Entretien – Conçu et porté par le SNE et l’UNIIC, « Clic.EDIt est devenu un projet incontournable »

Ce n’est plus une option : mettre en place un langage commun visant à faciliter, accélérer, standardiser et sécuriser les échanges de données informatisés entre les différents acteurs de la chaîne du livre, fait aujourd’hui figure de passage quasi-obligé, dans un contexte de baisse continue du tirage moyen et avec lui, de hausse des coûts administratifs associés. Clic.EDIt est le projet ouvert qui se veut élaborer tel langage unique, sur la base d’un travail de filière forcément collectif et représentatif de la diversité de ses acteurs. Nous avons rencontré Jean-François Lyet et Loïc Ménage, respectivement vice-président et secrétaire général de l’association, pour en savoir plus…

Le Bureau Clic.EDIt est constitué, de gauche à droite, de Frédéric Fabi (trésorier), Jean-François Lyet (vice-président), Pascal Lenoir (président) et Loïc Ménage (secrétaire général).

Clic.EDIt a pour but de définir un langage structuré commun, ayant vocation à automatiser les échanges entre tous les acteurs de la filière livre et éliminer  les coûts de non qualité liés aux données administratives et techniques. C’est une ambition de filière mais nombre d’acteurs n’ont-ils  pas déjà optimisé tous leurs process ? Est-ce que certains n’ont pas déjà une belle longueur d’avance sur les flux de gestion ?

Jean-François Lyet : Il y a des expériences qui ont effectivement pu être menées par certains grands acteurs, mais elles ont été conduites à chaque fois de point à point. C’est-à-dire qu’il faut réexpliquer voire redéfinir les règles dès lors que l’on change de prestataire. Et le problème, même pour les structures les mieux armées, c’est que plus on travaille avec de nombreux acteurs, plus cela suppose des réécritures et des redondances dans la conduite des échanges. Si nous parvenons à définir tous ensemble un langage unique et ouvert, sur un périmètre suffisamment large pour s’adapter à toutes les tailles d’entreprises et toutes les configurations, il ne sera plus nécessaire de retraduire les données reçues ou envoyées. L’objectif est vraiment de faire en sorte que le travail d’intégration d’un langage commun soit fait en interne, une seule fois, et peu importe ensuite que l’on travaille avec 10, 20 ou 100 acteurs différents : ça ne génère plus de coûts supplémentaires, tant pour le donneur d’ordre que pour le fournisseur papetier, le professionnel du prépresse ou l’imprimeur. Tout le monde y est gagnant, dans un contexte où l’on cherche à produire au plus proche de ce que l’on vend, réduire les stocks et optimiser la logistique. Le tirage moyen est à la baisse depuis au moins 15 ans et la réduction des tirages s’est accompagnée d’une augmentation des actes de fabrication. Qui dit actes de fabrication dit supports de gestion avec son corollaire, une augmentation de la charge des coûts administratifs liés aux ressaisies et autres rigidités dans les échanges de données qui va devenir proportionnellement insoutenable.

Loïc Ménage : Pour un dossier de fabrication qui m’est envoyé par un éditeur, qu’il s’agisse d’imprimer 20 000 ou 2000 exemplaires, le temps de traitement est rigoureusement le même. Or, je reçois de plus en plus de dossiers à 2000 exemplaires et cela génère des situations où il faut pouvoir enchaîner les jobs avec le plus de fluidité possible, faute de quoi, c’est le chiffre d’affaires qui est touché…

Jean-François Lyet : Un point me semble fondamental : nous ne souhaitons pas qu’il s’agisse d’un projet de langage utilisable seulement par une partie des acteurs, nous veillons à ce que tel langage puisse s’adapter à toutes les situations et toutes les tailles d’entreprises. Au sein du SNE notamment, nous avons voulu que de toutes petites maisons d’édition puissent nous rejoindre et il s’avère que certaines, parfois des maisons de seulement 5 à 6 personnes, ont manifesté un véritable intérêt pour la démarche. Nous espérons que certains rejoindront non seulement l’association, mais pourront aussi figurer dans les groupes de travail que nous avons constitués pour ne pas créer une sous-représentativité des petites et moyennes entreprises. C’est en effet un problème que nous rencontrons notamment pour l’activité prépresse, où le groupe n’est à ce jour constitué que de moyennes et grandes maisons, ce qui n’est pas assez représentatif de la réalité du métier. Il en est de même pour l’UNIIC qui veut offrir à ses membres de toute taille la possibilité d’entrer dans un système fluide dans lequel les codes sont harmonisés.

Comment fonctionnent et s’organisent les différents groupes de travail au sein de l’association ?

Jean-François Lyet : Depuis quelques mois, tous les groupes de travail ont été lancés, avec à la tête de chacun d’eux, deux co-animateurs, dont l’un représente systématiquement les donneurs d’ordre et l’autre les fournisseurs. Ces groupes de travail regroupent une demi-douzaine à une douzaine d’acteurs, ce qui les rend gérables et permet à chacun de prendre la parole s’il le souhaite. Si toutefois on constate des déséquilibres, c’est le rôle des co-animateurs de distribuer le temps de parole de façon équilibrée. Les groupes aujourd’hui actifs sont ceux du prépresse, du papier, de l’impression noir (auquel on a rattaché le brochage) et de l’impression couleur (auquel on a plutôt rattaché la reliure). Il existe un support transversal qui prend la forme d’un groupe de coordination technique, son rôle est de donner une impulsion générale, de déterminer vers quel type de langage il faut aller et qui s’assure de la bonne délimitation des périmètres.

