Mondial des Métiers : s’imprimer pour exister !

Le Mondial des Métiers fut, cette année encore, l’occasion pour les Industries Graphiques d’élaborer une vitrine attrayante et animée. Le stand de 90 m² construit par l’IDEP, avec l’appui de l’UNIIC, du SNCD, de Fespa France, de l’OPCO EP, de Grenoble INP-Pagora ainsi que des lycées et CFA de Rhône-Alpes, a ainsi accueilli de nombreux (jeunes) visiteurs, non sans manquer de les immerger dans une drôle d’expérience…

Il y a bien sûr les immanquables démonstrations effectuées sur place (prépresse, atelier de sérigraphie, animation filmbook…), un imposant carrousel de produits imprimés, mais il a aussi ce curieux igloo… Si l’on est face à lui d’emblée plutôt interrogatif, sa fonction “expérientielle” a tôt fait de se faire plus claire : de jeunes volontaires se font bander les yeux avant de rentrer dans l’igloo, où ils sont assis face à une table basse. On leur demande alors d’imaginer qu’on y a disposé différents produits : une bouteille de lait, une boite de chocolats, un catalogue etc. Le temps de stimuler leur imaginaire pour que ces derniers visualisent la scène, on leur ôte ensuite leur masque, ces derniers découvrant effectivement les produits qu’on leur avait listés… Neutres de toute impression. Des objets blancs, anonymes, dont il ne reste guère que les formes. Vient alors le moment de les laisser s’exprimer : s’attendaient-ils à ça ? Les “Non” fusent, ces derniers évoquant des choses plus colorées, mieux identifiées, plus attractives, plus “vivantes”… Plus imprimées, en somme. Et pourtant, leur rétorque-t-on : voilà ce que seraient nos objets du quotidien si les métiers de l’impression n’existaient pas. La démonstration est limpide et rappelle combien, en marge des segments en tension ont on parle beaucoup (via notamment les difficultés que subit de la Presse écrite), l’impression est partout, à la fois indispensable et protéiforme.

Une expérience ludique qui souligne l’essentiel et qui n’a pas manqué de susciter des sourires convaincus. C’est là tout le paradoxe d’une “belle vitrine” qui aura gagné à être, pendant quelques minutes, plongée dans le noir…

Les Stars de l’Imprimerie

Pour cette année 2019, la rédaction du magazine Caractère a récompensé les Stars de l’Imprimerie. Des entreprises et des hommes qui se sont distingués par leurs résultats, leurs investissements, leur volontarisme et leurs valeurs.

Les lauréats des Stars de l'Imprimerie 2019

Les lauréats des Stars de l’Imprimerie 2019. Photo : Caractère

Commençons par le coup de cœur attribué à Vincent Levieux, PDG d’Handiprint. Il a créé en 2010 « une société conjuguant enjeux sociaux et économiques » en embauchant 6 salariés handicapés en CDI au départ. Handiprint compte maintenant 140 salariés dont 120 sont en situation de handicap. Mais plus que ça, l’objectif étant de réaliser leurs projets de vie, plusieurs d’entre eux ont depuis quitté la structure dédiée et adaptée Handiprint pour rejoindre l’Imprimerie Artistique Lecaux qui fait partie du même groupe. Voici donc récompensées des valeurs déployées sur 9 ans avec détermination.

Et de la détermination il en faut également au deuxième lauréat Hubert Pédurand. De la détermination et une bonne dose d’audace. À la tête de la SCOP Laballery depuis 2015, il a poussé l’entreprise à investir pour innover et accompagner les éditeurs dans leur chasse aux invendus. Une stratégie qui paye et donne un nouvel élan à la SCOP consolidée après l’acquisition de Floch et de la Source d’Or. Mais la plus grande audace d’Hubert Pédurand récompensée par les Stars de l’Imprimerie est certainement la conception de Gutenberg One : le livre à la demande breveté et imprimé en France. À découvrir sur l’espace la Frenchprint de la Drupa 2020 (stand 6B02) et en attendant en lisant notre article “Laballery, un pas décisif vers le futur du livre ?”

