voire exemplaire à de nombreux égards, et qui n’en a pas fini de progresser…

Un article plus complet sur le sujet est à paraître dans « Acteurs de la Filière Graphique » n°117. Pour vous abonner, n’hésitez pas à en faire la demande par e-mail : contact@uniic.org 

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