Pourquoi ne pas avoir impliqué les éditeurs de progiciel ?

Jean-François Lyet : Nous n’avons pas voulu, malgré des demandes en ce sens de leur part, répondre tout de suite aux sollicitations des développeurs de logiciels. Nous voulions vraiment que tel langage soit d’abord entre les mains des acteurs de la filière, sans l’enfermer dans un progiciel donné. Alors même si c’est encore prématuré, il est bien entendu d’ores et déjà prévu d’informer les acteurs du logiciel (entre autres) de cette démarche, en leur expliquant ce que ça peut leur apporter, de façon à ce que eux puissent également développer de façon native, dans leurs versions logicielles à venir, la capacité de transmettre, de livrer ou de sortir, des données, en s’appuyant sur ce langage. Et de la même façon, les éditeurs de progiciel en question n’auront à intégrer ces informations qu’une seule fois.

Loïc Ménage : L’idée effectivement, c’est bien d’éviter qu’un éditeur d’ERP s’approprie la technologie pour la refacturer à chacun de ses clients. Il vendra bien sûr toujours ses logiciels, mais avec le langage commun déjà intégré, en tant que standard. Mais une phase de communication/information est prévue en amont et c’est aussi sur cette base que la demande pour l’intégration d’un langage commun aux progiciels du marché aura du poids et donc, d’autant plus d’intérêt pour les éditeurs de progiciel.

Est-ce qu’en standardisant, on ne risque pas de perdre une forme de singularité ? Est-ce que certaines différences ne constituent pas une sorte de propriété intellectuelle ?

Jean-François Lyet : Non, je ne le pense vraiment pas. C’est d’ailleurs pour ça qu’un de nos premiers travaux a consisté à établir un glossaire commun. Il s’agit donc de s’entendre autour de définitions et en l’occurrence, donner un nom différent à quelque chose ne constitue en rien un avantage concurrentiel. Au contraire, c’est davantage un élément de confusion dans la tête de celui qui va recevoir l’information… Et contribuer au risque de se tromper, au nom d’une forme de différenciation, ce n’est profitable à personne. Pour autant, aucun glossaire ne sera en mesure de couvrir 100 % du spectre des échanges entre deux acteurs, d’autant qu’on ne sait pas ce qui pourra être créé demain. Après, encore une fois, l’objectif c’est bien de couvrir l’essentiel de ce qui fait le volume d’échange administratif entre les donneurs d’ordre et les fournisseurs.

L’automatisation et la suppression de certaines étapes, ça ne va pas engendrer l’abandon d’éléments contractuels ? On aura toujours des bons de livraison, des bons de commande, des ordres de lancement… ?

Loïc Ménage : L’objectif c’est d’éviter les ressaisies, pas de supprimer les documents contractuels, dont il restera effectivement toujours des traces papier. L’absence de ressaisie n’empêche pas non-plus les contrôles, ça laisse au contraire plus de temps pour mieux contrôler. Il faudra toutefois peut-être effectivement s’assurer qu’il reste des gens chez les imprimeurs qui font encore ce travail-là. Il en va du niveau de service que l’on est en mesure d’assurer et peut-être que certains devront prendre conscience que c‘est important. Ce qu’il faut voir, c’est que c’est du temps de gagné pour peaufiner son niveau de service, ce qui est très positif.

Jean-François Lyet : On pourra même aller vers une dématérialisation totale des échanges. Clairement, la loi le prévoit déjà sur de la facture, il n’y a aucune raison qu’un document dématérialisé ne puisse pas avoir valeur contractuelle, à partir du moment où il comprend les éléments nécessaires. Ce qu’il faut entendre aussi, c’est que la ressaisie est à double tranchant : incontestablement, c’est l’occasion d’un niveau de contrôle supplémentaire. Mais c’est aussi l’occasion de faire de nouvelles erreurs… J’aurais plutôt tendance à dire qu’il faut contrôler la donnée à la source et l’enrichir à chaque étape des échanges. C’est dans ce mouvement de va-et-vient que doivent s’effectuer les contrôles, pas lors de ressaisies.

Jusqu’à quel point souhaite-t-on harmoniser les échanges ? Est-ce que cela va jusqu’à calibrer les contenus et imposer un nombre de lignes de données par exemple ?

Jean-François Lyet : Non, on veut qu’il y ait une étendue qui soit la plus large possible, mais après subsiste une relation entre deux acteurs qui feront leurs propres choix. Et ce sont ces deux acteurs qui décideront du volume d’échanges, des éléments qu’ils seront prêts à partager ou non etc.

En termes de calendrier, il était prévu 4 phases (rédaction des documents techniques, formation des acteurs, déploiement & mise à disposition, communication élargie & suivi du projet) + une phase « Zéro » (pilotage), est-ce que vous êtes en mesure de nous en repréciser l’avancement ?