Une hyperactivité qui rappelle celle de Laurent Caviale, récompensé pour sa vision : « il faut toujours être en mouvement ». Déjà Link, spécialiste de la communication haut de gamme l’est assurément. Du studio de création qui propose de la réalité augmentée au service de façonnage intégré, Déjà Link maîtrise mais aussi mutualise ses investissements matériels avec Nortier Emballages au sein du même groupe Firopa. Une stratégie qui permet à l’entreprise de Stains d’afficher de très bons résultats.

De très bons résultats affichés également par Sébastien Lemaire qui a su avec ses deux associés Patrick Eveno et Gabriel Chéreau développer une activité en croissance dans une entreprise qui appartient à un secteur mis à mal : l’éditique. Faire évoluer l’activité le chèque imprimé en lui adjoignant des services de plus en plus personnalisés n’a pas été une mince affaire. Mais les trois associés y sont arrivés en douceur, en revenant aux sources de l’éditique et en décryptant les besoins de leurs clients. Nous avions également consacré une rubrique Imprimeur à l’honneur à Sébastien Lemaire et Cogeprint, un article à redécouvrir : “Cogeprint : imprimeur dans l’âme.”

La soirée a aussi honoré Philippe Desvéronnières de Covepa-Michels pour sa stratégie industrielle. Il a créé en quelques années le symbole de l’industrie 4.0. Une entreprise rationnelle spécialisée dans l’emballage agroalimentaire imprimé. Cet ingénieur des Arts et Métiers passé par l’automobile répète à qui veut l’entendre que ses actions n’obéissent qu’à une règle : le taux de rendement synthétique. Il s’est lancé en début d’année la mission de relancer le Groupe CEC, 89 emplois sur Valence et Le Mans et s’est fixé un objectif pour 2025 : atteindre un CA cumulé de 60 millions d’euros.

Vous l’aurez peut-être remarqué mais 4 des 5 lauréats sont des adhérents UNIIC et nous sommes très fiers d’avoir une nouvelle raison de mettre en avant ces capitaines d’industrie passionnés par leur métier. Toutes nos félicitations !

Uniic’Tour Grand Ouest : retour en images

A Nantes, l’Uniic’Tour s’est appliqué à restituer les enseignements de l’étude “Zéro Papier : mythes & réalités”, à observer les spécificités régionales qui portent la communication imprimée en Pays de la Loire ou encore à évoquer le potentiel rapatriement de travaux d’impression, dans le domaine du livre. Le tout devant une centaine de participants, prompts à s’investir dans des échanges nourris. Retour en images commentées…

 

Pour Benoît Duquesne, Président de l’UNIIC, cette étape nantaise de l’Uniic’Tour marquait la volonté renouvelée de “porter le débat sur le terrain”, avec ici “une spécialité régionale” nous assure-t-il : “celle de savoir anticiper les vents contraires”.

A l’image du mouvement de convergence observé dans le secteur des Industries Graphiques, Chantal Aboudeine – Directrice de Grafipolis – a souligné combien l’école restait “fidèle à ses racines, tout en s’ouvrant à la communication sous toutes ses formes : de la communication visuelle au packaging”.

Expliquant notamment combien “les budgets communication sont de plus en plus aspirés par le développement d’outils technologiques et d’applications propriétaires”, Xavier Guillon (France Pub) s’est attaché à décrire un marché publicitaire qui s’est déporté sur une “ère de la communication affinitaire”, assurant que “les pures stratégies d’audience ont fait leur temps”. Un repositionnement stratégique global qui, loin de condamner l’imprimé, en souligne au contraire les vertus qualitatives pour “renouer du lien”.

Précisant que le phénomène était certes “modéré en pays de la Loire”, Thibaud Dumas (journaliste, président du Club de la Presse Nantes Atlantique), soulignait un mouvement global de concentration de la Presse, qui voit aujourd’hui seulement 17 départements disposer d’un titre d’information local. Un constat qui n’empêche pas toutefois la foisonnance de titres spécialisés, ciblant des “niches” de façon pertinente.