Jean-François Lyet : Nous avons pratiquement bouclé la phase zéro, celle du pilotage du projet, et en l’occurrence, un point en particulier a fait l’objet de beaucoup d’attente, c’est celle de la nomination d’un Directeur de projet. Parce que des groupes ont commencé à travailler dans le cadre de la Phase 1 – celle de la rédaction des documents techniques – mais sans un minimum de coordination, ce travail-là aurait tendance à se perdre. Il était donc important de ne pas brûler les étapes et suivre une méthodologie de projet. C’est la raison pour laquelle, après avoir reçu plusieurs candidatures et présélectionné trois acteurs susceptibles d’occuper ce poste, nous avons choisi un Directeur de projet (Pierre Esquibet, ndlr) qui va nous accompagner au moins les deux prochaines années et qui va assurer ce rôle de leadership, que nous avions nous-même un peu de mal à assurer en plus de nos responsabilités quotidiennes, en tant que membre du bureau. Il fallait quelqu’un capable d’intervenir dans un projet complexe car multifacettes et qui fait intervenir des parties prenantes très diverses. Le langage Clic.EDIt veut s’inscrire dans la durée et ce nouveau Directeur de projet, nous le pensons, a toutes les qualités requises pour mener à bien cette mission.

Est-on capable de dire quand ces différentes étapes seront achevées ?

Jean-François Lyet : Non, même si nous avons constitué un macro-planning, longuement rediscuté pour l’instant. Un travail va maintenant s’opérer avec les co-animateurs de chacun des groupes de travail, de façon à tronçonner ce macro-planning en un planning plus détaillé pour chacun des groupes. Nous allons tâcher de gérer un avancement équilibré, sans générer de trop grands écarts entre des groupes de travail qui ne progressent pas forcément tous au même rythme. Chacun devra d’ailleurs être conscient que des retours en arrière restent possibles : une question traitée en avance, même prévalidée par les autres groupes, peut devoir être reconsidérée.

A-t-on des éléments pour déterminer un ROI lié à ce langage commun ?

Jean-François Lyet : Il n’est pas mesurable en l’état. Ce que je sais, c’est que c’est un avantage concurrentiel pour tous les acteurs qui s’y grefferont. Le temps gagné se traduira forcément en gain de valeur ajoutée. Il est certain que si nous ne faisions que de gros tirages, nous n’aurions pas besoin de Clic.EDIt. Le problème, c’est bien que c’est l’inverse qui se produit : on fait de plus en plus de tirages entre quelques centaines et 2000 exemplaires et par conséquent, ils doivent s’enchaîner plus vite. C’est ce qui rend tel projet incontournable aujourd’hui.

L’association Clic.EDIt (Coordination langage informatique commun – Edition de livres) est créée par le Syndicat national de l’Edition (SNE) et l’Union Nationale des Industries de l’Impression et de la Communication (UNIIC), associés aux principaux acteurs et prestataires de la chaîne du livre. Ce projet est soutenu par la DGE. 

Pour prendre une part active et concrète au projet et connaître les modalités d’adhésion à Clic.EDIt, un contact : clic.edit@gmail.com

Print’Story – Episode 14

Suite à toutes ces péripéties Antoine s’était mis en tête de rappeler quelques règles de base lors des prochaines réunions de DP mais il envisageait aussi, pour être certain que les messages passent bien, d’en parler à chacun lors des entretiens annuels.

Il se rappela alors que, la dernière fois qu’il avait organisé cet entretien,  remontait à plus d’un an et se dit que c’était peut-être l’occasion de rattraper son retard mais n’était plus certain de la périodicité imposée ni même de son obligation.

Par ailleurs, face à la réorganisation induite par l’investissement dans la nouvelle 5 couleurs, il en profiterait pour rappeler la distinction entre un entretien d’évaluation et un entretien professionnel.

Mais au fait :

Quelles sont les types d’entretiens qui peuvent avoir lieu avec le salarié ?

Que faut-il entendre par entretien professionnel ?

Est-il obligatoire quel que soit l’effectif de l’entreprise ?

Quel est l’objet d’un entretien d’évaluation ? Est-il obligatoire ?

Comment se déroule un entretien d’évaluation ?

Quelles sont les formalités préalables aux entretiens d’évaluation dans les entreprises disposant d’un Comité d’Entreprise ?

Pour lire les réponses de l’UNIIC, rendez-vous dans la rubrique dédiée.
Réponses élaborées par Iris DELLOYE, Responsable du service Juridique et Social de l’UNIIC – iris.delloye@uniic.org

Congrès UNIIC : une dimension européenne

Plus encore lorsqu’une filière travaille en profondeur à sa recomposition (technologique, stratégique, industrielle…), échanger est une vertu. C’était là tout le sens du discours inaugural de Jacques Chirat, Président de l’UNIIC, lequel se réjouissait notamment de la présence de Cees Verweij, Président à la fois d’Intergraf et du KVGO – cousin Hollandais de l’UNIIC – pour dépasser l’approche franco-française et osciller entre constats partagés à l’échelle européenne et spécificités nationales…

« Quand je lis le programme de votre Congrès, je peux vous confirmer que vos sujets sont aussi les nôtres » nous assure d’emblée Cees Verweij, tout nouvellement promu à la tête d’Intergraf, organisme qui regroupe les principales instances graphiques en Europe (soit 21 fédérations issues de 19 pays) et qui porte donc la mission délicate (mais primordiale) d’en promouvoir et relayer les intérêts. Ce sont ainsi non moins de 119 000 entreprises, 628 000 salariés et 79 milliards d’euros de CA que représente aujourd’hui Intergraf, notamment à Bruxelles auprès de la Commission Européenne, dans un contexte post-crise encore sensible…

Jacques Chirat, Président de l’UNIIC.

Cees Verweij, Président à la fois d’Intergraf et du KVGO, lors de son intervention pour le Congrès de l’UNIIC.

Conjuguer la crise au passé

« Nous voulons tous dépasser ces années moroses. C’est une volonté commune à tous nos adhérents, dans toute l’Europe. Cette morosité s’est caractérisée par un CA décroissant, baissant de 23 % depuis l’an 2000 » confirme-t-il sans surprise, même si cette tendance ne s’est étrangement pas traduite par une baisse continue du nombre de sites d’impression répertoriés, les dynamiques ayant été plus fluctuantes et inégalitaires selon les pays. C’est en revanche en termes de baisse des effectifs salariés que les difficultés du secteur sur la période étudiée prennent un tour absolument criant : « Entre 2000 et 2014, l’emploi en Europe dans les Industries Graphiques a décru de presque 34 % » confirme en effet Cees Verweij, non sans manquer de souligner que des signes de stabilisation commencent toutefois à poindre : « Certains pays nous font observer une reprise des investissements, notamment en Belgique, en Hongrie ou en Lettonie ». Une reprise toutefois freinée par une pénurie de main d’œuvre qualifiée relativement nouvelle et dommageable, que le Président d’Intergraf identifie comme la résultante d’une image des métiers des industries graphiques profondément dégradée. « On a de plus en plus de mal à trouver des gens capables de conduire nos machines » regrette-t-il en effet, le phénomène n’épargnant à peu près personne en Europe, même si quelques réactions éparses ont été engagées, ou sont sur le point de l’être… « Une campagne de communication visant à redorer l’attractivité du secteur est sur le point d’être lancée en Allemagne. Une autre intitulée ‘Print is your future’ a été déployée en Hongrie » illustre-t-il effectivement, même si susciter les appétences suppose de dépasser la seule nécessité de mieux communiquer, pour construire et mettre en avant de nouvelles compétences. Cette dimension « formation & compétences » faisait d’ailleurs l’objet d’une table ronde dédiée durant ce Congrès (nous y reviendrons au sein d’un article spécifique, ndlr), en présence notamment de Béatrice Klose, secrétaire générale d’Intergraf.

Les signes d’un rétablissement ?

« Pour certains, la reprise passera par une hausse des exportations, notamment dans les pays Baltes qui trouvent dans les pays scandinaves des marchés importants. C’est notamment le cas en Suède, qui a vu son niveau d’importation en provenance des pays Baltes augmenter drastiquement depuis 2000 » développe Cees Verweij, qui commence là à dessiner différentes dynamiques et différents besoins en fonction des zones d’activité considérées, au-delà des phénomènes englobants déjà évoqués. Mais rares sont les phénomènes de reprise à être strictement localisés, le cas du livre illustrant une dynamique de ventes à la hausse largement transnationale : « Il y a une reprise d’ampleur importante dans le secteur du livre. Au Royaume-Uni les ventes de livres imprimés ont augmenté de 8 % et celles des ebooks baissé de 3 % en 2016. Nous observons ces tendances à la hausse dans différents pays et en moyenne, la production européenne a augmenté de 5 % en 2015 ». Autre indice de la vivacité du marché du livre : le nombre d’exemplaires imprimés, malgré la baisse du tirage moyen, « a explosé de près de 30 % entre 2014 et 2015, selon les éditeurs Européens » précise Cees Verweij. Enfin, même si la tendance est plus atypique – mais peut-être augure-t-elle d’un effet d’entraînement à d’autres pays – l’Allemagne enregistre une hausse de 2,6 % des dépenses publicitaires sur support imprimés en 2016, repassant même au-dessus du niveau de 2012. Autant d’indices qui convergent vers une stabilisation de la production encore fragile mais envisageable à moyen terme, à condition de ne pas faillir collectivement… « Intergraf, c’est la voix de nos métiers à Bruxelles. Sur des sujets aussi divers que l’émission de COV (composés organiques volatils), la préservation d’un taux de TVA réduit pour le Livre, l’économie circulaire ou la problématique des huiles minérales dans les emballages alimentaires, nous avons un rôle clé à jouer » plaide Cees Verweij, citant dans la foulée un exemple concret… « Le 25 mai 2018, un nouveau règlement sera d’application obligatoire dans tous les pays de l’Union Européenne pour les entreprises traitant des données à caractère personnel. Notre secteur est donc concerné au plus haut point. Intergraf travaille depuis plusieurs années sur ce dossier, quand il était encore en discussion au sein des instances européennes. L’objectif aujourd’hui est d’aider nos entreprises à comprendre les implications de ce nouveau cadre juridique et à s’y conformer » fait-il savoir, persuadé qu’une « Europe graphique solide et pérenne » passe effectivement par les synergies du collectif…

Du 19 au 24 septembre 2017, Découvrez PACK PRINT à Bangkok avec l’UNIIC et CARACTÈRE

Organisé par Messe Düsseldorf Asie, l’Association Thaïlandaise de l’Emballage et l‘Association Thaïlandaise de l’Impression, et fort de l’expertise de Drupa et Interpack, PACK PRINT INTERNATIONAL 2017 revient pour sa 6ème édition.