Passant le flambeau à Franck Communier (Roto Armor, à droite), nouveau président de la DIM (Délégation Interrégionale Multisectorielle) Grand Ouest, Jérémie Séjourné (Kalydéa) s’est fendu d’un discours fleuve : évoquant le chemin parcouru, les actions menées et l’impérieuse nécessité de poursuivre, par l’engagement collectif, la promotion et la défense des métiers de l’impression, il en a appelé aux énergies de toutes et tous. Une énergie que Franck Communier a dit vouloir traduire en idées, à faire vivre sur le terrain, pour offrir à l’UNIIC de vrais relais régionaux.

Avant un compte-rendu complet à venir dans les colonnes du magazine Acteurs de la Filière Graphique, la table ronde intitulée « Imprimer local, penser global, imprimer en France qu’est-ce que ça change ? » posait la question essentielle d’un possible rapatriement des flux d’impression en France. A quelles conditions et pour quels efforts ? Ici avec, de gauche à droite : Thierry Brochard, DG de Offset 5 imprimeur, Bérengère Orieux, éditice (Ici-Même), Thierry Bodin-Hullin, éditions l’Oeil Ebloui, président du Col.Libris (association des éditeurs indépendants en Pays de la Loire), Emmanuelle Garcia, directrice de Mobilis, Jean-Philippe Zappa, Ambassadeur du livre, Géraldine Bannier, Députée de la Mayenne et présidente du groupe d’études ‘Livres, économie du livre, économie du papier’ à l’Assemblée Nationale, Patrick Manteigueiro, directeur commercial Groupe Laballery et George Sanerot, ancien président du groupe Bayard, président du comité d’organisation des Assises nationales de la production de livres en France.

 

 

 

 

 

 

Formation environnement au Portugal – Retour en images

Avant un dossier plus développé dans les colonnes du prochain numéro d’Acteurs Graphiques, à paraître en cette fin d’année, retour en images commentées sur le séminaire “Environnement” Portugais : une vingtaine de participants emmenés par l’UNIIC, en partenariat avec Caractère, ont notamment pu découvrir la pépinière d’eucalyptus globulus d’Espirra ainsi que l’usine à papier du Groupe Navigator de Setúbal.

Qualifié de “clé de la différenciation de Navigator”, l’eucalyptus globulus (ici à l’état de boutures) bichonné dans les serres d’Espirra est vanté par Patrice Charpentier (Sales manager) pour “sa densité de fibres très importante” et “sa paroi cellulaire plus épaisse permettant un meilleur passage en machine”. Mettant en avant “la régularité de la production”, le groupe, premier producteur Européen de papier non-couché sans bois, produit 1,4 millions de tonnes de pâte par an, sur quatre sites de production. (dont 550 000 tonnes pour le seul site de Setúbal).

Après plantation (uniquement en période de pluies, nous précise-t-on), l’eucalyptus globulus a un cycle de vie de 36 ans, moyennant trois coupes toutes les douze années. Il n’est ensuite plus viable d’exploiter les mêmes racines, nécessitant donc une replantation. Ce sont au total 12 millions de pousses par an qui sont plantées par Navigator Company, via ce qui constitue la plus grande pépinière certifiée d’Europe.

L’usine de Setúbal abrite “la plus grande machine à papier d’Europe” nous confirme Patrice Charpentier. Un investissement global de 900 millions d’euros (incluant la finition et le bâtiment) pour une machine Metso qui représente en longueur la bagatelle de trois Airbus… “Cette machine tourne toute l’année, 24 heures sur 24, à l’exception de 2 à 3 jours d’entretien par an” ajoute-t-il. (Ici, pendant un changement de jumbo automatisé).

Seheno Ratsimbazafy et Matthieu Prevost, respectivement Chef de projet environnement et écoconception chez Citeo; et responsable environnement pour l’UNIIC et animateur national de la marque Imprim’vert, ont présenté et balayé pendant près de deux heures les enjeux environnementaux majeurs dans les Industries graphiques. Au programme notamment : les leviers d’écoconception et leurs effets sur l’écocontribution consentie par les metteurs sur le marché, les défis de progrès quant à la recyclabilité des produits imprimés (problématiques de désencrage, présence d’huiles minérales dans les encres ou les colles, utilisation de blisters biodégradables…), revue d’effectifs des labels et leur signification, démarches de progrès dans les approches liées au site de production et au produit lui-même etc.