L’exposition présentera toute la chaîne de valeur de la création à la finition. Tremplin stratégique en Thaïlande et en Asie du Sud-Est, PACK PRINT INTERNATIONAL 2017  est le lieu unique pour découvrir les plus récentes innovations des industries et tirer les enseignements essentiels des marchés pour penser le futur différemment.

Venez y découvrir les nouvelles orientations stratégiques du secteur de l’emballage et les tendances mondiales qui transforment les marchés de l’impression et de l’emballage.

Avec le thème EMBALLAGE ET IMPRESSION POUR L’AVENIR, PACK PRINT INTERNATIONAL 2017 fera la part belle à l’innovation et aux nouvelles technologies appliquées à l’emballage intelligent, à l’embellissement et à la formidable percée de l’impression numérique.

Couplé avec T-PLAS, le  Salon international des plastiques, PACK PRINT INTERNATIONAL  est aussi le salon des supports et matériaux innovants.

Inscriptions par ordre d’arrivée dans la limite des places disponibles.
Attention : les tarifs sont garantis jusqu’au 30 juin.

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En marche vers la DIM UNIIC Auvergne Rhône-Alpes !

Profitant de cette période pré-estivale, Bernard Tiple, Président de l’UNIIC Auvergne, avait réuni son bureau ce jeudi 6 juillet pour une soirée studieuse mais aussi festive et conviviale.

Rendez-vous avait été fixé au Moulin Richard de Bas à Ambert : classé Monument Historique, rescapé parmi les centaines de moulins qui  couvraient les vallées environnantes, on trouve sa trace dès les années 1400 et certains bâtiments sont datés du XVème. L’Histoire retiendra que c’est sur du « Richard de Bas » que fut imprimé le texte original de la Constitution de la Vème République de 1958. Et il y a du stock en cas de VIème…

Passionnés : propriétaires des lieux depuis les années 30  les Peraudeau ont dû l’être pour remettre en état de marche et entretenir ce qui deviendra le premier musée vivant de France. Passionné à l’image du propriétaire actuel qui tint le groupe en haleine durant toute la visite.

Si vous souhaitez commandez du papier n’hésitez pas à contacter le Moulin.

Sylvain PERAUDEAU en action…

Que dire de plus ? Si à cinquante ans vous n’avez jamais visité ce lieu et cette région admirable, alors vous risquez de rater votre vie…    http://www.richarddebas.fr/

Passionné encore le sympathique couple de dirigeants de PROMOCYRK à Ambert toujours…

Ludovic et Cécile HOSPITAL au pied d’une Speed customisée…

Une leçon d’organisation (et d’humilité…) pour les nombreux imprimeurs qui ont eu la chance de découvrir cette petite imprimerie qui n’a pas besoin de « service relation clients » pour servir cirques, foires et autres fêtes foraines en les suivant à travers toute la France et même à l’étranger.

Dans cet atelier on a l’impression d’être à la fête tous les jours mais ne vous y trompez pas : tout est parfaitement huilé et le spectacle ne souffre aucune fausse note.

Magicien de la Couleur ils sont mais pas que…  Merci à eux pour leur sympathique accueil.

http://www.promocyrk.com/

Après avoir expédié les affaires courantes puis écouté les représentants de l’UNIIC Nationale, le Bureau a confirmé son souhait d’intégrer la Délégation Interrégionale Multisectorielle qui va donc pouvoir se créer prochainement.

Print’Story – Episode 13

Le samedi matin Antoine aimait bien profiter du calme relatif pour regarder le planning et faire un point sur l’activité des semaines à venir. Mais avant il décida de s’attaquer aux parapheurs que Cathy avait déposés sur son bureau. 

La première chose qui retint son attention fut une demande de report de congés : Jean, un de ses meilleurs conducteur offset, demandait le report au mois de septembre de deux semaines de ses CP prévus au mois d’aout. La demande n’avait évidemment pas été validée par le chef d’atelier et il appartenait maintenant à Antoine de trancher.

À côté du planning de charge se trouvait celui des CP et il ne lui fallut pas longtemps pour s’apercevoir que cela était difficilement acceptable. En même temps il savait Jean respectueux de la bonne marche de l’entreprise et se demandait bien par quoi cette demande était justifiée…

Quoiqu’il en soit, dans l’état actuel des choses, il n’était plus possible d’accepter de congés en septembre d’autant qu’il y avait déjà un conducteur qui avait posé le mois complet et un autre une semaine à la même période.

Il essaierait de trouver une solution avec Jean et le chef d’atelier lundi matin mais il n’aimait pas ces modifications de dernière minute qui ne laissaient que peu de marges de manœuvre alors que les CP étaient établis depuis début mai.

Mais au fait :

À quelle date un salarié doit-il poser ses CP et dans quel délai doit-il connaître ses dates ?

L’employeur peut-il imposer des dates au personnel ?

Peut-il modifier les dates de départ et dans quel délai ?

Les salariés sont-ils libres d’en choisir  une partie même si  l’employeur n’est pas d’accord ?

Comment formaliser ces étapes afin d’être en règle ?

Que se passe-t-il pour les récents embauchés si l’entreprise prévoit une période de fermeture ?

Et pour les salariés dont le conjoint travaille dans une autre entreprise dont les dates de  fermeture ne coïncident pas ?

 

Pour lire les réponses de l’UNIIC, rendez-vous dans la rubrique dédiée.

Réponses élaborées par Morgane SCHLAUDER, Juriste en Droit Social à l’UNIIC – morgane.schlauder@uniic.org

 

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Print’Story – Episode 12

La plupart de ses samedis matins Antoine les passait à l’imprimerie. Il s’était bien promis de s’organiser autrement mais rares étaient les fins de semaine qui lui permettaient de décompresser jusqu’au lundi. Il y avait toujours quelque chose qui venait perturber ses bonnes résolutions et l’obligeait à se justifier auprès de son épouse. Malgré tout, quand il pensait à son père qui passait, non seulement ses samedis mais aussi une partie de ses dimanches au travail, il estimait s’en sortir plutôt bien…

Et puis, quand il arrivait que les machines tournent le samedi matin pour terminer un job ou pour faire de l’entretien, il était plus tranquille se sachant sur place au cas où un problème surviendrait.

Ce matin personne ne travaillait et seule la camionnette de livraison était garée sur le parking. Il se souvint alors de Marc et se reprocha, un peu tard, de l’avoir laissé rentrer seul chez lui hier soir… Arrivé à son bureau, il fit un e-mail au médecin du travail pour lui expliquer la situation mais aussi pour lui demander de voir Marc (et un autre collaborateur sur lequel il avait des doutes) plus souvent que la fréquence normale des visites obligatoires. Une façon de se donner bonne conscience peut-être…

Mais au fait :

Quelle est la périodicité des visites à la médecine du travail pour les salariés ?

Est-il possible d’en modifier la fréquence ?

Que se passe-t-il si le salarié ne s’y rend pas ?

Qui déclenche la visite et qui la paie ?

Pourquoi la visite médicale d’embauche est-elle importante ?

Pour lire les réponses de l’UNIIC, rendez-vous dans la rubrique dédiée.

Réponses élaborées par Morgane SCHLAUDER, Juriste en Droit Social à l’UNIIC – morgane.schlauder@uniic.org

L’imprimé à l’heure de la transformation numérique ou la culture des paradoxes

L’institut IPSOS présentait les premiers constats d’une étude particulièrement attendue sur le devenir de la matérialité et de son vecteur imprimé « à l’heure de la transformation numérique »…

Cette étude, dont l’initiative revient à l’UNIIC, assistée de son partenaire l’IDEP, vise à dresser l’état des lieux le plus lucide des impacts de la digitalisation de nos échanges, mais aussi des opportunités de rebonds et de prises de conscience que la dématérialisation engendre. Afin de nous prémunir contre toute tentation de posture défensive, l’UNIIC a souhaité confier la coordination de cette étude à l’IREP (Institut de Recherches et d’Etudes Publicitaires) dont le Directeur délégué, Philippe Legendre, devait rappeler que cette initiative avait nécessité d’enquêter préalablement auprès « des gens » de manière à disposer d’une photographie fiable des comportements, en 2017. « Il s’agit de vous, de nous et des autres. Nous avons voulu comprendre les usages et les perceptions de chacun, à la fois vis-à-vis du digital et de l’imprimé. Parce que ce sont bien les usages qui font les marchés » précise-t-il en effet, laissant par ailleurs clairement entendre qu’un second volet viendrait donc détailler des aspects plus directement liés aux stratégies développées par les grands comptes, lorsqu’il faut articuler une communication autour de supports que l’on dit volontiers « complémentaires », sans jamais prendre soin de clarifier (ou si peu) dans quelles proportions ils le sont et pour quelles synergies… « Nous allons dans un second temps interroger un panel de professionnels, que ce soit des donneurs d’ordre, des médias, des agences, des fabricants de matériel etc. Le but est de relever et d’analyser quelles sont leurs peurs et leurs attentes, pour comprendre ce qui se passe et ouvrir de nouvelles voies. Car nous sommes convaincus qu’il existe bien sûr des opportunités pour l’imprimé » poursuit-il, suggérant là qu’elles ne sont peut-être pas encore toutes identifiées ou même simplement considérées à leur juste mesure…