Un temps plus ludique de visite a également été aménagé, ici à Lisbonne à proximité du traditionnel “Electricos” (tramway) de la ville…

… Mais également à Porto, non loin des caves où le vin éponyme est produit.

Un merci particulier à Guillaume Trias pour le partage de ses photos.

Journée technique “Grand format”, retour en images

Assurant lors de son discours introductif que l’UNIIC avait la volonté de “remettre le grand format au cœur de l’échiquier”, Guillaume Trias, à la fois membre du Bureau exécutif de l’UNIIC et dirigeant de Nuances Impression, rappelait également qu’au-delà des positionnements stratégiques de chacun, il s’agissait souvent de répondre aux “mêmes clients” et d’apporter des solutions à de “mêmes problématiques”. Un mouvement de convergences croisées qui voit les initiatives de diversification s’intensifier chez les imprimeurs, de plus en plus convaincus qu’à couvrir des gammes de produits à la fois plus étendus et complémentaires, on s’inscrit de façon pertinente dans un phénomène de désegmentation de la communication.

Retour en images (commentées) sur une journée technique organisée en partenariat avec HP et Caractère, sur le thème du “Grand format” :

La terrasse panoramique du siège d’HP offrait pour cette journée technique un cadre privilégié.

Via des démonstrations commentées sur Latex R2000 & Latex 1500 (en direct et par écran interposé, depuis le site barcelonais de la marque), ainsi que des ateliers animés sur place sur latex 315 Print & Cut, Stitch S500 et Pagewide XL, HP a fait valoir un ensemble d’applications à même, pour un imprimeur dit “Labeur” de “toucher de nouveaux marchés et compléter son offre”. Ici à gauche, Nadine Lalanne (HP) en discussion avec Janette Cacioppo (BS2I).

Au gré des interventions techniques qui ont rythmé la journée, l’accent a notamment été mis sur la variété des supports imprimables, en soulignant notamment combien certains marchés – celui de la décoration, tout particulièrement – représentaient de sérieuses opportunités de développement . “Aujourd’hui moins de 1 % du marché potentiel de la décoration est imprimé en digital” précise notamment Jonathan Sido (Brand Management Group), laissant entendre que telle proportion allait forcément exploser ces prochaines années.

Sébastien Tison, Responsable Développement du Marché Arts Graphiques (à droite), rappelait, en évoquant la gamme HP Pagewide XL, combien “ce type de machines, autour de 20 000 euros en entrée de gamme, intéresse beaucoup les enseignes de grande distribution”. De quoi s’interroger sur le repositionnement (nécessaire ?) des imprimeurs de métier, à l’heure où certains clients tentent la désintermédiation… Et si la clé constituait à devancer ce type de besoins dans une offre globale ?

Christophe Villar, Directeur de Projet chez Graphic Audit Consulting, expert certifié UGRA qui accompagne les entreprises pour l’obtention de la certification PSO, rappelait combien “la colorimétrie est une problématique toujours centrale chez les donneurs d’ordre, notamment dans les marchés du luxe”. Un constat renforcé par la baisse des tirages moyens, au profit de retirages plus fréquents. “Il faut sortir du subjectif” estime-t-il, évoquant la persistante omniprésence “d’opérateurs travaillant à l’intuition, en ne se fiant qu’à leur œil”. Pour rappel, Christophe Villar conduit également une solution collective baptisée UNIIC’COLOR.

Alors que les problématiques liées à la pose des supports imprimés (garanties qualitatives, respect d’une réglementation de plus en plus exigeante et croissance de nouveaux marchés réclamant de nouvelles compétences) ont été présentées par Rémy Falaize (ResoSign), la question sensible du recyclage des supports “grands format” a permis de clore la journée. C’est Hélène de La Moureyre (Bilum) qui s’est attachée à décrire le concept d’upcycling, consistant ici à réutiliser des bâches pour confectionner des objets uniques : sacs, trousses, carnets, agendas etc. Une seconde vie qui, dit-elle, voit “certains annonceurs passer par nous plutôt que de faire fabriquer des sacs en Chine pour leurs clients, leurs congressistes etc”.

A venir dans un prochain numéro d’Acteurs Graphiques, un résumé plus complet de cette journée…