Marie-Laure Lerolle, Directrice de département pour IPSOS Connect

La praticité du support avant tout

Ce sont donc 1000 personnes qui ont été interrogées, représentatives de la société française, dans ce qui constitue le premier volet quantitatif de l’étude, intitulé « Identification des usages des consommateurs et mesure de l’accueil de la digitalisation », comme nous le précise Marie-Laure Lerolle, Directrice de département pour IPSOS Connect. Premier constat fort : si le Web est bien évidemment considéré comme faisant partie du quotidien, selon une part massive des sondés (96 % font effectivement ce constat, 59 % estimant même qu’on ne peut plus se passer d’Internet), ils sont presque aussi nombreux à regretter une sécurisation insuffisante des données. Sans en nier la praticité – d’influence dominante en termes d’usage – Internet suscite donc une méfiance, voire une défiance, d’ampleur majeure : « Pour 71 % des personnes interrogées, le format numérique est imposé sans prendre en compte les besoins des utilisateurs. Pour 64 % d’entre eux, la généralisation de l’usage d’Internet sert uniquement à réduire les coûts des entreprises et des administrations ». Mais pire encore, c’est sur des questions d’intrusivité et d’intégrité de la data que les réserves les plus sévères sont émises : « 90 % estiment en effet qu’Internet est très intrusif et mémorise toutes les actions, 84 % pensent plus globalement qu’il y a beaucoup d’incertitudes autour de la sécurité sur Internet » décrit Marie-Laure Lerolle, qui va jusqu’à souligner que « 7 Français sur 10 n’ont ni confiance en la sécurité de leur propre ordinateur, ni en celle des données partagées sur Internet. Enfin, 83 % d’entre eux considèrent qu’une cyber-attaque peut modifier l’équilibre mondial ». Des chiffres qui, encore une fois, ne se traduisent pas forcément par un recul des usages connectés, une très large majorité préférant encore consentir en toute conscience aux risques évoqués (qu’ils soient avérés ou non), plutôt que de se priver des avantages pragmatiques du Web. Y voir une contradiction serait certainement moins pertinent que de noter qu’il y a là la manifestation d’une forme de priorité allant au confort et à la praticité. Ironiquement, c’est pour la même raison que le papier garde la main sur certains types d’usages : souvent, c’est encore lui le plus facile et pratique d’utilisation…

Le papier en danger ? Des Français partagés…

Si l’on interroge les Français sur la question tendancielle lourde de l’avenir des supports, la question de la survie de l’imprimé suscite des retours extrêmement partagés et semble diviser la population en deux camps… « 52 % des Français ne sont pas d’accord avec l’assertion selon laquelle le papier ne pourra pas lutter contre le digital et mourra, mais 41 % le pensent et 7 % ne se prononcent pas » détaille en effet l’institut IPSOS. S’il ne s’agissait pas ici d’exprimer un souhait, mais bien d’établir un pronostic, indépendamment de son attachement au support imprimé, un tel éclatement de l’opinion semble toutefois indiquer qu’il y a une inquiétude réelle vis-à-vis du futur du papier. Une inquiétude visiblement moins liée à la pertinence de l’imprimé pour nombre d’usages où il fait encore figure de support préférentiel, que de la crainte – plus ou moins fantasmée – que le papier ne saurait survivre à des logiques économiques et environnementales qui semblent le condamner. Ainsi « 85 % des sondés pensent que pour protéger l’environnement, il faudra consommer moins de papier » et 58 % en font encore « la cause principale de la déforestation »… Dans le même ordre d’idées, « 70 % pensent qu’envoyer un e-mail est plus écoresponsable que l’envoi d’une enveloppe » et « 63 % estiment que la publicité sur Internet est plus respectueuse de l’environnement ». Des chiffres qui font mal mais ne surprennent pas tout à fait : les éléments de réflexion sur ces questions ont à ce point été biaisés par des campagnes de communication reconnues par après comme étant injustement stigmatisantes, qu’elles ont pu inscrire encore un peu plus dans l’imaginaire collectif des idées reçues déjà largement facilitées par le rapprochement spontané que chacun saurait faire entre une feuille de papier et l’arbre dont il a tiré sa matière première. Or, rien ne pousse hélas à faire spontanément le lien entre nos aliments par exemple et les changements d’affectation des sols que leur culture/élevage ont pu nécessiter, générant dans le pire des cas une destruction nette des espaces boisés, lesquels comptent pour 80 % des facteurs de déforestation aujourd’hui identifiés, selon un rapport de la FAO daté de 2015. Mais là encore, ce n’est sûrement qu’à la marge que ces croyances, diversement fondées, se traduiraient pour autant en un recul sensible de l’utilisation du papier, prioritairement apprécié pour ce qu’il est…

 

Usages détaillés : le papier garde la main sur de nombreux segments

Les livres (et plus particulièrement les livres pour enfants, les romans et les œuvres littéraires), les tickets restaurant et les chèques déjeuner, les manuels scolaires, les magazines, les imprimés publicitaires, les listes, les notes, les aide-mémoires et les journaux, sont autant de « produits » pour lesquels les usages sont encore nettement majoritairement papier, dévoile Marie-Laure Lerolle. Dans une moindre mesure, avantage reste également à l’imprimé pour les bons de réductions, les modes d’emploi, les livres pratiques, les cartes de vœux, les titres de transports, les catalogues de magasins, les papiers administratifs, les billets de spectacles et les factures… Tous resteront-ils pour autant sous dominante papier ? Probablement pas, mais l’imprimé semble disposer d’un atout solide et de long terme pour ce qui concerne la lecture-plaisir d’une part, dont il est le réceptacle privilégié, et apparaît comme plus pratique pour des usages d’appoint où chacun pourra griffonner à loisir ses propres annotations, d’autre part. D’où le toujours très vrai « Le SMS n’a pas supprimé le post-it »… Mainmise semble en revanche être (définitivement ?) passée au numérique pour la consultation d’annuaires grand public ou celle de ses relevés bancaires, tandis que les usages sont plus diffus et équilibrés pour consulter des agendas, des répertoires téléphoniques, des plans et des albums photos. Mais là encore, ces tendances, si elles offrent un instantané précieux des usages en France en 2017, ne laissent que partiellement transparaître les craintes et attentes des utilisateurs, d’importance plus ou moins secondaire face au degré de praticité qu’offre tel ou tel support…

 

Internet : une crise de confiance sans conséquences ?

Aussi constate-t-on que le papier est vu comme un meilleur vecteur d’image que le digital (54 % des sondés estiment en effet que l’imprimé donne une bonne image de l’émetteur, contre 46 % pour le digital) mais surtout qu’il inspire confiance (pour 58 % des personnes interrogées, les documents papier sont en effet plus sûrs que les documents numériques), au point que 66 % des Français disent pouvoir revenir à la facture papier en cas de piratage/attaque informatique. Et si c’était finalement là l’élément central par lequel la décision de recourir à l’un ou l’autre des supports pouvait sensiblement osciller ? Et si la sécurisation des données était le véritable talon d’Achille de la dématérialisation de tout, au nom d’un prétendu mieux environnemental peut-être moins influent qu’on ne pourrait le penser, en sa capacité à modifier les pratiques des Français ? Car ne nous méprenons pas : « 67% des Français réfutent l’affirmation selon laquelle l’utilisation des ordinateurs, tablettes et smartphones aurait peu d’impact sur la consommation énergétique » précise Marie-Laure Lerolle, ajoutant que les data serveurs ont tout à prouver en termes de gain écologique… « 44 % des sondés pensent que les serveurs et les salles de stockage détruisent la couche d’ozone, 32 % ne se positionnent pas et seulement 23 % pensent que les impacts sont faibles ou négligeables ». De toute évidence, cette question reste donc à traiter, dans un contexte où les données numériques stockées doublent tous les 4 ans. Au support papier de rappeler qu’il sait se faire plus pratique et pragmatique pour nombre d’utilisations où sa supériorité anthropologique est à ce point écrasante qu’elle n’a jamais été sérieusement contestée (le cas du livre tient de l’évidence), tout en insistant sur les garanties strictement sécuritaires qu’il est en mesure d’apporter, le danger du tout-connecté méritant certainement à la fois des échappatoires et des temps de respiration…

L’UNIIC restituera à la rentrée le deuxième volet qualitatif de l’étude : « Évaluation des pratiques actuelles des entreprises et leurs perspectives » basé sur 50 entretiens d’une heure.

Print’Story – Episode 11

Il s’apprêtait à partir lorsque Cathy frappa à son bureau :

          Je suis désolée Monsieur mais il y a un problème avec Marc : il vient de rentrer de livraison mais… comment dire… il ne semble pas être dans son état normal… 

          En clair vous êtes en train de me dire qu’il a de nouveau picolé ?

          Je le crains Monsieur…

Marc c’est l’ouvrier « polyvalent » par excellence, ancien typo, reconverti à l’offset petit format jusqu’à l’arrivée des presses numériques, conduisant la platine de découpe à l’occasion, chargeant l’encarteuse si nécessaire, devenu homme à tout faire, livraisons et courses incluses. Serviable et dévoué, mais avec des penchants épisodiques vers la dive bouteille…

Serge le chef d’atelier n’avait pas mis bien longtemps à trouver le pack de bière bien entamé, il manquait 7 canettes sur les 12, derrière le siège de la camionnette. 

Antoine avait décidé qu’il ne se gâcherait pas la soirée avec ce problème (il avait promis à sa femme de ne pas rentrer tard) et de toute façon Marc avait fini sa journée, il allait donc rentrer chez lui. Mais quand même, la plaisanterie n’avait que trop duré, aussi avant de partir il demanda à sa secrétaire d’appeler le médecin du travail dès lundi pour lui expliquer la situation et convoquer Marc à une visite médicale car ce n’était pas la première fois.

Pour une fois Antoine arriva chez lui avant 19h00…

Mais au fait :

Quelle est la meilleure conduite à adopter ?

L’employeur peut-il laisser le salarié rentrer seul ?

Peut-on le soumettre à un alcootest et est-ce reconnu comme preuve?

Le médecin du travail est-il compètent pour ce cas ?

Quelle sanction ?

Pour lire les réponses de l’UNIIC, rendez-vous dans la rubrique dédiée.

Réponses élaborées par Morgane SCHLAUDER, Juriste en Droit Social à l’UNIIC – morgane.schlauder@uniic.org